Getty Images

Ryder Cup - Tiger Woods : Le calvaire du Tigre

Le calvaire du Tigre

Le 29/09/2018 à 19:24Mis à jour Le 29/09/2018 à 20:04

RYDER CUP 2018 – Attendu comme le monsieur plus de l'équipe américaine au vu de sa dynamique estivale, Tiger Woods a bu la tasse depuis le début du week-end à Saint-Quentin-en-Yvelines. Trois matches en double, et trois défaites en deux jours pour le Tigre, dont l'attitude parfois désabusée a pu surprendre. Il lui reste son simple, dimanche, pour sauver la face.

Il était celui que tout le monde attendait. L'attraction numéro un d'une Ryder Cup où il n'avait plus mis les pieds depuis six ans. Arrivé sur une formidable dynamique, ponctuée pas plus tard que le week-end dernier par son premier titre depuis plus de cinq ans, Tiger Woods avait tout pour jouer un rôle majeur au Golf National et porter une équipe américaine que l'on disait surmotivée à l'idée de triompher enfin sur le sol européen, ce qu'elle attend depuis 25 ans. Mais après deux jours de compétition, le vaisseau amiral Woods apparait naufragé sur l'Albatros du Golf National.

Tiger Woods a joué trois parties. Une vendredi matin, en "quatre balles", avec Patrick Reed. Puis deux autres samedi. A nouveau avec Reed en "Fourballs" et une seconde avec Bryson DeChambeau l'après-midi en "Foursomes". Bilan cinglant : trois défaites. Son bilan en double en Ryder Cup, déjà peu reluisant avant cette édition 2018, passe à neuf victoires, dix-huit défaites et un nul. Un ratio assez catastrophique pour un champion de son envergure.

Reed apocalyptique

Vendredi, tout avait pourtant plutôt bien commencé. Après 10 trous, Reed et lui menaient face à Francesco Molinari et Tommy Fleetwood (2 Up soit 2 trous d'avance). Puis la vague italo-anglaise, grande success story de ce week-end, a emporté les deux Américains. Depuis, rien ne va plus. Et Woods a trouvé sa bête noire à travers le duo Molinari-Fleetwood, qui lui ont infligé ses trois défaites, même si les raisons de ce fiasco ne lui incombent pas totalement. Samedi matin, le Tigre a ainsi plutôt bien tenu la barre, mais Patrick Reed, pourtant excellent joueur de match play, a été apocalyptique d'un bout à l'autre de la partie.

Reste que l'après-midi, Reed n'était plus là, et avec Bryson DeChambeau, le calvaire "woodsien" s'est prolongé. Alors que l'équipe américaine a plutôt relevé la tête, remportant deux des quatre "Foursomes" et en perdant un autre de peu, la paire Woods-DeChambeau a sombré, s'inclinant 5 et 4. Une vraie fessée.

Puis il y a ce langage corporel catastrophique. Vendredi matin, l'ancien numéro un mondial avait beaucoup râlé, contre le parcours et contre lui-même. Samedi, il est apparu désabusé. Dans la matinée, après un putt raté, on l'a vu prostré, la tête dans les mains pendant de longues secondes.

Tiger Woods, tête et casquette basses.

Tiger Woods, tête et casquette basses.Getty Images

Blessure ?

Tiger Woods n'a pas décroché un sourire du week-end. Il est même le symbole d'une équipe américaine dont l'apathie de certains de ses membres contraste avec le communicatif enthousiasme d'une Europe soudée. Son attitude a tellement surpris que certaines rumeurs, samedi matin, ont évoqué une possible blessure du Tigre, qui expliquerait à la fois ses difficultés et son visage constamment fermé. Mais Jim Furyk, le capitaine américain, n'a pas voulu s'épancher. "Je n'ai pas d'infos à ce sujet, je l'ai vu sur le parcours et il avait l'air bien physiquement. Vous devriez demander à Tiger." Personne ne s'y est encore risqué.

Est-il émoussé ? "Il a tellement enchaîné cet été: les Majeurs, les play-offs de la Fedex (la phase finale du circuit américain, ndlr), en ajoutant le décalage horaire. Et jouer 54 trous en deux jours... Il y a de la fatigue, c'est évident", explique à l'AFP le Directeur technique national du golf français, Christophe Muniesa. Dans les phrases qu'il a pu lâcher depuis vendredi matin, Woods s'est accroché à des banalités. "Quand vous perdez un point, c'est décevant, vous avez l'impression d'aider la mauvaise équipe, avait-il dit vendredi après sa première défaite avec Reed, estimant toutefois que son putting et son jeu étaient "solides". "Je n'ai pas besoin de travailler spécifiquement quoi que ce soit, tout est en place", avait-il ajouté. Samedi midi, la méthode Coué était encore de sortie : "Il reste encore beaucoup de matches à disputer." Certes.

" Le fait d'avoir perdu trois matches sans avoir l'impression d'avoir mal joué, c'est dur"

Quelques heures plus tard, après une troisième défaite en l’espace de 35 heures, Tiger Woods s'est dit "juste très énervé." Par son absence de victoires, et par le scénario. Le Tigre en est convaincu, son jeu sur l'Albatros n'est pas si éloigné de ses récents standards. "Le fait d'avoir perdu trois matches sans avoir l'impression d'avoir mal joué, c'est dur. C'est ce qui est frustrant avec le match play. Même en jouant bien, vous pouvez avoir un zéro pointé."

Plus que son échec, ou celui des paires dans lesquelles il a pu évoluer, l'Américain salue surtout la qualité du jeu adverse. "C'est compliqué quand vous jouez une équipe avec une telle qualité de putting, a-t-il souligné à propos de Molinari et Fleetwood. Dans les trois matches, ils n'ont quasiment pas raté un putt à moins de 3-4 mètres. Pour les battre, il aurait fallu beaucoup de birdies, et nous ne les avons pas sortis."

Désormais, il lui reste son simple de dimanche pour sauver sa Ryder Cup. Cela tombe bien, historiquement, c'est dans cet exercice qu'il s'épanouit. Là, son bilan est très positif : en sept matches, il compte quatre victoires, deux nuls et une seule défaite. Les Etats-Unis, dos au mur, comptent sur lui, comme sur les onze autres, pour renverser une situation compromise. C'est donc un double sauvetage, personnel et collectif, qui s'impose au Tigre. Pas vraiment le scénario attendu, dans un cas comme dans l'autre...

Tiger Woods à la peine lors de la Ryder Cup 2018.

Tiger Woods à la peine lors de la Ryder Cup 2018.Getty Images

0
0