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Au bout de l'émotion
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Publié 24/07/2006 à 15:30 GMT+2
Vainqueur de son 11e titre majeur dimanche au British Open, Tiger Woods gardera toujours une place spéciale pour son troisième sacre britannique, car il restera le premier obtenu après le décès de son père. Quand le numéro un mondial ajoute la fierté à so
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Même les plus flegmatiques des Britanniques n'ont pu s'empêcher d'être bouleversés. De souvenir de British Open, on n'avait jamais vu ça. Sitôt son dernier putt exécuté, Tiger Woods a fondu en larmes comme un gosse, d'abord sur l'épaule de son caddie, Steve Williams, puis sur celle de son épouse. Deux images pour la postérité. Inoubliables. Sur le bord du green du 18, entre applaudissements et larmes, le public ne sait plus où il se trouve non plus. A l'évidence, le numéro un mondial n'a pas mesuré à cet instant la force des images qu'il était en train de nous laisser.
Le Tigre ne mesurait sans doute plus grand-chose. Il ne pensait pas qu'il venait de devenir le premier joueur à remporter deux années de suite la manche britannique du Grand Chelem depuis Tom Watson, en 1982 et 1983. Il ne songeait même pas qu'il revenait, avec ses 11 couronnes, à la hauteur de l'oublié Walter Hagen. Seul Jack Nicklaus et ses 18 majeurs restent encore devant lui. Woods n'avait plus qu'une pensée en tête. Elle était pour son père, Earl, décédé le 3 mai. Toute la peine, toute la haine, tout l'amour enfouis depuis près de trois mois sont remontés à la surface dimanche soir. Et Tiger a craqué.
"Je ne suis pas comme ça"
Alors que chacun avait envie de le remercier pour cette profonde marque d'humanité, tombée à pic pour rappeler que les plus grands champions, les plus dominateurs, restent avant tout des êtres mortels, Woods s'est presque excusé. "Vous me connaissez, je ne suis pas comme ça. C'est la première fois que je réagis de cette manière sur un green", a-t-il confié. Mais c'est aussi la première fois qu'il s'adjugeait un titre sevré de la si fondamentale présence paternelle. "Je m'en voulais de ne pas avoir gagné le Masters en avril, car je savais que ce serait le dernier tournoi qu'il verrait", explique l'Américain.
Phil Mickelson avait endossé la veste verte tant convoitée. Alors qu'il se préparait à enterrer son père, Tiger Woods avait observé, même de loin, le retournement d'une autre veste, celle des médias américains, prompts à annoncer le déclin du numéro un. Il n'y en avait plus que pour Mickelson, qui n'avait d'ailleurs rien demandé. Une tendance accrue par l'US Open, en juin, où Woods n'avait pas franchi le cut, pour la première fois de sa carrière dans un grand tournoi. Woods n'a rien dit. Mais les grands athlètes, et il en est un, assurément, puisent leur force dans leur fierté.
Une des plus belles
En Angleterre, il a retrouvé cet instinct de tueur qu'on lui connait dans les grandes occasions. Celui qui permet de sevrer les appétits les plus féroces et de repousser les menaces les plus pressantes. Celle de Chris Di Marco, par exemple, auteur d'un quatrième tour très dense dimanche. "Il a cette capacité unique à hausser son niveau de jeu d'un cran supplémentaire à chaque fois que vous revenez tout près de lui. Mentalement, c'est épuisant, car vous finissez par vous décourager sans vous en rendre compte", témoigne Di Marco.
Jusqu'ici, de toutes ses victoires en Grand Chelem, le Masters 1997 occupait une place inégalable, parce qu'elle annonçait la suprématie de Tiger Woods pour les 15 prochaines années, au moins. Venaient ensuite l'US Open 2000, enlevé avec 12 coups d'avance ou l'USPGA de la même année, lorsqu'il avait battu Bob May en playoff. Il n'est pas interdit de penser que le British 2006, en raison du contexte, vienne se placer très haut dans cette longue liste. " Aucun doute là-dessus, confirme l'intéressé. Cela restera à jamais ma première victoire sans mon père. Et c'est dans un Grand Chelem ."
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