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Saison 2021

Vettel, l'affront d'un déclassement à surmonter

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Sebastian Vettel (Ferrari) à Montmelo le 21 février 2020

Crédit: Getty Images

ParStéphane Vrignaud
30/07/2020 à 20:57 | Mis à jour 31/07/2020 à 08:35
@ThePiranhaClub

FORMULE 1 2021 - Sebastian Vettel ne laisse toujours rien transpirer quant à ses intentions pour l'année prochaine. Une chose est sûre : la décision de Ferrari de ne pas le garder a fait chuter sa cote et l'option Racing Point ressemble à une aventure.

Sebastian Vettel ne sait pas encore si, à 33 ans, le moment de la retraite est venu. L'indifférence que lui manifeste Ferrari - une fausse négociation à propos de 2021 interrompue par un coup de téléphone - est en tout cas pour le moins gênante et peu en rapport avec l'égard dû à son rang de quadruple champion du monde. Néanmoins, s'il a appris à vivre avec ce sentiment d'ingratitude et tente d'explorer les solutions pour rester pilote de Formule 1 l'an prochain, sa réputation en a pris un sérieux coup.

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En deux ans, il a vu s'écrouler tout l'édifice qu'il pensait avoir patiemment construit depuis son arrivée à Maranello, en 2015. Lors de l'été 2018, il militait pour conserver Kimi Räikkönen à ses côtés, persuadé que sa bonne entente avec le Finlandais sans état d'âme - pas politique pour un sou et juste ce qu'il faut concurrentiel - et la stabilité qui en découlait était une composante essentielle de la réussite. Il se mentait à lui-même et Charles Leclerc l'avait brutalement ramené à cette émulation nécessaire entre deux collègues et néanmoins rivaux. Ce qui l'avait précisément aidé à être meilleur - le meilleur du monde même - chez Red Bull de 2010 à 2013. Et là-dessus, ses années Ferrari nous font au moins réaliser rétrospectivement à quel point Mark Webber avait été bon dans ce rôle du contradicteur.

"Il y a un an, très peu de personnes auraient accordé de la crédibilité au fait que Charles Leclerc l'aurait complètement détruit à bien des égards dans sa première année, pourtant il l'a fait", a rappelé Eddie Jordan dans le podcast F1 Nation.

En un an de cohabitation avec le prodige monégasque en 2019, Sebastian Vettel a perdu un leadership qui ne tenait qu'à un statut occulte de pilote n°1, puis s'est vu coller l'étiquette de pilote surcoté, surpayé, qui lui vaut aujourd'hui de se retrouver sur un marché des baquets où il n'y a plus rien à la hauteur des ambitions sportives ou financières qu'il a toujours eues. Qui l'aurait imaginé, l'hiver dernier, intéressé par l'opportunité Racing Point ? Tout ça relève d'un terrible déclassement dont il peut toutefois, comme d'autres avant lui, se relever. A l'exemple d'Alain Prost qui, limogé par Ferrari, avait fait tout un programme remarqué de tests avec la Ligier de 1992, avant de renoncer à courir pour les Bleus ou, dans ce qui correspond plus à la situation de Vettel aujourd'hui, à Damon Hill, champion du monde 1996 remercié par Williams, réfugié spontanément chez Arrows, une écurie loin du standing de l'actuelle Racing Point. Paradoxalement, le Français et le Britannique avaient gagné du crédit dans cette histoire, et des Grands Prix l'année de leur retour à la compétition, respectivement chez Williams et Jordan.

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Etrangement, le dernier exemple en date est celui de Kimi Räikkönen, quadra en fin de carrière, spécialiste des top teams - McLaren, Ferrari, Lotus - qui n'est pas retourné chez Sauber, l'écurie de ses débuts en 2001, mais chez Alfa Romeo. On aura noté la nuance et la référence à l'écurie victorieuse du premier Grand Prix de l'histoire. Pour préserver les apparences autant que possible, Sebastian Vettel pourrait en faire de même en associant son nom à celui d'Aston Martin, qui parle à tous les amateurs de GT sportives.

Malheureusement, il ne s'agirait là que d'une apparence, car Aston Martin reste mal en point sur le plan industriel et embarqué dans un projet flou en Formule 1. On ne comprend pour l'heure qu'une chose : la motivation du propriétaire Lawrence Stroll est d'armer une équipe afin de faire de son fils Lance un champion du monde, dans un concept de Formule 1 lowcost.

De ce côté-là, Sebastian Vettel est raccord : il a compris qu'il ne touchera plus jamais un salaire de 40 millions d'euros l'an et, de fait, il ne fait plus de sa prochaine destination une affaire de gros sous. Ni un sujet de discussion depuis des semaines avec l'écurie de Lawrence Stroll. Non, la question qu'il se pose est de savoir ce qu'il aurait à y gagner, quel risque il prendrait quant à sa réputation, et même si cela cadrerait avec le plan de développement d'Aston Martin.

La "Mercedes rose" est le trublion décomplexé de ce championnat 2020 et on imagine facilement l'Allemand transcender une machine que Sergio Pérez et Lance Stroll sont déjà capables de faire briller. Mais au-delà de cette année entourée de controverses - il y en aura forcément - quelles seraient les perspectives de réussite en 2022 ? Et quel intérêt l'écurie de Silverstone y trouverait elle-même ?

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"Ça reviendrait à quoi de détruire le team ?"

Toujours dans le podcast F1 Nation, l'ancien patron de l'écurie Jordan, ancêtre de Racing Point, se mouille en expliquant pourquoi il n'engagerait pas #SV5 aujourd'hui. Un verdict sûrement pénible à entendre pour le pilote, venant de l'Irlandais qui avait relancé en 1998 la carrière d'un Damon Hill que beaucoup croyaient fini.

"Etes-vous en train de me dire que, à voiture identique, il pourrait être au coude à coude avec Lewis Hamilton ?, demande Eddie Jordan. En ce moment, psychologiquement, il en est même incapable avec Charles Leclerc. Le pourrait-il avec Lewis ? Je ne le pense pas, et c'est ce que je regarderais si j'étais le patron du team."

En fait, pour l'Irlandais, Racing Point n'aurait rien à y gagner à d'autres point de vue. "Un quadruple champion du monde comme Vettel est une énorme valeur ajoutée pour toute équipe, mais ça reviendrait à quoi de détruire le team qui a plus de revenus et plus d'argent avec Sergio et une bonne dynamique en elle ?", s'interroge EJ.

Etrangement, Sebastian Vettel continue de clamer qu'il a le temps de se décider, alors que le 31 juillet arrive à toute vitesse. Cette date est apparemment la limite à laquelle Racing peut dénoncer le contrat de Sergio Pérez courant jusqu'en 2022, moyennant un dédommagement substantiel. Et une perte de 10 à 12 millions d'euros de sponsors mexicains.

Cependant, Vettel est en train d'explorer une autre piste en se rapprochant plus sûrement d'une année sabbatique, au cours de laquelle il aurait de quoi s'occuper. "J'ai une longue liste de choses que je veux faire, a-t-il confié au micro de Martin Brundle, pour Sky. Je n'ai pas le temps pour tout et cette liste ne fait que s'allonger. Maintenant que j'ai trois enfants, ça ne devient pas facile de se débarrasser de cette liste."

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