Un cap de franchi

Les Françaises ont tordu le cou à la malédiction qui semblait les poursuivre depuis deux ans en se hissant en demi-finales du Championnat du monde, où elles affronteront l'Espagne vendredi. Mais si elles ont fait tomber une barrière, elles ne veulent pas s'arrêter là pour autant.

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Crédit: Eurosport

Sorties en quart de finale de leur Mondial par la Roumanie après prolongation en 2007 à Paris-Bercy, les Bleues avaient vécu la même expérience amère l'année suivante aux JO de Pékin face à la Russie. "Quand on perd et qu'on a le sentiment d'être tombée sur plus fort, c'est la loi du sport, mais là ça avait laissé un sentiment d'injustice et pas mal de frustration" encore accentués par des polémiques sur l'arbitrage, raconte Camille Ayglon.
L'une des plus expérimentées d'un groupe jeune, l'arrière de Metz, âgée de 24 ans, était de celles qui avaient été chargées d'assurer la transition après les nombreuses retraites post-olympiques. Mais encore une fois le sort avait compliqué la tâche des Tricolores en leur proposant un "groupe de la mort" à l'Euro-2008 (Danemark, Roumanie, Hongrie) auquel elles n'avaient pas survécu.
On comprend donc qu'après deux défaites cuisantes face au Brésil et au Danemark, les Françaises se soient senties au bord du gouffre la semaine dernière à Wuxi lorsque les Suédoises menaient au score dans le match de la dernière chance. "Le groupe a été à deux doigts de basculer. On a senti les joueuses proches de baisser les bras et de se dire: "Ca y est, une fois de plus on ne va pas s'en sortir", reconnaît l'entraîneur Olivier Krumbholz.
Rébellion
"Et puis il y a eu l'énergie du désespoir, il y a eu de la rébellion, parce que quelques filles ont refusé la défaite alors qu'on n'était pas très loin de l'accepter", rappelle le coach, pensant au coup de gueule poussé dans les vestiaires par l'ailière Siraba Dembélé, l'une des anciennes, bien qu'elle n'ait elle aussi que 23 ans. Après ce déclic depuis si longtemps espéré, l'équipe est montée en puissance match après match, enchaînant les performances de haute volée notamment contre l'Allemagne et la Russie, championne en titre. Elle reste sur six succès d'affilée.
"On savait que ce qu'on produisait au début n'était pas ce dont on était capable. On a attendu d'être au pied du mur pour réagir, mais maintenant tout le monde arrive à s'épanouir dans le jeu. Il y a une homogénéité qu'on n'avait pas auparavant. On n'a pas l'impression qu'il n'y a même pas un an qu'on travaille toutes ensemble. Les victoires amènent la confiance, le moral et l'envie de bouffer tout le monde", explique Ayglon.
Le danger, immédiatement pointé par Krumbholz, est "de se croire arrivé". "Les textos qu'elles reçoivent, c'est: "il faut aller jusqu'au bout", "vous êtes inarrêtables".Il faut les protéger de leur propre entourage qui a tendance à s'enflammer", souligne le sélectionneur, à la tête de l'équipe depuis dix ans. Mais Ayglon affirme qu'"il n'y aura pas de péché de suffisance"."On sait très bien que ça va monter d'un cran et que les Espagnoles ne sont pas là non plus pour jouer la quatrième place. On aura l'agressivité qu'il faut dès le début du match", assure-t-elle.
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