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Tokyo-2020: Un boulevard pour Paris-2024, ou une impasse?

Un boulevard pour Paris 2024, ou une impasse?
Par AFP

Le 08/09/2013 à 12:32Mis à jour Le 08/09/2013 à 23:22

La France espérait la victoire de Tokyo pour l'organisation des JO 2020 pour une possible candidature de Paris en 2024. Suffisant pour y croire ?

La victoire de Tokyo, samedi, au terme de l'élection de la ville hôte des JO-2020, ouvre à première vue un boulevard à une candidature européenne (Paris?), à moins que la règle non écrite de l'alternance n'oriente le CIO vers les Etats-Unis ou l'Afrique.

Les responsables français étaient d'ailleurs tout en retenue, samedi soir, quelques instants après la victoire des Nippons qui succèderont en 2020 à Rio de Janeiro. Bernard Lapasset, chef de la cellule française des relations internationales, était quasiment le plus optimiste pour une candidature tricolore: "C'est une bonne nouvelle. Maintenant, nous allons analyser le vote", résumait-il, plus enthousiaste en tout cas que Tony Estanguet, membre bizuth du CIO, qui votait pour la première fois à Buenos Aires. "2024? Il va falloir regarder. L'Europe est en difficulté. Il ne faut pas se précipiter, il y a beaucoup de choses à voir, à analyser, avant de lancer une candidature", estimait le triple champion olympique de canoë. "Aujourd'hui, on ne sent pas un front européen. Plutôt que de tous se lancer, il faut discuter (entre pays européens), sinon l'Europe aura du mal à avoir les Jeux".

De front européen, il n'y en eut en effet pas une ombre, samedi soir, la plupart des voix du continent se reportant sur Istanbul lors du tie-break contre Madrid pour départager les deux villes arrivées deuxième à égalité au premier tour. Preuve que beaucoup de métropoles du Vieux Continent, à commencer par Rome, nourrissent elles aussi des ambitions pour 2024. Y aller, ou pas? C'est d'autant plus la question que l'alternance des continents, principe qu'applique le CIO avec beaucoup de rigueur depuis l'après-guerre, pourrait bénéficier pour cette édition aux Etats-Unis, qui n'ont pas accueilli les Jeux depuis 1996 (Atlanta) et sont revenus en grâce au CIO avec la résolution du conflit sur les droits marketing, ou à l'Afrique, dernier continent encore inexploré.

"Il faut avoir des amis"

"Le choix de Tokyo, cela ouvre aussi la voie aux Etats-Unis", notait Estanguet tandis que Denis Masseglia, le président du comité national et sportif français (CNOSF) misait lui davantage sur le continent noir. "Il est fort possible qu'il y ait une candidature africaine, probablement Durban (Afrique du sud), anticipait-il. On est exactement sur la même longueur d'ondes qu'avant l'élection. On va prendre le temps d'analyser tout ça, de se concerter pour qu'il y ait une cohérence maximale de la démarche. Mais il est vrai que si c'était Madrid, ce serait différent." Certains, pourtant, pressent la France de se déclarer, à l'image du vice-président du CNOSF Jean-Luc Rougé, partisan de la "candidature de témoignage", autrement dit une persévérance que Paris-2012 n'a pas eue.

"Une candidature se construit avant de l'avoir déclarée", renchérit le Sénégalais Diamil Faye, expert du monde olympique, impliqué dans le succès de Tokyo. "Pour gagner, Il faut avoir des amis. Si la France se porte candidate, elle doit se tourner rapidement vers sa base naturelle, sentimentale et amicale, à commencer par la francophonie". Avant de partir pour Buenos Aires, Bernard Lapasset ne disait pas autre chose: "Il n'y a aucune raison de lancer une candidature (olympique) sur la seule foi de ce que l'on aura vu à Buenos Aires. Il faut d'abord tisser des liens solides et permanents avec des gens qui ont des positions dominantes. On aura ensuite le temps de s'organiser, de lancer des études d'opportunité ou de faisabilité", reprenait-il, rappelant que la date limite de dépôt des candidatures pour les JO de 2024 est fixée à septembre 2015. Demain en quelque sorte.

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