Girault: "Le cadeau"

Olivier Girault, qui disputait dimanche à Pékin le dernier match de sa carrière sportive, a déclaré après la victoire de l'équipe de France en finale des Jeux Olympiques 2008 qu'il était un "joueur, un capitaine et un homme comblé".

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Crédit: Eurosport

Olivier GIRAULT, un titre olympique en guise de fin de carrière, n'est-ce pas l'idéal ?
O.G. : C'est magnifique, il n'y a pas de plus belle manière de finir une carrière. Je suis un joueur, un capitaine et un homme comblé aujourd'hui. C'est mon dernier souvenir de joueur, cela restera le plus beau, je m'en souviendrai toute ma vie. Dans toutes les compétitions, il y a énormément d'équipes qui veulent la même chose que nous. On m'a souvent dit "tu pourrais continuer à jouer quelques années". Mon souhait, c'était de finir sur la pente ascendante. Je ne suis pas sur la pente ascendante, je suis au sommet de tout ce que j'aurais pu espérer dans ma vie de joueur. C'est le plus beau cadeau que mes potes de l'équipe de France pouvaient me faire.
Croyiez-vous cette médaille d'or possible avant les Jeux ?
O.G. : Pour moi, ce titre était un rêve. C'étaient mes troisièmes JO, à chaque fois on a calé en quart, ça a été une grosse souffrance. Aujourd'hui, on s'est encore battu, il y a eu beaucoup de sacrifices dans le courant de cette préparation et on est récompensé. Je suis heureux du résultat mais aussi de la manière. Heureux pour ce groupe et tous les gens qui travaillent derrière, c'est un groupe qui fonctionne bien, une récompense pour tout le handball français.
Comment avez-vous vécu cette finale ?
O.G. : Le déroulement du match était limite idyllique mais il ne faut pas se dire que c'était facile. C'est justement parce qu'on a beaucoup travaillé pour cette finale, beaucoup analysé. On ne s'est pas dit avant "qu'est-ce qu'on fera si on est champion olympique". Etre champion olympique, c'est à la fin des 60 minutes, on les a attendues. On a beaucoup travaillé sur la vidéo pour savoir comment contrer cette attaque islandaise, qui a été magnifique pendant tout le tournoi. On y est parvenu et on savait que c'était la clé de la réussite.
Alors que la France a quasiment toujours mené au score, avez-vous savouré votre victoire avant même la fin du match ?
O.G. : Non, parce que dans notre sport, les retournements de situation ça arrive. Il ne fallait pas tomber dans le piège. C'est sûr que quand il restait trente secondes, on savait que le match était gagné mais on est resté concentré jusqu'au bout, il fallait faire un match plein.
Qu'est-ce qui a changé au sein de l'équipe depuis les Jeux d'Athènes ?
O.G. : C'est la maturité. Le match contre les Russes en quart ressemblait à celui perdu à Athènes, sauf qu'on savait qu'on ne lâcherait rien. Cette équipe a gagné en maturité. On gagne des matches qu'on ne gagnait pas avant. Avant, on faisait de très, très bons matches, mais on pliait par manque d'expérience des matches importants. Le signe indien est vaincu, on est très heureux de la manière. Ce n'est que le début, c'est magnifique ce qui est arrivé aujourd'hui. Mais cette équipe ne va pas s'arrêter la, elle a encore de grandes choses à faire. On va savourer ce titre historique mais elle va vite se reconcentrer sur l'avenir. Moi, je ne serai pas là.
Les Experts sont-ils plus forts que les Costauds ou les Barjots ?
O.G. : Ce n'est pas la question d'être mieux. C'est une continuité. En 1992, l'histoire a commencé avec des mecs extraordinaires qui ont été chercher le bronze. A partir de là, l'équipe de France s'est créée une vraie identité. On continue. L'âme de cette équipe de France existe depuis 1989 puis 1992 et je pense qu'elle existera bien après nous.
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