EURO 2006 - DEMI-FINALES
FRANCE - CROATIE : 29-23 (12-10)
Revivez le film du match !
On n'osait plus y croire. Et pourtant les Bleus ont réalisé ce que les précédentes générations françaises n'ont jamais atteint : jouer une finale d'un championnat d'Europe. Si la France, des Barjots aux Costauds, a connu de nombreuses joies et ses heures de gloire avec six médailles en championnat du monde, dont deux en or, et le bronze olympique, jamais elle n'aura connu celle de monter sur un podium européen. Un sentiment qu'elle comblera pour la première fois dimanche ; au grand dam de l'ancien capitaine des Bleus, Jackson Richardson, qui a failli y goûter en 2000, lorsque les Tricolores terminèrent quatrièmes.
Euro 2006
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10/02/2006 À 09:30
Mais ce sera à coups sûrs le premier à supporter les Français, remontés à bloc dans cette compétition réputée la plus difficile à remporter, et qui s'est tant refusée à eux. Cette envie de glaner leur première médaille européenne s'est exprimée tout au long des deux semaines, et plus particulièrement en demi-finale, face à la Croatie. Mais il faut dire qu'il y avait des airs de revanche sous cette affiche, ce match étant un remake de la demi-finale du Mondial tunisien en décembre 2005, qui avait vu les Bleus éliminés sur la route de leur quatrième finale mondiale.
Un mur nommé Omeyer
Mais la France partait avec un avantage conséquent : des demi-finalistes, elle est celle qui a encaissé le moins de buts au cours du second tour. Signe que la défense des Bleus est aiguisée. Avec sept victoires chacun et un match nul dans leurs confrontations directes, il était difficile de dire qui pouvait l'emporter. C'est pourtant ce détail qui fera la différence dans cette 16e rencontre de haute voltige, les champions olympiques en titre étant incapables de battre l'arme fatale des Bleus : Thierry Omeyer. Impérial depuis le début de l'Euro, le portier montpelliérain va accaparer l'attention sur lui avec plus de 51% de réussite... un chiffre colossal à ce niveau de jeu.
Si les deux équipes se suivent de près au cours des dix premières minutes, la France perd pied la première après un quart d'heure de jeu. Les Croates s'échappent sous l'impulsion de Balic, meilleur meneur de jeu rouge et blanc de la planète, qui offre des solutions de but comme il respire (6-9). Une embellie qui sera éphémère : la faute à Thierry Omeyer. Si la rime est heureuse, le portier français l'est encore plus, tant il s'érige en véritable mur. Tant est si bien que les Bleus recollent et prennent l'avantage à la mi-temps (12-10). Pourtant un léger goût amer plane : les offensives françaises restent timides et l'écart, bien que positif, aurait pu être bien plus conséquent avec un peu moins de cafouillage en attaque.
Une fin de match à sens unique
Si Omeyer signe quatorze arrêts à lui seul en première période, Sola et Losert, les deux gardiens croates, n'en accusent que sept à eux deux en trente minutes. Une cruelle statistique qui va se creuser en seconde mi-temps. Car si la défense française tient bien le choc, l'attaque fait des merveilles. En tête, Michael Guigou, en meneur de jeu, qui réalise le match parfait avec dix buts dont un 6/6 aux tirs à 7 mètres. En relais, Jérôme Fernandez trouve des solutions aux 10 mètres quand l'approche en zone semble difficile.
En face, les Croates sont déboussolés. Si Balic a moins de réussite en seconde période, Dzomba maintient la Croatie grâce à ses dix buts. Mais cela ne suffira pas à calmer les ardeurs françaises. Les Bleus s'imposent finalement 29-23 et remportent enfin une demi-finale européenne, qui leur avait échappé en 2000. A cette occasion, les Tricolores prennent leur revanche sur des Croates au palmarès impressionnant mais sans finale européenne à leur actif, pour s'offrir leur première médaille dans un Championnat d'Europe. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, après une qualification acquise pour le prochain Euro 2008 en Norvège, la France composte son billet pour le prochain Mondial en 2007 en Allemagne, étant sûre de terminer dans les trois premiers rangs.
FICHE TECHNIQUE
France : Gardiens de but: Omeyer, Ploquin. Marqueurs: Fernandez (5), G. Gille (1), B. Gille (5), Girault (1), Narcisse (1), Karabatic (3), Abati (1), Abalo (2), Guigou (10, dont 6 pen.)
Croatie : Gardiens de but: Losert, Sola. Marqueurs: Sulic (3), Balic (3), Lackovic (2), Vori (1), Dzomba (10, dont 5 pen.), Sprem (1), Metlicic (3)
ESPAGNE - DANEMARK : 34-31 (15-16)
C'est donc l'Espagne qui rejoindra la France en finale de l'Euro. Malmenée par des Danois opportunistes, les Espagnols ont mis quarante minutes à se mettre dans le match et faire la différence dans le dernier quart d'heure. Déjà demi-finaliste en 2002 en Slovénie, le Danemark n'est pas parvenu à garder le faicble avantage acquis à la mi-temps (16-15) pour finalement s'écrouler en fin de rencontre (34-31), la faute à l'expérience espagnole qui a fait la différence. Car, même s'ils ont remporté leur premier titre majeur en décembre 2005, les Ibériques sont habitués des phases finales.
En remportant leur demi-finale, les Espagnols joueront leur troisième finale européenne, après 1996 et 1998 où les Russes et les Suédois les avaient privé d'une couronne européenne. Comble du sort, le Danemark échoue pour la troisième fois d'affilée en demi-finale et retrouvera la Croatie pour le match de la troisième place, comme en 2002. Rang auquel les Danois sont "abonnés" depuis 2002. Pour boucler la boucle, la France retrouvera ainsi l'Espagne en finale, après une première confrontation au premier tour et une bataille pour la médaille de bronze en 2000 remportée par les Ibériques.
Pour terminer dans les statistiques, l'Espagne est le troisième équipe à pouvoir réaliser un fait rare : enchaîner un titre mondial avec un titre européen. Seules la Suède et la Russie l'ont fait : en 2000 pour les premiers et en 1997 pour les seconds. Enchaînant leur deuxième finale d'affilée en phase finale internationale, l'Espagne pourrait bien être la troisième...
FICHE TECHNIQUE
Espagne : Gardiens de but: Hombrados, Barrufet. Marqueurs: Entrerrios (3), Urios (5), Rocas (5, dont 3 pen.), Garabaya (1), Davis (1), Garcia (4), Romero (10, dont 1 pen.), Ortega (4), Rodriguez (1)
Danemark : Gardiens de but: Hvidt, Asmussen. Marqueurs: Aagaard (3), Jorgensen (2), Jensen (4, dont 2 pen.), Rasmussen (1), Christiansen (2), Boldsen (1), Spellerberg (4), Knudsen (7), Hansen (1), Stryger (3), Leegaard (3)
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