Formule 1 2023 | Coup de pub ou diversion : pourquoi les fausses présentations se multiplient

FORMULE 1 - C'est devenu une mauvaise habitude, pour diverses raisons et pas toujours bonnes. Afin de valoriser leurs sponsors sans dévoiler leurs solutions techniques, de plus en plus d'écuries teasent leurs nouvelles monoplaces en montrant d'abord les livrées de leurs bolides. Une source de confusion et un jeu de dupes qui ne peut que susciter de la déception.

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Video credit: Eurosport

La Formule 1 vit une avant-saison particulière, étrange pour tout dire. Les fausses présentations de monoplaces se sont multipliées depuis deux semaines, brouillant les pistes d'un sport qui a fait beaucoup d'efforts pour se rendre plus lisible et accessible pour les fans ces dernières années. A l'heure où les supporters ont coché le 24 février sur leurs agendas pour découvrir la nouvelle mouture de "Drive To Survive" sur Netflix, des équipes s'évertuent à proposer des avant-goûts minimalistes et assez trompeurs de la prochaine saison.
Haas a donné le coup d'envoi de cette tendance le 31 janvier avec la présentation de ses couleurs 2023. Toute contente d'avoir pris de vitesse ses rivales, l'écurie US voulait faire la promotion de son nouveau sponsor titre, affiché sur une carrosserie redevenue plus sombre. Bref, les amateurs de scoop en ont été pour leurs frais, si ce n'est qu'ils ont vu le revenant Nico Hülkenberg dans sa nouvelle combinaison.
L'équipe de Kannapolis voulait réaliser un coup en matière de communication, et elle l'a réussi en monopolisant le champ médiatique pendant trois jours, à coups d'images statiques, de vues en gros plans mettant en valeur ses partenaires bien plus facilement qu'elle n'aurait pu le faire 23 jours plus tard à 300 km/h ou au fond d'un garage, lors des tests de pré-saison à Sakhir où les écuries de premier plan monopoliseront l'attention.

Exister, même le temps d'une heure ou deux

C'est un fait : pour une écurie aux résultats somme toute modestes, le défi d'exister passe par un temps médiatique propre, et ce n'est pas toujours facile à obtenir comme l'a montré McLaren et Aston Martin, dont les "launchs" des monoplaces 2023 se sont quasiment télescopés lundi…
Première étape d'un bon retour sur investissement, la présentation officielle est un examen de passage qui ne doit souffrir aucune concurrence, et le promoteur du championnat du monde l'a compris. En 2020, il a tenté d'instaurer une présentation simultanée des dix monoplaces du Mondial, voulu comme le premier temps fort de la saison et il s'est heurté au veto des écuries. Depuis, il n'est pas revenu à la charge.
Sans mentir ni créer de hype artificielle, Alpine a pris une autre voie lundi en teasant sa future A523. Comment ? En révélant avoir procédé au roulage de contrôle de son bolide à Silverstone, avec Esteban Ocon et Pierre Gasly et force déclarations autosatisfaites à l'appui. Mais évidemment sans image de l'événement. Sauf prise de vue privée de ces tours de roue (répétition événement), il faudra donc patienter jusqu'à jeudi pour découvrir les formes de la machine française. Une autre façon, donc, de se faire désirer et de donner un retentissement supplémentaire à l'opération.

Red Bull, Honda, Ford : message brouillé

Mais dans tout ça, nous n'oublions pas le cas particulier de Red Bull. L'écurie championne du monde avait donné rendez-vous le 3 février pour lancer sa saison. Mais à vingt jours des premiers essais officiels, elle n'allait pas s'empresser de donner des informations à la concurrence. Elle comptait juste sur un peu de naïveté de la part de son auditoire pour croire à un tel cadeau fait à ses rivales.
L'an dernier, elle avait joué l'anticipation pour officialiser l'arrivée de son nouveau sponsor titre, Oracle, sur une maquette sommaire de F1 répondant au nouveau règlement. Mais cette année, elle n'a pas vraiment organisé sa mise en scène new yorkaise de son plein gré, mais par nécessité. L'officialisation de son partenariat avec Ford à l'horizon 2026 n'était qu'une fuite en avant.
Franchement, c'était un peu maladroit de convoquer le président de la marque à l'Ovale, Jim Farley, pour évoquer un accord commercial valable dans trois ans, à travers une opération de badging du V6 dessiné et fabriqué par Red Bull Racing Powertrians, dans ses locaux de Milton Keynes. Le tout à proximité d'une Red Bull portant de nouveau un sticker Honda sur son capot moteur...

Red Bull Ford pas si nouveau

On a compris que ce grand raout promotionnel à la limite de l'indigestion était un peu précipité lorsque la FIA a révélé quelques heures plus tard les noms des six motoristes déclarés pour le championnat du monde 2026. L'instance qui gère le sport automobile retardait depuis octobre dernier l'officialisation de la liste, et Red Bull comptait sur un prête-nom pour obtenir un statut avantageux (ndlr : plus de possibilité d'évolutions pour rejoindre les meilleurs blocs) de nouveau venu dans le concert des motoristes.
Mais, selon la Gazzetta dello Sport, Ferrari s'est empressé de monter au créneau par l'intermédiaire de son président, John Elkann, et son directeur général, Benedetto Vigna, pour dénoncer le fait que Red Bull Powertrains n'avait rien d'un nouveau dans la place, fort d'un partenariat étroit avec Honda et d'un recrutement massif chez la concurrence pour monter son nouveau département. Logiquement, la FIA a suivi cet avis exprimé également par Mercedes et plus encore par Audi, qui démarrera réellement d'une feuille blanche l'étude de son V6.
En avance seulement en apparence sur ses rivaux Ferrari et Mercedes, Red Bull a en vérité perdu le premier combat de 2023.
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