Ryder Cup 2025 : L'Amérique promet "la folie et le chaos total" à l'Europe
Par Laurent Vergne
Publié 25/09/2025 à 23:09 GMT+2
Une ambiance très new-yorkaise, la présence de Donald Trump, un public annoncé comme brûlant... L'Europe, tenante du titre, s'attend à vivre l'enfer à Farmingdale lors de la 45e édition de la Ryder Cup, qui se tient de vendredi à dimanche. C'est en tout cas ce que les Américains leur ont promis. L'atmosphère sera presque plus proche du kop de football que du salon de thé...
La cérémonie d'ouverture de la Ryder Cup 2025.
Crédit: Getty Images
Un volcan dans un jardin feutré. Tel est l'esprit de la Ryder Cup. Avec son intensité, son histoire, son format et la passion qu'elle génère, l'épreuve par équipes qui met aux prises les États-Unis et l'Europe ne ressemble à rien d'autre de ce qui existe dans le monde policé du golf. Ce vendredi, la 45e édition du duel bisannuel se tient à Farmingdale, sur le Bethpage Black Course. Chez eux, les États-Unis veulent faire la loi.
L'avantage du terrain est un atout souvent décisif ces temps-ci en Ryder Cup. Ce n'est pas pour rien que l'équipe organisatrice a remporté cinq des six dernières éditions. Cette fois encore, le public pourrait peser de tout son poids sur les débats. C'est en tout cas le souhait des hôtes américains. "J'espère que vendredi, ce sera le chaos total, je suis à fond pour ça, ça correspond à qui nous sommes, nous, les joueurs américains, a clamé comme dans un appel au peuple le N°8 mondial, Collin Morikawa. Je vois tous ces enfants demander des autographes. Vendredi, j'espère qu'ils apporteront un grain de folie".
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Ryder Cup 2025 : Vue sur le parcours de Bethpage State Park.
Crédit: Getty Images
Si on commence à s'en prendre à ses proches…
Ces derniers jours, le ton a déjà été donné, comme un avant-goût de ce qui attend les joueurs à partir de vendredi. Rory McIlroy, numéro 2 mondial et vainqueur du Masters en avril dernier, plutôt très apprécié habituellement sur le sol américain, a lui été conspué par la foule mercredi sur le parcours lors de la cérémonie d'ouverture. "Nous faisons tout notre possible pour nous préparer au mieux à ce que cela va être. Mais rien ne peut vraiment vous préparer tant que vous n'y êtes pas vraiment", avait expliqué le Nord-Irlandais lors du BMW PGA Championship.
Chants, hurlements, sifflets, voire huées, le "Team Europe" se prépare à tout ça. "Il faudra faire avec", convient l'Anglais Tommy Fleetwood. Avec une limite, clairement fixée par son compatriote Justin Thomas : OK pour l'ambiance délirante, mais pas touche à la famille. "Si on ne joue pas bien et qu'on nous secoue, c'est qu'on le méritera probablement. Mais si on commence à s'en prendre à ses proches, je pense que c'est là que tout le monde commence à s'énerver", a-t-il prévenu.
Mais cette possible ambiance chaude, voire limite, ne fait-elle pas partie du charme incomparable de la Ryder ? "Je suis partagé, dit encore Thomas. Dans aucun sport, il n'y a évidemment de justification à un comportement irrespectueux, mais en même temps, c'est la Ryder Cup, et ce n'est pas un match à domicile pour rien. Il y a eu beaucoup de bons et de mauvais aspects des deux côtés." Il veut croire aussi que si les Européens prennent le match par le bon bout, le public pourrait changer de ton et de comportement très vite. D'où l'importance de négocier au mieux les premiers duels et cette journée initiale.
La Ryder Cup n'est pas une histoire d’argent, c’est une question de fierté
Le cadre et le contexte spéciaux de cette cuvée 2025 pourrait contribuer à cette pointe de folie qu'appellent les Américains de leurs vœux. Bethpage Black est situé au cœur de Long Island, à quelques encablures de Manhattan. Ici, c'est New York. Son effervescence, son ébullition. C'est cela que les Etats-Unis veulent retrouver au bord du parcours. Morikawa, encore : "L'ambiance folle et unique de New York doit nous aider. Je pense que nous devons vraiment exploiter cette dynamique."
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Rory McIlroy, un des piliers de l'équipe européenne.
Crédit: Getty Images
Il y a quatre ans, à Whistling Straits, lors de la précédente édition sur le sol US, les Européens avaient bu la tasse (19-9). Déjà, à l'époque, l'ambiance avait impressionné une équipe européenne mal fagotée et vite dépassée. De l'aveu de tous, ce sera sans doute encore pire cette fois. "C'est ce à quoi nous allons devoir faire face, à un niveau encore supérieur. Il vaut donc mieux essayer de se désensibiliser au maximum avant de se lancer", juge McIlroy, le joueur le plus expérimenté de cette Ryder Cup 2025, d'un côté comme de l'autre.
C'est sur un volcan en pleine explosion que les Européens vont mettre le pied vendredi. Face à eux, un public chauffé à blanc avec, en prime, la présence de Donald Trump, qui pourrait ajouter au chaos annoncé. On sent les Américains motivés comme jamais et pas parce qu'ils vont, pour la première fois, être rémunérés pour participer, au contraire des membres du Vieux Continent. Luke Donald, le capitaine européen, n'a d'ailleurs pas manqué de jouer là-dessus, en envoyant une petite pique à peine voilée : "Nous sommes remplis d’énergie qui ne peut être achetée. La Ryder Cup n’est pas une histoire d’argent ou de points mondiaux, c’est une question de fierté." L'ambiance est bonne. Craquez les allumettes, et embrasez tout ça.
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