La France se cherche

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L'équipe de France féminine a entamé mercredi, au soir de la défaite contre la Hongrie, une thérapie collective pour tenter de se sortir d'un jeu contre-nature qui a mis en péril en l'espace de deux matches son espoir d'atteindre le dernier carré de l'Euro.

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Crédit: Eurosport

Avant le match décisif pour la qualification au tour principal contre la Slovénie vendredi, l'état d'urgence a été décrété. "Le débat n'est pas sur ce qui nous manque mais sur ce qu'on a, lance l'entraîneur Olivier Krumbholz. Comme toutes les équipes, il nous manque des choses. Ce qui me fout les boules, c'est qu'on ne joue pas notre jeu, avec nos qualités.Il faut arrêter de se poser des questions existentielles, il faut se centrer sur le jeu", estime-t-il, appelant ses joueuses à retrouver leur "spontanéité" et leur "fougue".
Pour tenter de comprendre, joueuses et encadrement se sont longuement réunis mercredi soir et jeudi matin. Puis les joueuses se sont à nouveau entretenues entre elles dans l'après-midi. Les Bleues ne se reconnaissent plus. "Je ne comprends pas comment on peut être aussi catastrophique. Il y a trois mois (à la World Cup terminée à la troisième place), on ne l'était pas. Comment peut-on retomber aussi bas ?", s'interroge l'ailière Siraba Dembélé. "On a une équipe qui, pour moi, est la meilleure techniquement que j'ai connue", estime Sophie Herbrecht (174 sélections), championne du monde en 2003.
Y'a pas de leader
"Peut-être qu'on n'est pas prête à mourir pour les autres. En 2003, on n'était pas les meilleures amies du monde mais sur un terrain, on y allait les yeux fermés. On savait qu'on était l'équipe la plus nulle techniquement et que si on voulait y arriver, il fallait une force collective exceptionnelle. Peut-être qu'aujourd'hui, on croit avoir déjà réussi", esquisse-t-elle. Auréolées d'un statut de vice-championnes du monde, les Bleues se sont trouvées démunies en attaque, incapables d'enchaîner les passes et s'obstinant à venir s'empaler sur des défenses très agressives. "En défense, on joue la protection de notre but, mais là où on est fort, c'est dans la dissuasion, l'interception", ajoute Krumbholz.
En l'absence de l'emblématique capitaine Raphaëlle Tervel et de plusieurs autres joueuses (Baudoin, Limal), les regards se sont tournés vers la demi-centre Allison Pineau (21 ans), élue meilleure joueuse du monde 2009 mais en nette baisse de forme depuis quelques mois. "Dans cette équipe, personne n'est capable de faire gagner la France", souligne Herbrecht. "On n'a pas de leaders de jeu, reconnaît Dembélé. Mais ce n'est pas le plus important. Ce qui a toujours fait notre force, c'est notre homogénéité."
Au Mondial-2010, après un début de compétition compliqué, plusieurs joueuses avaient pris tour à tour leurs responsabilités, comme Paule Baudouin contre l'Autriche, Marion Limal dans le premier match contre la Russie et Mariama Signaté en finale. A l'Euro, ni Pineau, ni Signaté, ni Ayglon, ni Goudjo, ni Herbrecht n'ont su jusqu'à présent remettre l'équipe sur les bons rails. Après trois réunions et un entraînement, les Bleues doivent désormais se sortir de l'impasse sur le terrain, rappelle Herbrecht: "Il ne suffit pas de parler, il faut agir".
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