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PGA Championship 2018 - Tiger Woods, la fabuleuse promesse

Woods, la fabuleuse promesse

Le 13/08/2018 à 15:09Mis à jour Le 13/08/2018 à 22:19

PGA CHAMPIONSHIP 2018 - Tiger Woods a terminé seul à la deuxième place du quatrième et dernier Grand Chelem de la saison, dimanche. A deux coups seulement du vainqueur, son compatriote Brooks Koepka. Une immense performance pour celui qui abordait la saison sans savoir combien de tournois il pourrait disputer. Une magnifique promesse aussi. Celle de le voir de nouveau un jour au sommet.

Il n'a pas triomphé. Il n'a même pas mené, comme ce fut le cas à Carnoustie il y a trois semaines. Mais Tiger Woods a fait vibrer le monde du golf. Comme rarement dans l'histoire. L'homme aux 14 Grands Chelems a entrevu un 15e Majeur ce week-end sur le parcours du Bellerive Country Club. Et s'il n'a terminé que deuxième avec un total de 266 - soit 14 sous le par -, c'est uniquement parce que son compatriote, Brooks Koepka, a fait preuve d'une extrême solidité pour aller cueillir, grâce à deux coups d'avance, l'édition 2018 du PGA Championship.

Le Tigre avait déjà rugi à plusieurs reprises depuis son énième retour à la compétition à Torrey Pines en janvier. En Ecosse, lors du British Open, il avait réalisé une très convaincante deuxième partie de tournoi, touchant du doigt le titre lors du dernier tour, avant de craquer et de terminer sixième. Cette fois, dans le Missouri, l'ancien numéro un mondial a tenu tête au futur vainqueur jusqu'au bout, obligeant ce dernier à ne jamais se relâcher.

" Vais-je me rater sur la gauche ou sur la droite ?"

Dimanche, Woods a rendu une belle carte de 64 (-6). Son meilleur total de la semaine (70, 66, 66). Il aurait pu faire mieux, notamment si ses putts sur le 11 et le 14 n'avaient pas flirté avec le trou sans y faire le grand saut. Pour le coup, ce n'est pas le petit jeu qui a trahi l'Américain. Ce dernier a attendu le 10e trou pour toucher le fairway lors du 4e tour. "J'ai eu du mal avec mon drive toute la journée, a-t-il expliqué à la presse. J'ai lutté avec mon swing. Je savais que ça allait être difficile de parvenir à faire une série. Et je l'ai fait." Avec humour, au micro de CBS, il a souligné cette inconstance coupable : "Je devais choisir. Vais-je me rater sur la gauche ou sur la droite ? Jusqu'à ce que je parvienne à un autre résultat sur le retour. J'ai dû tenir, essentiellement grâce à mon mental."

Le Tigre n'était clairement pas à 100% de ses capacités dans la banlieue de Saint-Louis. Et c'est ce qui rend sa performance encore plus invraisemblable. Il a aussi bénéficié de l'aide du public, qui a littéralement pris feu sur son passage. Des scènes de liesse hallucinantes, rarement vues à ce niveau. "Le public était si positif toute la semaine. Je ne pourrai jamais les remercier suffisamment, pour leurs mots sur le bord du parcours. Cela signifie énormément pour moi." Ces cris, "tout le monde sur le parcours les a entendus", a lancé Brooks Koepka. "C'était génial, s'est enthousiasmé de son côté Justin Thomas. Vous pouviez entendre les rugissements à différents endroits du parcours. C'est assez facile d'entendre la différence entre le cri du Tigre et celui des autres."

Une énorme densité

Si Tiger Woods n'a pas mis la main sur son premier Majeur depuis 2008, c'est surtout parce que Brooks Koepka a réalisé un tournoi sublime (69, 63, 66, 66). Ce dernier a su serrer le jeu quand il le fallait et résister mentalement à la pression de ses adversaires. Le Tigre donc, mais aussi Adam Scott (267, 13 sous le par), qui ont essayé de le déstabiliser sur la fin du week-end. En vain. Avec ce troisième Grand Chelem en carrière, le golfeur de West Palm Beach entre du coup dans le cercle très fermé de ceux qui ont remporté la même année l'US Open et l'US PGA. Cercle dont fait évidemment partie Tiger Woods (2000) en compagnie de Gene Sarazen (1922), Ben Hogan (1948) et Jack Nicklaus (1980).

Remporter un 15e Majeur ne sera d'ailleurs en rien évident pour la légende américaine. Parce qu'en son "absence", de nombreux joueurs - parfois très jeunes - ont prouvé qu'ils avaient le talent pour réussir à s'imposer. Il existe aujourd'hui une énorme densité au plus haut niveau. De Dustin Johnson à Justin Thomas, en passant par Justin Rose, Jordan Spieth, Rory McIlroy, ou encore Patrick Reed, les prétendants sont nombreux et ils déçoivent rarement. Plus qu'il y a une quinzaine d'années, quand Woods était au sommet.

Retour au premier plan

Pour autant, il faut avant tout se réjouir. Car c'est peu dire que le retour au premier plan de Tiger Woods est une surprise. Celui qui a remporté par le passé le PGA Championship à quatre reprises a subi plusieurs opérations du dos. Depuis 2013, les saisons calamiteuses se sont succédé. Il y a un peu plus d'un an, il faisait la Une des médias internationaux en raison d'une arrestation pour conduite sous l'effet d'un cocktail médicamenteux. Au début de la saison, il était d'ailleurs loin d'imaginer que ce serait possible. "Si vous m'aviez dit que je serais candidat à une victoire dans un Majeur, je vous aurais répondu, avec quel swing ? Je n'avais pas de swing à ce moment-là. Je n'avais aucune vitesse."

Au début de la saison, il ne savait donc pas "quel serait [son] agenda", ni "combien de tournois [il] pourrait jouer". Alors redevenir un prétendant au titre sur Grand Chelem… Mais, à 42 ans, le voilà dorénavant un candidat plus que sérieux pour la Ryder Cup, qui se déroulera en France, à Saint-Quentin-en-Yvelines, du 28 au 30 septembre prochain. Une victoire en soi. "Faire partie des conversations pour la Ryder Cup, c'est vraiment plaisant, étant donné là d'où je viens."

Tiger Woods fait aujourd'hui bien plus que faire partie des conversations. Il est parvenu à se frayer de nouveau une place parmi les meilleurs. Et à faire naître en chaque amateur de golf la certitude qu'il gagnera un jour un nouveau Majeur.

Tiger Woods - PGA Championship 2018
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