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Grand Slam de Paris | Alpha Oumar Djalo (PSG) : "J'ai un plan et je suis ambitieux"
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Publié 05/02/2023 à 00:19 GMT+1
GRAND SLAM DE PARIS - Alpha Oumar Djalo a explosé depuis six mois sur la scène internationale. Vainqueur du Grand Prix de Zagreb en juillet dernier en battant Saeid Mollaei, le licencié du PSG s'est affirmé depuis comme le leader en équipe de France dans une catégorie des -81 kg qui se cherchait un patron. Le Tournoi de Paris, dimanche, n'est qu'une étape pour cet ambitieux bien entouré.
Alpha Djalo en juillet 2022.
Crédit: Imago
"Plus beaucoup de gens croyaient en moi", avez-vous dit après votre victoire au Grand Prix de Zagreb.
Alpha Oumar Djalo : J'ai donné la possibilité aux gens de penser que je serais un bon judoka mais que je ne réussirais jamais à passer le cap. Lorsque les Jeux de Tokyo ont été reportés, j'ai passé un an à ne faire que des premiers tours, à traverser le monde entier sans avancer. J'ai donné de l'incertitude aux gens et ils ont alors perdu espoir en moi. C'est pour ça que j'ai dit ça à Zagreb.
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Une victoire sur Mollaei : Djalo, l'or et la manière
Video credit: Eurosport
Ce titre a été un déclic, la concrétisation de principes, d'un chemin sur lesquels vous êtes resté avec détermination.
A.O.D. : Je suis quelqu'un de très rigoureux. Ma vie est cadrée, millimétrée. C'est ma personnalité. A l'entrainement, je suis quelqu'un de très fort, mais j'ai eu du mal à transposer ça en compétition. Aujourd'hui, j'y arrive petit à petit. Il y a encore plein de choses à travailler pour exploiter tout mon potentiel avec Bruce Van Hessche. On a des plans, des stratégies pour les compétitions. Il a toujours été là, surtout dans les mauvais moments.
Nicolas Mossion, votre entraîneur au PSG, dit que vous êtes capable de gérer une avance au score, que vous avez à chaque fois un plan, des schémas qui vous permettent d'aller au bout.
A.O.D. : Complètement. Ce sont des schémas travaillés, répétés à l'entraînement. A force de perdre, j'ai dû apprendre. Je regarde et j'analyse beaucoup mes combats. Ça m'arrive de faire des séances et de reproduire ça pendant quarante minutes. Reproduire, encore et encore. C'est dur mais en compétition, ça tilte dans mon cerveau. Je sais que là, il va falloir garder le score, être bien précis, continuer et avoir un peu d'audace. Parce qu'il en faut pour gagner.
Au PSG, le deuxième entraîneur, Florent Urani, souligne que vos stratégies sont de plus en plus claires.
A.O.D. : Oui. Tout est clair dans ma tête, bien dans des cases. Je sais me tenir à une stratégie, la garder. Mais Florent et Nico sont des gens assez humbles. Ils n'en parlent pas, mais tous ces résultats sont dus au travail fait ensemble.
Qui sera sur votre chaise au Grand Slam de Paris ?
A.O.D. : Daniel Fernandes. J'ai fait des médailles avec lui au Masters de Jérusalem et à Tokyo l'an dernier (bronze). Il faisait du beau judo. C'est quelqu'un d'apaisé dont j'ai besoin.
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Grand Slam Tokyo : Djalo s'adjuge le bronze en -81kg
Video credit: Eurosport
Dans un combat, qu'attendez-vous justement en termes de coaching ?
A.O.D. : Avec Dany, je n'attends rien car ce qu'il me propose est très bien aujourd'hui. Dany et Nicolas sont assez similaires : ils ont des tempérament assez calmes, assez posés. Ils savent que c'est ce dont j'ai besoin. Ça marche bien. Ils me connaissent, savent ce que je suis capable de produire. Quand il faut me ralentir, me parler.
Comment votre judo a-t-il évolué pour en arriver là, déjà ? Que vous manquait-il pour aller plus haut ?
A.O.D. : A un moment donné, j'étais un peu trop stéréotypé : j'avais deux mouvements, ippon seoi nage et ko ochi / o ochi gari. Aujourd'hui, j'ai ouvert mes axes en ajoutant plusieurs sens de direction. Même sur mon kumi kata (prise de garde), c'est plus dur de me lire, savoir où je vais attaquer, et je suis beaucoup plus précis. Aujourd'hui, il est rare que je monte sur quelqu'un en sachant que je ne pourrai pas le faire tomber sur un mouvement.
Quand on est judoka, on aime forcément le Japon, sa culture, tout ce qu'il a apporté. Cette troisième place à la Coupe Kano a dû être quelque chose de fort.
A.O.D. : Oui, c'est un rêve d'enfant. Quand on est enfant, on regarde les podiums et on ne voit que des Japonais. Pouvoir dire qu'on a fait une médaille à la Kano en battant pour ça un Japonais a été un grand moment. Une case que j'ai cochée dans ma tête aussi.
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Alpha Oumar Djalo sur le podium du Grand Slam de Tokyo 2022 avec Takanori Nagase, Kenya Kohara et Sotaro Fujiwara
Crédit: Getty Images
Hormis ce titre à Zagreb, vous êtes aussi allé chercher pas mal de places de troisième. Etes-vous un combattant que l'entraîneur doit remobiliser pour aller chercher une médaille ou est-ce dans votre nature de vous reconditionner facilement ?
A.O.D. : Je dis toujours : c'est à la fin du bal qu'on paie les musiciens. On ne crache pas sur une médaille, peu importe son métal. Quand on perd en demie, il reste du temps, il faut se remettre dedans. Ça reste un combat. On a toujours le temps après de faire le bilan sur le match perdu, sur ce qui n'a pas fonctionné. Mais sur le coup, je vais au bout des choses.
Le plus incroyable dans ces combats décisifs est que vous battez des têtes d'affiche : le vice-champion du monde Saeid Mollaei en finale à Zagreb, Takeshi Sasaki à la Coupe Kano, et puis Guilherme Schmidt, vainqueur des Grands Chelems d'Antalya et Budapest, au Masters de Jérusalem.
A.O.D. : Ces gens, sur le papier, étaient plus forts que moi. Mais j'avais à chaque fois un plan bien goupillé avec Bruce. Il fallait taper des top 30, des top 20. Puis des tops 10 et des top 5. Aujourd'hui, j'ai réussi à battre les cinq premier mondiaux sur l'ensemble des quatre dernières compétitions auxquelles j'ai participé. C'est des billes, de la confiance. Mais ce n'est pas une finalité. Je suis quelqu'un d'ambitieux. J'ai des objectifs bien précis.
Être 11e mondial, ça ouvre forcément d'autres perspectives.
A.O.D. : Aujourd'hui, je suis 11e mondial et 4e sur la ranking list olympique. Pour le moment, je suis tête de série pour Paris 2024. Être 11e mondial, sur les Grands Slams, les tableaux sont plus ouverts. Mais il faut battre les gars. Je suis en capacité de le faire.
Que vous inspire le Grand Slam de Paris, le plus grand tournoi du monde ?
A.O.D. : Beaucoup de plaisir et de bonheur. C'est un plaisir de représenter mon pays, de briller en France, d'avoir ma famille et mes amis présents. Je suis parfaitement conscient de la chance que j'ai de vivre de mon métier, combattre à Paris. La vie n'est pas facile et je m'estime chanceux. J'essaie d'en profiter.
Ce tournoi de Paris est le moyen pour vous de consolider cette place de leader en moins de 81 kg, à trois mois des championnats du monde.
A.O.D. : Oui, pas pour les autres mais pour moi. Mes résultats me positionneront en tant que leader, et rien d'autre. Aujourd'hui, je n'ai pas honte de dire que c'est moi le leader en France, tout en restant humble. Encore une fois, c'est à la fin du bal qu'on paie les musiciens !
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