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Valentin Porte après France-Espagne (23-27) : "6 buts d'écart à la pause, c'est une honte"

"6 buts d'écart à la pause, c'est une honte"
Par Eurosport

Le 26/01/2018 à 22:38Mis à jour Le 26/01/2018 à 23:12

EURO 2018 - Invaincus depuis le début de la compétition, les Français ont sombré 27-23 face à l'Espagne en demi-finale et dit adieu à leur rêve de reconquête continentale, vendredi à Zagreb. La faute en partie à une fin de première période où un vent de panique a soufflé sur l'équipe de France.

9 buts marqués et 15 minutes de panique en première période, et un déficit de 6 buts à la pause. Voilà comment les Bleus ont perdu leur demi-finale de l'Euro 2018 face à l'Espagne (23-27). Après une démonstration lors des phases de poules, marquées par une victoire importante face au pays hôte croate, les hommes de Didier Dinart s'arrêtent net aux portes d'une finale qui était largement dans les cordes des champions du monde en titre. Une grosse frustration pour ne pas dire une énorme déception.

"Ce n'est même pas la déception, reprend un Valentin Porte, très énervé. Je suis dégouté de voir comment en un quart d'heure on a gâché un travail si bien fait depuis le 26 décembre. Je ne comprends pas, c'est même honteux de montrer ça en première période : être mené de 6 buts et ne marquer que neuf buts. Je n'ai hélas pas d'explication. Je suis juste remonté."

"En première mi-temps, on se tire une balle dans le pied, le match est plié", a encore regretté Porte. "On revient un petit peu mais on sait très bien que ça ne va pas suffire. C'est ça qui est rageant, on ne s'est même pas donné le droit d'exister." L'entrée du jeune Romain Lagarde a fait du bien aux Bleus qui ont retrouvé la réussite, revenant même à 23-20, avant de retomber dans le rythme des Espagnols en fin de match.

Nikola Karabatic - France Euro 2018

Nikola Karabatic - France Euro 2018Getty Images

Corrales et Sterbik, deux gardiens espagnols en feu

Même si l'objectif des demi-finales fixé avant le début du tournoi a été atteint, cette défaite face aux Espagnols est un coup de massue : il fallait remonter à 2006 pour retrouver la trace d'une victoire ibérique face aux Bleus, en tour préliminaire d'un Euro finalement remporté par les Français. "Aujourd'hui, le bilan est lourd. Ne pas accéder à une finale, c'est quand même douloureux pour tout le monde", a reconnu le sélectionneur Didier Dinart.

Après 11 matches sans défaite face à cet adversaire, la France a donc subi la loi de l'Espagne et malgré une belle remontée en seconde période, n'a jamais réussi à combler son retard. Les Espagnols ont fait la course en tête et la régularité de Ferran Sole (5 buts en première période) a pesé. Côté français, Vincent Gérard, exceptionnel face à la Suède, a manqué d'efficacité. Le taulier Nikola Karabatic est passé à côté et les Bleus ont perdu leur pépite Dika Mem, blessé au bout de 20 minutes. C'est la première grosse perte dans ce match.

La seconde, c'était la perte de leur "grinta". Pire : alors que les Français étaient dans le dur en fin de première période, un vent de panique a soufflé comme jamais dans les rangs des Tricolores. Envolée la sérénité des premiers matches ; aux vestiaires, la réussite qui les faisait avancer jusque là.

"En seconde période, on voit des comportements rageurs, un peu limites, souligne encore Porte. Pourquoi on ne fait pas ça en première mi-temps ? Pourquoi on s'empêtre dans ce jeu de merde et pourquoi on ne va pas chercher, quitte à ce que ce soit moche et qu'au moins on ne regrette rien ? Là on regrette."

Cedric Sorhaindo - France - Euro 2018

Cedric Sorhaindo - France - Euro 2018Getty Images

La faute aussi à deux gardiens espagnols aux gants de feu. Le portier habituel Gonzalo Perez de Vargas était pourtant absent, en raison d'une blessure à un genou. Mais ils n'ont pas perdu au change : sa doublure Rodrigo Corrales, qui a réalisé les arrêts décisifs, et le vétéran Arpad Sterbik, appelé de dernière minute, ont fait basculer le match à eux deux.

" Ce soir, il fallait poser notre cerveau et aller au charbon"

"C'est les limites de notre jeu, a encore reconnu Valentin Porte. A un moment donné, adopter un jeu bien placé, sans vitesse... Ce jeu, il fallait le mettre de côté ce soir, poser le cerveau un peu et aller au charbon parce qu'une demi-finale d'un Euro contre l'Espagne, ça ne se joue pas sur un tableau noir. Ça se joue avec la tête et avec ce qu'il y a plus bas, et ce soir on a manqué des deux."

Au lieu de viser le titre, Nikola Karabatic et ses partenaires se battront donc pour une médaille de bronze dimanche (18h00). "Ce serait vraiment regrettable de repartir avec une quatrième place sachant que jusqu'alors, on voyait une équipe de France resplendissante", a déclaré Dinart. "Mais il y a encore de quoi faire pour bien terminer ce championnat d'Europe", a-t-il positivé. Contre le Danemark et sa star Mikkel Hansen, ils feront face à leurs bourreaux de la finale des Jeux Olympiques de Rio, perdue 26-28 en 2016 et toujours pas digérée. Elle non plus.

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