Lewis Hamilton, le vrai/faux troisième homme qui rêve de 2007
Par Tristan HENRY
Mis à jour 15/08/2026 à 16:53 GMT+2
Et si c’était l’heure de Lewis Hamilton ? Caché derrière la domination annoncée puis affichée par les Mercedes, le Britannique est pourtant le dauphin de Kimi Antonelli au classement du championnat du monde. De quoi donner de l’ambition au septuple champion du monde, tant sa position de vrai/faux troisième homme est confortable. Une situation qui pourrait lui rappeler des souvenirs de 2007.
"Chez ART comme chez Mercedes, Nico a apporté énormément à Lewis"
Video credit: Eurosport
Cela devait être George Russell. Dominateur en Australie, vainqueur de la course sprint en Chine, le Britannique, plus mature et accompli sur le papier que son coéquipier Kimi Antonelli, avait la voie ouverte vers le titre de champion du monde. Après des mois et des mois de rumeurs, les premières courses avaient rendu leur verdict : la Mercedes était largement au-dessus du lot, avec plusieurs dixièmes d’avance sur la concurrence.
Aujourd’hui, Russell est perdu, et tout sourit à Kimi Antonelli. Le brillant pilote italien domine le championnat du monde, et possède 50 points d’avance sur son dauphin au classement… sauf que ce n’est pas Russell, mais bien Lewis Hamilton. Le pilote Ferrari a certes profité des errements de son ancien coéquipier chez les Flèches d’argent pour s’installer à la deuxième position, mais il a surtout entériné quelque chose qui n’était pas attendu : oui, Mercedes a la meilleure voiture, mais non, elle n’a pas une marge irrémédiable sur la concurrence, surtout dans l’année 1 d’une nouvelle réglementation où chaque équipe trouve des solutions course après course.
Le faux troisième homme
Pour l’heure, il est impossible de résumer la course au championnat à une lutte fratricide comme la F1 en a tant connu. Ferrari à Barcelone puis à Silverstone, et même McLaren en Hongrie ont montré que la firme allemande pouvait être faillible. D’ailleurs, le classement ne dit pas autrement. 50 points, c'est une belle avance, mais on rappellera qu’à la trêve l’an passé, Oscar Piastri comptait 9 points d’avance sur Lando Norris, 34 même une fois après Zandvoort, et 97 sur Max Verstappen. Pour un suspense qui a duré jusqu’à la dernière course, le Néerlandais se payant le luxe de finir devant l'Australien.
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Vrais fausses papaya rules chez McLaren et retour à la domination de Norris
Video credit: Eurosport
Forcément, une telle remontée reste rare. Cependant, on notera que tous les pilotes jusqu’à Lando Norris, cinquième à 91 points de l’Italien, sont techniquement dans l’écart qu’a remonté le pilote Red Bull l’an passé. Et parmi eux, s’il y en a bien un qui a un coup à jouer, outre Russell, c’est Lewis Hamilton. Déjà, forcément, parce qu’il est le mieux classé. Ensuite, parce que c’est Hamilton, un septuple champion du monde, et qu’il semble cette année avoir retrouvé le feu sacré. De ses déclarations pleines d’envie, à son refus de reprendre le simulateur pour retrouver ses sensations avec le Canada, en passant par le petit jeu médiatique qu’il a instauré dès l’Australie au sujet du moteur de son ancien mentor Toto Wolff, le Britannique a montré qu’il avait les crocs.
Le rêve d'une idole
Son meilleur allié, c’est George Russell. L’année 2025 a rappelé à quel point une lutte intestine pouvait gangréner les chances de chacun d’atteindre le titre mondial, et Verstappen serait resté bien plus loin si les Papaya Rules n’avaient pas permis quelques loupés chez les Oranges de Woking. Et si McLaren avait finalement écarté ce spectre l’an passé, Hamilton connaît mieux que personne le danger d’un troisième homme venant s’immiscer dans une lutte promise à une équipe.
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Lewis Hamilton savourant son triomphe à Barcelone devant George Russell.
Crédit: Getty Images
En 2007, jeune prodige dans sa première année, enferré dans son combat avec son coéquipier double champion du monde Fernando Alonso, il avait vu un pilote expérimenté, en rouge Ferrari, lui piquer le championnat au Brésil. Déjà, ce pilote s’appelait Kimi (Raïkkonen). Pour retrouver la première marche, Hamilton devra renverser les destins, et il aura tout intérêt à ce que Russell soit en position de créer des nœuds de tête à Antonelli.
De nombreuses inconnues et du suspense
Dans cette optique, le pire ennemi de Hamilton, c’est peut-être Charles Leclerc. Ferrari n’est plus la même équipe qu’en 2007, où Felipe Massa roulait pour son leader uniquement. A Maranello, tant que Leclerc, à 31 points du Britannique, aura sa chance, il jouera sa carte. Pour l’instant, il est trop tôt pour les consignes d’équipe, que ce soit chez les Allemands ou les Italiens. S’il veut réussir sa remontée, chaque point va pourtant compter pour l'Anglais. Déçu du résultat final en Hongrie, où il s’est loupé, Hamilton a grillé un joker. "Ce sont des erreurs qui font perdre un titre", avait-il déclaré, conscient que la fin serait serrée, mais aussi qu’il a un coup à jouer.
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Leclerc gâche-t-il ses pole positions ?
Video credit: Eurosport
Comment va-t-il rebondir ? C’est une des questions d’une fin de saison qui n’en manque pas. Quelle équipe proposera la meilleure monoplace ? Comment Antonelli va-t-il gérer la pression ? Qui dégainera les consignes en premier ? Avec chacune de ces interrogations tombera un des dominos du destin de Hamilton en 2026, et avec lui, des mots sur le grand livre de l’histoire de la Formule 1. Si le 44 n’est certes pas favori pour décrocher un huitième titre, il n’est pas dit qu’il soit un jour dans une meilleure position. Tapi dans l’ombre, il le sait mieux que personne.
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