Rugby à sept : Au tour des Bleues de vaincre le signe indien
Eurosport sur Google"France 7" au féminin fait partie des trois équipes qui dominent le circuit mondial… au classement. Parce qu'en termes de trophée, les Bleues restent à la case zéro pointé. Difficile à expliquer, tant elles tutoient régulièrement la victoire (trois podiums en cinq étapes cette saison). Cinquièmes à L.A., elles ont vu les Français y signer une performance historique. A leur tour, d'ici Paris 2024 ?
Rugby à 7 : La déception des Françaises, battues en quart à L.A. par le Canada | 03/03/2024
Crédit: Getty Images
53-0. L'Afrique du Sud leur a servi de punching-ball, dans le match pour la cinquième place, dimanche à Los Angeles. Les Bleues du rugby à sept y ont terminé en beauté un tournoi des plus frustrants. Pendant que l'équipe de France masculine débloquait un compteur enrayé depuis 2005, elles ont manqué l'occasion de décrocher leur premier trophée sur le circuit mondial, pour signer un doublé retentissant. "Elles doivent être très déçues par rapport à ça, mais elles en sortiront grandies", espère Marie Sempéré.
La perspective d'une telle consécration s'est envolée dès les quarts, dans un match que les Françaises abordaient en favorites contre les Canadiennes (19-28). "Tu ne peux pas gagner un quart de finale quand tu prends trois cartons jaunes, Canada ou pas Canada", déplore notre consultante, ancienne joueuse des Bleues, à sept comme à quinze. Elle signale l'anomalie que représente la virginité du palmarès tricolore : "Ça fait deux ans que la triplette France - Nouvelle-Zélande - Australie domine…" et qu'un seul de ses membres ne concrétise point.
Illustration avec le classement mondial, après cinq étapes : Anne-Cécile Ciofani (meilleure joueuse du monde en 2021) et ses coéquipières sont troisièmes, fortes de trois podiums. Alors, que leur manque-t-il pour enfin aller au bout d'un tournoi, victorieusement ? "Il n'y avait pas Caroline Drouin ni Camille Grassineau, qui sont le ciment de cette équipe, relate Sempéré, concernant la dernière déception en date. Mais je pense que les autres joueuses avaient largement les compétences pour passer."
Problème mental ou tactique ?
Plus globalement, c'est la mission d'enchaîner deux victoires face à des ténors qui lui paraît constituer le principal écueil : "Les Françaises ont toutes les armes pour gagner. Elles ont une équipe de fou et un noyau de joueuses qui évoluent ensemble depuis 2018. Il faut qu'elles parviennent à éliminer deux grosses équipes de suite, en demie et en finale." Illustration à Vancouver, avec un succès 21-19 face à l'Australie, avant de prendre la foudre contre la Nouvelle-Zélande (35-19) et de repartir avec de l'argent autour du cou.
Ancien joueur des Bleus devenu coach, Jérémy Aicardi identifie un axe de progression stratégique : "Les Françaises utilisent très peu le jeu au pied, ou le font maladroitement (…) Je pense qu'elles doivent vraiment s'améliorer sur les coups d'envoi". Tandis que Marie Sempéré "ne pense pas que cela soit tactique" : "Je pense que c'est mental (…) Il n'y a plus de complexe d'infériorité, mais en termes de faculté à être là le jour J, les Blacks Ferns me semblent au-dessus des Françaises et des Australiennes."
Aicardi considère aussi que les porteuses du maillot à la fougère argentée, bien que deuxièmes dans la hiérarchie planétaire, forment l'équipe à battre : "Les Néo-Zélandaises ont une motricité d'appui, sur les crochets… là-dessus, elles sont supérieures aux Françaises. En qualité de passe et agressivité, les Bleues n'ont en revanche rien à leur envier." Pour résumer : c'est aux deux nations de référence qu'on compare la France, alors que l'Irlande (6e) a triomphé à Perth cette année.
Il est temps pour Séraphine Okemba (quatre essais lors de la fessée infligée aux Sud-Africaines) et compagnie d'en finir avec une incongruité que leur coach, David Courteix, n'a pas manqué de souligner récemment dans L'Equipe : "Toutes les équipes du Top 6 (Etats-Unis, Canada et Irlande en plus du fameux trio, ndlr) ont gagné au moins un tournoi, à part nous. Statistiquement, c'est incompréhensible."
Marie Sempéré affiche sa confiance, quant à l'issue de cette course à la première marche du podium, alors qu'il reste trois événements d'ici aux Jeux Olympiques de Paris 2024 (Hong Kong, Singapour et Madrid). "Il faudrait faire une médaille d'or avant d'arriver aux JO, idéalement (…) Mais un jour, ça va passer. Si ça passe fin juillet au Stade de France, on sera content", conclut-elle dans un sourire.
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Ciofani et Okemba font le break en 2 minutes et les Bleues verront les demies
Video credit: Eurosport
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