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Decosse, la douleur de l'argent

Decosse, la douleur de l'argent
Par Eurosport

Le 12/08/2008 à 12:30Mis à jour

Lucie Decosse a été battue en finale des -63 kg mardi à Pékin par son adversaire de toujours, la Japonaise Ayumi Tanimoto, déjà sacrée aux Jeux en 2004. Chez les garçons (-81 kg), Anthony Rodriguez n'a pas dépassé le 1er tour.

Lucie Décosse ne peut pas nourrir de regrets. Elle s'est fait piéger de façon imparable par la Japonaise Ayumi Tanimoto sur une belle projection (uchi mata) après 90 secondes de duel en finale des -63 kg mardi à Pékin, dans le gymnase de l'Université des Sciences et des techniques. Une fois de plus, le combat paraissait équilibré entre deux prétendantes, qui croisent régulièrement le fer depuis leurs années de junior (finale des Mondiaux 2000), et qui s'étaient opposées en finale des Mondiaux 2005 et 2007, à l'avantage de la Française la première fois et de l'Asiatique lors de la seconde.

Dans la peau de la favorite, la judokate licenciée au Lagardère Paris Racing a malheureusement laissé traîner sa manche droite de kimono. Elle avait connu une première alerte quelques secondes plus tôt. La seconde offrit à l'Asiatique le contrôle de la situation et finalement son second titre olympique après celui acquis en 2004 à Athènes. Le poids de l'expérience à ce niveau a donc peut-être fait la différence.

"C'est vrai que je n'étais pas la favorite, même s'il j'étais championne olympique en titre", a expliqué Tanimoto. "Beaucoup de gens m'ont soutenue et je suis si heureuse d'avoir remporté la médaille d''or. Etre deux fois championne olympique est incroyable, spécialement dans cette catégorie si difficile des -63kg, toujours très compliquée".

En matinée, Lucie Decosse avait fait preuve d'une autorité et d'une patience sans faille contre la Slovène Urska Zolnir, l'Israélienne Alice Schlesinger et l'Allemande Anna Von Harnier. Le combat contre Zolnir, 3e des Jeux 2004 et des Mondiaux 2005, avait été à sens unique : après 39 secondes tout était réglé. Une projection sur un mouvement de rotation (hiza guruma) avait précédé une liaison au sol parfaite conclue sur une clé de bras classique (jugi gatamé). La suite avait été beaucoup plus fermée contre la résistante Schlesinger, 3e du championnat d'Europe 2008. La licenciée de Lagardère Paris Racing s'en était encore sortie sur un hiza guruma sanctionné par un koka. Elle avait rajouté un yuko sur un mouvement de bras sur une amenée au sol à 26 secondes de la fin. Face à Harnier, vice-championne du monde 2003, le début de combat avait été stérile et l'arbitre avait distribué deux shido après une minute. La Française avait alors haussé le ton et réglé la germanique en trente secondes sur un uchi mata (ippon).

En demi-finale, après la pause de mi-journée, la gauchère tricolore avait été encore formidable de panache, inlassablement entreprenante face la Nord-Coréenne Im Ok Won, 3e des championnats d'Asie, rapidement sanctionnée d'un shido, l'équivalent d'un koka. Puis tout s'était décanté sur un contre (yuko) aggravé par un o soto gari (waza ari) suivi d'un o uchi gari (waza ari) qui a terminé le combat en ippon.

Les médailles de bronze sont allées à Elisabeth Wolleboordse (P-B), championne d'Europe 2005, et à Won Ok-Im (CDN). Elles ont battu respectivement la championne du monde Driulis Gonzalez (CUB) et Claudia Heill (AUT), vice-championne olympique 2004.

Chez les garçons, le parcours d'Anthony Rodriguez, 28 ans, vice-champion du monde 2007, a été abrégé en -81 kg par le Cubain Oscar Cardenas, qui a gagné la bataille de la prise de garde avant de placer un grand fauchage extérieur (o uchi gari) à 1 min 30 sec de la fin du combat, et qui a alourdi la note à 56 sec de la fin sur une planchette japonaise (tomoe nage) crédité d'un waza ari. Malheureusement, le Caribéen a été éliminé au tour suivant par le Portugais Joao Neto (ippon), ce qui a mis fin aux espoirs de repêchages du judoka de l'US Orléans.

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