Gym artistique
Pékin 2008

Il était une fois les Jeux (3)

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ParEurosport
13/08/2008 à 18:45

Chaque jour, nous vous proposons de revivre une grande page de l'histoire des Jeux Olympiques. Mercredi, gros plan sur l'inoubliable Nadia Comaneci. A Montréal, en 1976, la Roumaine révolutionne la gymnastique et devient une star mondiale.

Evoquer Nadia Comaneci, c'est bien sûr, d'abord, évoquer un palmarès: neuf médailles olympiques dont cinq en or, en deux participations (1976 et 1980). Mais ces chiffres ne restituent que très partiellement l'impact de la championne roumaine sur la gymnastique, sur le sport en général et sur l'imaginaire collectif olympique, où elle tient incontestablement une place à part. Comaneci a ainsi obtenu deux fois moins de titres et de podiums aux JO que Larissa Latynina (18 médailles, neuf en or), l'autre immense championne de la gym moderne. Pourtant, il ne viendrait à l'idée de personne d'associer la Soviétique davantage que Comaneci à l'image des Jeux ou à celle de la gymnastique. A ce titre, cette dernière demeure inégalable.

Pourquoi? Parce que la petite fée d'Onesti n'a pas seulement collectionné les titres. Elle a surtout révolutionné sa discipline, lui a ouvert de nouveaux horizons en poussant les frontières de l'impossible. Cela n'a pas de prix. Son pouvoir de création, et de fascination, font qu'il y a eu un avant et un après Nadia Comaneci. Peu de champions peuvent se targuer d'avoir engendré pareil bouleversement. La révolution Comaneci s'est déroulée à Montréal, lors des Jeux de 1976. Un an plus tôt, à seulement 13 ans, la jeune Roumaine s'est révélée lors des Championnats d'Europe. Mais la scène olympique va lui offrir un théâtre à sa mesure.

Pékin 2008

Il était une fois les Jeux (2)

12/08/2008 À 17:45

"Tout cela me dépassait un peu"

Dès le premier jour de compétition, Comaneci irradie le public québécois. Son passage aux barres asymétriques est exceptionnel d'aisance et de classe. Un numéro de haute voltige. Tout le monde se trouve sous le charme, y compris les juges, qui lui attribuent la note maximale de 10. La perfection. Une première dans l'histoire des Jeux. D'ailleurs, le tableau d'affichage n'a pas prévu un tel scénario. Il n'a pas été conçu pour afficher des scores à deux chiffres avant la virgule... La note de Comaneci est donc... 1.0. L'image passe aussitôt à la postérité, tout comme son instigatrice. A sept reprises, au cours de ces Jeux, la Roumaine obtient la note parfaite. Pour elle, ce n'est pourtant pas une première. Mais qu'avait-elle donc de plus? "Même quand elle est au sol, elle donne l'impression de voler. Ce tapis de sol devient un tapis volant" , écrit Antoine Blondin. Chaque passage de Comaneci est un défi aux lois de la pesanteur.

Consacrée reine de Montréal, où elle remporte le concours général, la poutre et les barres asymétriques, l'élève de Bela Karolyi devient une icone planétaire. Même celui qui n'a jamais suivi une compétition de gym de toute sa vie connait Nadia Comaneci. En cette période de Guerre Froide, elle réussit l'exploit improbable d'être une idole aussi bien dans la rigide Roumanie de Ceaucescu, qu'aux Etats-Unis, où elle suscite des vocations et fait rêver des millions de petites filles. Parmi elles, une petite fille de dix ans, Mary Lou Retton, qui lui succèdera au palmarès olympique huit ans plus tard. C'est la folie Comaneci. Elle fait la même semaine la une de Time, Sports Illustrated et Newsweek. Un fait inédit. "A l'époque, je ne me rendais pas compte de tout cela, avouera plus tard Comaneci. Je n'avais que 14 ans, tout cela me dépassait un peu."

Un destin hors du commun

La suite de sa carrière sera moins glorieuse, même si elle obtiendra deux nouvelles médailles d'or à Moscou, et l'argent dans le concours général. Mais la magie de Montréal s'en est allée, définitivement. En 1981, elle met un terme à sa carrière, à tout juste 20 ans. Comaneci se lance dans une tournée d'exhibitions à travers le monde, mais le régime resserre l'étau sur elle, surtout après l'exil américain de Karolyi et de son épouse. Elle est mise sur écoute, traquée. "Beaucoup pensaient que je menais une vie de privilégiée, mais ce n'était pas du tout le cas" , explique-t-elle. En 1989, quelques mois avant la chute du régime communiste, elle fuit, passant à pied la frontière hongroise avant de gagner l'Autriche puis, les Etats-Unis. Elle laisse derrière elle sa famille, notamment son jeune frère, qui ôte ses médailles du mur du salon et les cache, afin que la police d'état ne puisse les récupérer. Un journaliste les restituera à sa propriétaire deux ans plus tard.

Ainsi fut la destinée hors du commun d'une jeune femme et d'une championne uniques. Mariée depuis 1991 avec l'ancien gymnaste Bart Conner, Nadia Comaneci vit aujourd'hui à Oklahoma City, en toute tranquillité. En 2006, à 45 ans, elle a donné naissance à son premier enfant. Malgré les années, et sa grande discrétion, le public lui a toujours conservé son affection. Sans doute parce qu'il y a 30 ans, son âge, mais aussi sa grâce et son sourire, avaient créé une proximité inédite entre elle et le public. D'ailleurs, à l'époque, quand chacun évoque la fée, qu'il soit spécialiste ou profane, observateur proche ou téléspectateur distant parfois de plusieurs milliers de kilomètres, il ne disait pas "Comaneci", mais bien "Nadia". En sport, les grands champions mettent, presque malgré eux, une distance entre eux et le reste du monde. Comme si le fait d'atteindre des sommets les rendait inaccessible. Jamais ce phénomène ne frappa Nadia. Bien des années après sa retraite sportive, elle a conservé une place particulière dans le coeur des gens. En 2007, elle figurait encore parmi les 100 femmes préférées des Américains.

NADIA COMANECI EN 5 DATES

. 1967: A l'âge de six ans, Nadia est remarquée par Bela Karolyi, qui dirige une école expérimentale de gym. Il deviendra son entraineur jusqu'à la fin des années 70, avant de partir aux Etats-Unis.

. 1975: Comaneci explose sur la scène internationale. Lors des Championnats d'Europe, à Skien, en Norvège, elle remporte le concours général et tous les agrès, à l'exception du sol, où elle prend la deuxième place. Elle n'a que 13 ans.

. 1976: La consécration olympique. La Roumaine est la star des Jeux de Montréal. Elle ramasse trois médailles d'or, dont le concours général, et sept notes parfaites de 10.0. Elle est la première gymnaste roumaine à enlever le concours général. La plus jeune de l'histoire, aussi.

. 1981: Retraite sportive. Surveillée de près par le régime roumain, Comaneci tentera de fuir à plusieurs reprises, notamment lors des Jeux de Los Angeles. Elle quitte finalement son pays en 1989, quelques mois avant la chute du Mur de Berlin.

. 1991: Elle s'installe aux Etats-Unis, à Oklahoma City, avec l'ancien gymnaste américain Bart Conner. Ils se marieront quelques années plus tard et auront un enfant, le 3 juin 2006.

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