Badoer, retour du maudit

Quarante-neuf Grand Prix courus et pas le moindre point inscrit. Triste record que celui de Luca Badoer. En 17 ans de carrière, l'Italien n'a pas été épargné. Après onze ans d'humiliations en tant que pilote essayeur chez Ferrari, le maudit de Trévise reçoit enfin sa chance. Par défaut.

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Crédit: Eurosport

Il aurait pu avoir une grande carrière. Pas celle de Schumacher, bien sûr. Mais il aurait pu être reconnu par ses pairs. Tout avait d'ailleurs bien commencé. Un titre de champion de Formule 3000 en 1992, à 21 ans et l'accès immédiat à la Formule 1, chez la Scuderia Italia, au volant d'une Lola à moteur Ferrari. Il dispute douze courses et signe des performances honorables, vu la lenteur de sa monoplace, tenant tête à son prestigieux coéquipier de l'époque, Michele Alboreto. Et puis les Scuderia (Italia et Minardi) fusionnent. Il n'y a qu'une place à prendre et c'est Alboreto qui est choisi. Première d'une longue série d'humiliations.
Durant l'hiver qui suit, le natif de Montebelluna, dans la province de Trévise, commet sans doute l'une des plus grosses erreurs de sa carrière. Pressenti pour être le coéquipier de... Michael Schumacher chez Benetton, en 1994, Badoer détruit sa monoplace lors d'essais. Flavio Briatore, directeur de l'équipe, lui dit non et lui préfère successivement J.J. Lehto, Jos Verstappen puis Johnny Herbert au cours de la même saison. Badoer se retrouve pilote essayeur chez Minardi. De retour sur les fonds de grilles de départ en 1995 (Scuderia Minardi) et 1996 (Forti Corse), il connaît à nouveau une saison blanche en 1997.
1998 - 2009 : la traversée du désert
L'aventure entre Badoer et la Scuderia Ferrari débute en 1998, lorsqu'il est engagé en tant que troisième pilote, derrière Michael Schumacher et Eddie Irvine. En parallèle, il reste pilote de course pour la Scuderia Minardi et dispute 15 grands prix en 1999. Mais en cette même saison, l'Italien connaît un second camouflet. Alors que Michael Schumacher se brise les deux jambes au premier virage à Silverstone et est indisponible pendant trois mois, Jean Todt fait appel à Mika Salo pour le remplacer. Etonnamment, Badoer reste encore pendant dix ans chez Ferrari et y avale des milliers de kilomètres... en essais.
Et voilà qu'une décennie plus tard, l'écurie de Maranello doit une nouvelle fois remplacer un pilote, Felipe Massa, peut-être forfait jusqu'à la fin de la saison. Une aubaine pour Badoer ? Pas du tout. Là encore, les Rouges le "trahissent" en demandant à Michael Schumacher de sortir de sa retraite. Mais pour l'une des premières fois en 17 ans de carrière, la chance va lui sourire, en ce 11 août 2009. Schumi renonce à prendre le départ, santé oblige. La Scuderia le nomme lui plutôt que Marc Gené, deuxième pilote essayeur, pour être le remplaçant de Massa.
"En accord avec Stefano Domenicali, nous avons décidé de donner la chance à Luca Badoer de piloter pour la Scuderia après toutes ces années de travail en tant que pilote essayeur", a affirmé le président Luca di Montezemolo. Après tant d'années de dur labeur, Badoer va donc enfin récolter les fruits de son travail et connaître une part de gloire en devenant le premier Italien à piloter la monoplace au cheval cabré depuis Nicola Larini en 1994. Reste à enterrer ce maudit record de 49 Grand Prix sans marquer le moindre point. Hasard du destin, Badoer renaîtra au Grand Prix d'Europe, là où en 1999, au Nürbürgring, les trois points de la 4e place lui avaient échappé dans les derniers tours sur casse mécanique.
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