"Je suis mort" : Sébastien Bourdais avait vite compris qu'il allait vivre un calvaire en Formule 1

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C'était une époque où Pierre Gasly et Esteban Ocon s'affrontaient encore en karting. En 2008, Sébastien Bourdais débarquait en Formule 1, chez Toro Rosso, et incarnait le rebond du sport auto tricolore dans la catégorie reine. Mais pour le Manceau, rien ne s'est passé comme espéré. L'aventure a tourné au "désastre"... dès les premiers jours d'essais.

"Je suis mort" : Bourdais a vite compris qu'il allait vivre un calvaire en F1

Video credit: Eurosport

C'était il y a près de 16 ans. Le 10 août 2007, Toro Rosso officialisait l'arrivée en Formule 1 de Sébastien Bourdais, alors fraîchement auréolé de quatre titres en Champ Car. Pour la France, incapable de trouver un successeur à Olivier Panis - malgré la courte aventure de Franck Montagny en 2006 -, c'est un tout nouvel espoir. Mais pour le Manceau, l'aventure va finalement tourner au calvaire.
"Ça a été un désastre, confie-t-il dans notre podcast les Fous du Volant. Pendant toute ta carrière, tu chasses le rêve d'accéder à la Formule 1. Et le jour où ça s'est réalisé, j'ai compris que ça allait être une catastrophe absolue. J'ai des qualités mais parmi celles-ci, il n'y a jamais eu celle de monter dans n'importe quelle voiture et d'en tirer le maximum." Le Français a un style de pilotage "particulier" et la fenêtre d'ajustabilité de la STR2B est restreinte.
D'autant que Toro Rosso subit les directives de la maison-mère, Red Bull. "Quand je suis arrivé fin 2007, la voiture était faite par Red Bull pour l'écurie-mère et pour Toro Rosso, rappelle Bourdais. Sauf que nous, on avait un moteur Ferrari et eux, un Renault. On n'avait donc pas les mêmes problèmes. La voiture sous-virait dans les virages rapides, survirait dans les lents...".
Au fil de la saison, les améliorations apportées... n'ont rien amélioré. Même si avec la STR3, nouvelle mouture utilisée dès le Grand Prix de Monaco, le pilote tricolore a pu réaliser certaines performances encourageantes, notamment en Belgique (7e). Autre problème : le Manceau a eu, de l'autre côté du box, un coéquipier nommé Sebastian Vettel. "Il fallait juste s'accommoder de cette voiture et à ce petit jeu-là, Sebastian était bien meilleur que moi, souligne-t-il. Ça a été encore bien pire avec Sébastien Buemi qui, je pense, avait au moins autant de talent que Vettel."
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L'aventure s'est donc terminée prématurément la saison suivante, en plein cœur de l'été. Sans véritable surprise pour le pilote alors âgé de 30 ans. "Ce qui m'a dérangé, c'est que je n'avais pas besoin d'y passer et de souffrir de l'humiliation - parce que tu es démonté sur la place publique par toute la presse - pour savoir que ce n'était pas pour moi, raconte-t-il. Si on m'avait dit : 'la voiture sera comme elle sera, et il faudra que tu la conduises', je n'y serais pas allé. Je n'y serais pas allé. Je savais très bien que ça ne marcherait pas."
Bourdais avait compris avant même que la saison 2008 débute. "La première séance d'essais à Barcelone, je pourrais la décrire comme si c'était hier, ajoute-t-il. Quand je suis rentré à la maison, j'ai dit à Claire [sa femme] : 'Je suis mort'." C'est ainsi qu'a débuté "la pire année et demie de [s]a carrière".
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