"Chair de poule", "magique", "communion"... Les Bleus ont bien senti qu'ils étaient à la maison
Par Laurent Vergne
Publié 12/01/2017 à 00:02 GMT+1
MONDIAL 2017 - L'équipe de France a démarré son tournoi pied au plancher mercredi, en martyrisant le Brésil (31-16) à l'AccorHotels Arena. Les Experts n'ont pas raté leur entrée dans ce Mondial. Le public de Bercy non plus. Sa ferveur a bluffé les Bleus, qui en redemandent.
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Crédit: Eurosport
16 ans que le handball français n'avait plus organisé une compétition masculine majeure. C'était le Mondial 2001. Le temps des Costauds. Mais cette génération, celle des fameux Experts, n'avait jamais eu le bonheur de goûter à la saveur d'un tel évènement à domicile, à l'exception de Thierry Omeyer et Daniel Narcisse. Les deux ancêtres, alors jeunes pousses, étaient déjà là à l'époque. Eux savent. Les autres ont découvert ce mercredi soir. Et peut-être plus encore que la victoire, ce qu'il leur restera de cette soirée, c'est ce formidable accueil. Car si les Bleus ont réussi leur entame de Mondial, cela a aussi été le cas de leurs supporters.
L'AccorHotels Arena, pleine jusqu'aux cintres, a vraiment parfaitement joué son rôle. "Il y a eu une vraie communion avec le public français, sourit Adrien Dipanda. Une Marseillaise avec 15000 personnes, ce n'est pas tous les jours." L'arrière-droit de Saint-Raphaël avait 12 ans lors du sacre des Bleus à la maison en 2001. Il a pu mesurer à Bercy l'impact d'un tel soutien populaire. "J'ai ressenti une grande émotion, une grande fierté aussi de pouvoir jouer un tel match devant notre public, a-t-il ajouté. J'étais heureux de partager ça avec lui."
Abalo : "Je ne suis jamais rentré dans une salle en France avec une ambiance comme ça"
Nikola Karabatic, qui en a pourtant vu d'autres depuis le temps, a apprécié, lui aussi. C'est même un euphémisme. "Que d'émotions", a soufflé la star des Bleus et du PSG. "C'était juste magique, assure le grand frère de Luka. Cette ovation qu'on a reçue quand nous sommes rentrés dans la salle, ça m'a donné la chair de poule. Puis la Marseillaise, tout ça... C'était un moment que je n'oublierai jamais." Luc Abalo non plus. L'ailier ne se souvient pas avoir vécu quelque chose de semblable. "Je ne suis jamais rentré dans une salle en France avec une ambiance comme ça", a-t-il confié après la rencontre.
Bien évidemment, les Bleus s'attendaient à être soutenus. Mais ils l'ont tous admis, ils n'imaginaient pas être transportés de la sorte. "Franchement, c'était même au-delà de ce que j'espérais, avoue encore Abalo. A vrai dire, je ne m'étais pas projeté avant le Mondial sur comment ça allait être au niveau ambiance. Mais quand je suis rentré dans la salle, que j'ai vu tout ce monde, ça m'a fait quelque chose, ça m'a fait chaud au cœur. Entamer le Mondial dans une ambiance comme ça, c'est énorme, et ça a joué. Car de notre côté, on a envie de le rendre un peu au public."
Omeyer avait fait passer le message
Thierry Omeyer, lui, avait donc en mémoire les ambiances de Nantes, d'Albertville ou de Bercy. Celles de 2001. Il n'ignore pas le rôle que peut jouer le public dans un tel tournoi. "Je l'ai dit aux gars, des moments comme ça, il faut en profiter, explique "Titi". Ce sont des moments très forts à vivre, il faut savoir savourer. Ça nous galvanise, clairement." Et il avait donc passé le message, pour faire en sorte que la foule constitue une force, non un frein. "Bien sûr que le fait de jouer à la maison rajoute de la pression, concède Niko Karabatic. Mais quand on voit ce public, c'est clairement une force."
Les Experts ont enflammé Bercy. Et Bercy les a aidés à s'embraser. Ils n'ont qu'un souhait : revenir à l'AccorHotels Arena, ce qui serait synonyme de présence dans le dernier carré. En attendant, ils vont maintenant mettre le cap sur Nantes, puis Lille. "On a hâte de voir l'ambiance qu'il y aura à Nantes", piaffe Karabatic. Sans trop s'inquiéter, à vrai dire : "Je suis sûr que ce sera tout aussi énorme."
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