Grand Chelem | Clarisse Agbégnenou à Tbilissi pour relancer la machine
Mis à jour 22/03/2025 à 12:06 GMT+1
Revoilà Clarisse Agbégnenou. Troisième des Jeux Olympiques de Paris l'été dernier, la Française remonte sur le tatami ce samedi à l'occasion du Grand Chelem de Tbilissi, qui doit lui servir de tremplin pour les championnats d'Europe (23-27 avril, à Podgorica), son objectif de la saison. Avec en toile de fond une nouvelle organisation autour d'elle, à valider.
Clarisse Agbégnénou Jeux Olympiques de Paris 2024
Crédit: Getty Images
Clarisse Agbégnenou fait sa rentrée dans sa catégorie des -63 kg samedi à Tbilissi, théâtre géorgien du quatrième Grand Chelem de l'année. Avec l'envie de redorer son blason et une soif de revanche qu'elle ne pourra étancher qu'aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 2028. Car l'année 2024 qui devait être si belle a été celle d'une frustration évidente. La licenciée du Red Star Club de Champigny-sur-Marne n'a pu réaliser son tour de force - unique à ce jour - de 2021 : remporter la même année les titres mondial et olympique. Troisième aux championnats du monde à Abou Dabi en mai, qui faisaient figure de répétition générale pour Paris 2024, la Française avait fini sur la même marche du podium de l'Arena Champs de Mars, en juillet.
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Clarisse Agbegnenou, médaillée de bronze en individuel et d'or par équipe aux Jeux Olympiques de Paris 2024
Crédit: Getty Images
Habitée par les sentiments les plus contradictoires dans la chaleur de l'été parisien, entre "l'énervement" du podium et la "fierté" légitime d'une troisième médaille olympique (argent à Rio, or à Tokyo), la reine du judo tricolore avait dans un constat sibyllin évoqué "un choix tactique pas très judicieux" aux Mondiaux qui lui avait "coûté une finale olympique".
Changement d'entraîneur et de coach
Méconnaissable (7e) à l'Euro en octobre 2023 à Montpellier, elle s'était alors retrouvée au soir des Jeux de Paris privée de tous ses titres internationaux majeurs individuels, une première depuis 2017 et un véritable tremblement de terre à l'échelle de cette championne de caractère, qui à 32 ans jure ne pas en avoir fini avec la grande scène et le goût du défi.
C'est donc à Tbilissi qu'elle a donné rendez-vous avec la jeune garde du judo mondial, dans la perspective de conquérir un sixième titre européen, au bout d'un planning agité. Inscrite en -70 kg au Grand Prix de Paris en février dernier, celle qui reste championne olympique par équipe a fait l'impasse sur le rendez-vous de Bercy dans un contexte compliqué.
Privée de son entraîneur Ludovic Delacote, promu coach principal de l'équipe de France masculine, elle a aussi réclamé au comité de sélection de France Judo d'être retirée de la liste des Bleus envoyés aux championnats du monde (13-20 juin à Budapest, en Hongrie) pour la basculer sur celle des Euro (du 23 au 27 avril à Podgorica, au Monténégro). "Je ne suis pas en accord avec ça…, a-t-elle justifié. Je suis en reprise depuis les Jeux olympiques de Paris et mon but, et le seul, était de reprendre progressivement... c'est-à-dire faire une compétition avant les championnats d'Europe et me positionner sur les championnats d'Europe."
Tests en vue contre Beauchemin-Pinard et Van Lieshout
Voilà comment, au passage, Melkia Auchecorne, 20 ans, double championne du monde Junior en titre dans sa catégorie des -63 kg, a fait le chemin inverse. Avec l'éventualité de prendre la lumière et poser des problèmes de riches aux sélectionneurs.
Pour préparer son retour à la compétition, Clarisse Agbégnenou a choisi Gianni Locarini, son référent à l'INSEP, entraîneur "mobilité" et complice de ses titres olympiques à Tokyo, pour assurer la suite de Ludovic Delacotte. Avec la légende britannique Jane Bridge, une ancienne championne du monde qui a rejoint le groupe France en début d'année, sur la chaise pour la coacher. Une nouvelle organisation qui va donner une vraie tendance dès ce samedi, car les obstacles ne manquent pas dans le tableau de Clarisse Agbégnenou. Exemptée de premier combat, la sextuple championne du monde va rencontrer la locale Mtchedlishvili, puis devrait se frotter à la Roumaine Ivanescu ou la Russe Badurova, avant de croiser probablement l'Israélienne Sharir.
Avant de s'attaquer à des valeurs établies, en demi-finale théoriquement contre la Canadienne Beauchemin-Pinard, qui l'avait battue en quart de finale aux Mondiaux 2024, puis en finale contre la Néerlandaise Joanne van Lieshout, championne du monde en titre. Clarisse Agbégnenou veut savoir où elle en est, vite, et même en l'absence de la championne olympique de Paris, elle va pouvoir se situer dans la hiérarchie avant son objectif européen.
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