Paris 2024 : En finale contre la Norvège, pourquoi les handballeuses françaises sont si fortes dans le "money time"
Publié 10/08/2024 à 00:48 GMT+2
En finale des Jeux Olympiques face à la Norvège samedi (à suivre à 15h sur MAX), l'équipe de France féminine de handball va tenter de conserver son titre. Invaincues depuis le début de la compétition, les joueuses d'Olivier Krumbholz dégagent une sérénité impressionnante particulièrement dans les moments chauds. Mais comment expliquer cette maîtrise et cette solidité mentale ?
Laura Glauser et les Bleues lors des Jeux Olympiques à Paris en 2024
Crédit: Getty Images
Le contraste est saisissant. Entre l'élimination cruelle et la fébrilité dégagée par les handballeurs en quart de finale et la qualification sur le fil et la confiance de leurs homologues féminines en demie, il y avait un monde. Menées de trois buts à dix minutes de la fin par les Suédoises, les Bleues n'ont jamais semblé paniquer, jusqu'à égaliser à… 15 secondes du terme pour s'offrir une prolongation au cours de laquelle elles ont déroulé. Mentalement, elles dégagent une force impressionnante qui pourrait encore bien leur servir samedi face à la Norvège pour rafler à nouveau l'or olympique.
Mais quel est donc leur secret ? Bien sûr, il y a les qualités intrinsèques d'un groupe très étoffé sur le plan athlétique. Evidemment, il y a les progrès en attaque réalisés ces derniers mois dans le jeu rapide qui leur ont permis d'afficher une moyenne supérieure à 30 buts marqués par match depuis le début de la compétition (et ce sur 7 rencontres !). Reste que jeudi, les Bleues avaient des difficultés offensivement et ne pouvaient pas s'appuyer sur ce secteur pour se rassurer.
Glauser - Sako, une complémentarité et une assurance tous risques
Alors patiemment, elles se sont repliées sur leurs bases, persuadées que leur heure finirait par arriver. "La défense a été énorme, elles me mâchent le travail. Et la chance qu'on a, c'est que comme on n'est pas en attaque, on n'est pas impactées (par les échecs face au but, NDLR) donc ça nous permet de prendre du recul, d'être stables, calmes derrière. C'est un travail d'équipe", insistait la gardienne titulaire Laura Glauser après la victoire.
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Le doublé olympique en vue : comment les Bleues ont arraché leur place en finale
Video credit: Eurosport
Cette dernière n'avait d'ailleurs pas assez de compliments pour sa doublure, Hatadou Sako, décisive dans cette fin de partie et dont les arrêts ont permis cette remontée. Le niveau des deux gardiennes de l'équipe de France représente une sorte d'assurance tous risques, de nature à rassurer les troupes même quand tout ne tourne pas rond comme lors de cette demi-finale contre la Suède. De cette manière, le doute et la fébrilité ne se propagent pas.
"Je voudrais aussi la féliciter : Laura fait des matches incroyables et c'est aussi pour ça qu'on gagne, soulignait de son côté Hatadou Sako. A chaque fois qu'elle a commencé un match, elle a fait le taf. Je connais mon rôle aujourd'hui en équipe de France. Je sais à quel point notre complicité et notre complémentarité peut être importante. A chaque fois qu'on commence un match, on se le dit : 'Demain, on est ensemble.' Je pense que c'est ce qui fait notre force. Elle a super bien commencé, et forcément à un moment, il y a un trou d'air. Et mon rôle, c'est d'arriver et de lui dire : 'T'inquiète pas, je reviens mettre de l'essence dans tout ça et on va trouver cette stabilité à deux.'"
Un groupe où tout le monde sait ce qu'il fait et pourquoi
Comme Sako le dit en creux, si les deux gardiennes bleues atteignent ce niveau de performance, elles le doivent à leur talent mais aussi et peut-être surtout à la force du groupe. De ce point de vue, beaucoup de crédit revient évidemment à Olivier Krumbholz dont le management permet à chacune de savoir quelle est sa place et surtout de l'accepter pour apporter sa contribution. La gestion par le sélectionneur du dernier temps mort du temps réglementaire avant l'égalisation face à la Suède est un modèle du genre.
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Horacek sauve la maison bleue à 15 secondes du buzzer ! La demie file en prolongations
Video credit: Eurosport
Là encore, la comparaison avec celui pris par Guillaume Gille lors du quart masculin contre l'Allemagne à 6 secondes de la fin est cruelle. Alors qu'une certaine confusion régnait chez les handballeurs, les handballeuses, elles, savaient exactement ce qu'elles avaient à faire, co-construisant avec leur entraîneur cette attaque à 7 qui a débouché sur le but fondamental de Tamara Horacek. La sérénité des Bleues n'est pas un affichage, elle résulte d'un travail de fond et d'une écoute fondamentale qui leur permet de rester lucides quand il le faut absolument.
"Je ne suis pas avec l'équipe lors des temps morts, je suis avec les collègues gardiennes. Mais je suis sûre qu'il (Krumbholz) a trouvé les mots pour nous permettre de garder la tête froide, témoignait encore Glauser. On s'était dit entre nous qu'il fallait avoir la tête froide et le cœur chaud et effectivement, ce soir (jeudi), on est vraiment allé la chercher avec le cœur." La recette est simple d'apparence, mais le fruit d'années de travail et de vie en commun. Elle est sans doute leur plus grand atout pour réaliser un doublé historique.
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