"On retournera à Paris, c'est l'objectif", assure Frédéric Espinos, directeur sportif de la Formule E, qui s'est exprimé lors d'une table ronde mi-avril. "Paris, c'est une course importante". Importante mais annulée depuis trois ans à cause de la pandémie. L'ePrix de Paris doit ainsi revenir en 2023 au calendrier du championnat du monde de Formule E. Mais plusieurs points doivent être encore éclaircis. Le premier est sportif : le circuit de 1,9 km utilisé de 2016 à 2019 est jugé trop petit, d'autant que la troisième génération de monoplaces, présentée jeudi à Monaco, promet en 2023 des voitures plus rapides.
"Du point de vue du pilote, la piste commence à devenir un peu petite par rapport au nombre de voitures avec lequel on roule aujourd'hui (22 contre 18 en 2014 pour la première saison, NDLR)", estime Jean-Éric Vergne, seul pilote deux fois champion (2018, 2019). Selon Frédéric Espinos, la Formule E mène actuellement "une phase d'étude pour voir comment agrandir le circuit" sur ce même site du VIIe arrondissement.

Mitch Evans Formule E

Crédit: Getty Images

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Aux Invalides ?

Du côté de la mairie de Paris, l'adjoint aux Sports Pierre Rabadan confirme à l'AFP les discussions sur le circuit : "On regarde si on garde le même site, l'idée est de le refaire aux Invalides"."Maintenant, il faut trouver une majorité" au Conseil de Paris, où la gauche est majoritaire mais avec des alliés écologistes opposés à l'événement, poursuit l'ancien rugbyman. En ayant fait des courses urbaines sa marque de fabrique, la Formule E s'expose aux tractations avec les autorités locales - et ce malgré l'image "verte" mise en avant par la discipline, qui se targue d'être le premier sport au bilan carbone neutre.
"Courir aujourd'hui au coeur des villes, c'est un gros travail de tous les jours parce que, notamment, on est dépendant des politiques", reconnaît Espinos, qui prend l'exemple de Montréal, "une très belle course mais qui était soutenue par un maire qui a été battu aux élections suivantes et donc on n'a pas pu retourner à Montréal". David Belliard, adjoint EELV aux mobilités à la mairie de Paris, dénonce une "opération marketing des constructeurs automobiles en plein Paris, sponsorisée par des monarchies pétrolières comme l'Arabie saoudite", organisatrice d'un ePrix et dont la compagnie aérienne Saudia est partenaire officiel.
Quel gâchis, quelle pollution
"Ma position n'a pas changé, comme tous les écologistes, j'y étais opposé depuis 2015, j'y reste opposé aujourd'hui", avance l'élu. La course "s'étale sur deux kilomètres en plein coeur de Paris, nécessite un revêtement posé sur les pavés pour seulement trois jours d'évènement: quel gâchis, quelle pollution, alors même que nous avons en métropole des circuits dédiés à ce type de course !". Pointé du doigt, ce goudron coulé sur les pavés n'est pas un problème selon Julia Pallé, directrice développement durable de la Formule E : les technologies en la matière "ont beaucoup avancé ces dernières années. Ils (le partenaire de la Formule E en charge de cette opération, NDLR) mettent l'enrobé, ils l'enlèvent, et ils arrivent à séparer ce qui est recyclable de cet enrobé et à le réinsérer dans les nouveaux enrobés".
Jean-Éric Vergne, natif de Pontoise, relève lui une raison plus prosaïque : "à leur habitude, dès qu'on fait quelque chose qui sort un peu du commun, que pour une matinée, (les Parisiens) ne peuvent pas prendre leur voiture, ça les ennuie donc ils gueulent". Dans tous les cas, la Formule E, si elle revient, a déjà prévu de transformer l'ePrix de Paris en événement bisannuel. Pour deux fois moins de problèmes?
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