Elle est la cheffe d'orchestre d'une partition jouée sans faute, jusqu'à présent, par le philharmonique des Bleus. A 28 ans, Grâce Zaadi est aux Bleues ce que Nikola Karabatic était aux Bleus dans ses plus grandes heures. Dimanche, au moment de se lancer à la quête d'un troisième titre mondial après 2003 et 2017, en finale contre la Norvège (17h30), la demi-centre poussera le cri de guerre des Françaises, qui peuvent entrer dans la légende avec un doublé JO-Mondial en l'espace de quatre mois et demi.
Avec 38 passes décisives, 25 buts et plus de six heures passées sur le terrain en huit matches depuis le début du Championnat du monde, les statistiques en disent long sur l'importance prise par la joueuse qui a fait les beaux jours de Metz pendant sept saisons professionnelles. A titre de comparaison, seule Pauletta Foppa a mis plus de buts (26), et aucune joueuse n'a dépassé la barre des cinq heures sur le terrain. Le sélectionneur Olivier Krumbholz a d'ailleurs fait remarquer après les premiers matches accrochés contre le Monténégro ou la Serbie au cours des deux phases de groupes, qu'il avait été obligé de tirer plus que prévu sur les organismes de certaines joueuses, à commencer par Zaadi.

"Management participatif"

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Dans le dispositif français, la native de Courcouronnes occupe une place centrale, en défense avec Béatrice Edwige, et en attaque pour alimenter en ballons Foppa au poste de pivot, ou les arrières. C'est elle qui, dans le money-time irrespirable de la demi-finale contre le Danemark vendredi, a transpercé la muraille scandinave pour revenir à deux buts (20-18) et égaliser (20-20), ou délivrer les passes décisives à Foppa, qui aimante toujours autant les ballons.

Grace Zaadi Deuna en demi-finale du Mondial 2021 face au Danemark

Crédit: Getty Images

De plus, sa complémentarité grandissante avec Méline Nocandy en phase offensive offre de nouvelles perspectives au staff tricolore. Pendant les temps-morts, elle prend la parole pour proposer des enclenchements de jeu, dans un mode de "management participatif" comme le répète le sélectionneur. "Qu'est-ce que tu veux faire ?", lui a notamment demandé Olivier Krumbholz sur le dernier temps-mort contre la Serbie au tour principal. "Ça ne se résume pas à dix buts, mais à des petits buts, des petites passes, à l'organisation du jeu, ce que veut mon poste. Et être bien en défense", explique la joueuse qui s'épanouit désormais sur les rives du fleuve Don, à Rostov en Russie.
Et si le parallèle entre le parcours de ces Bleues affamées depuis 2016 avec celui des Experts masculins de 2008 à 2017 se précise, le rôle de Zaadi dans cette équipe fait penser à celui joué par Nikola Karabatic à son meilleur niveau. "Sur cette compétition, je me sens plutôt solide et stable", reconnait-elle. De là à dire qu'elle réalise sa meilleure compétition avec l'équipe de France depuis ses débuts sous le maillot bleu ? "C'est différent. Le Mondial 2017 reste une compétition très forte pour moi, où j'ai explosé avec l'équipe de France."
C'est quoi une heure dans une vie ?
De son propre aveu, elle a "une exigence individuelle et collective très haute" dans la préparation des grandes compétitions. "Dans le quotidien de travail et de préparation, je suis chiante et très exigeante", ajoute-t-elle, d'où le qualificatif "exichiante" qui lui a été attribué chez les Bleus. "Je veux tout le temps que les choses se passent bien. Finalement, c'est en match que je suis plus relaxe et indulgente. Je déteste être surprise et ne pas maîtriser les choses", affirme-t-elle.
Dimanche contre la Norvège, pour un nouveau sacre international, elle devra puiser dans ses dernières ressources physiques. "C'est quoi une heure dans une vie ? Franchement, soixante minutes", glissait-elle en zone mixte après la qualification pour la finale.

Grâce Zaadi Deuna

Crédit: Getty Images

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