Judo | Lucie Décosse, cap sur Los Angeles : "On veut mettre en place de la concurrence"

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Tout juste nommée responsable des Bleues, sous l'autorité de Frédérique Jossinet, manager de l'Equipe de France, la championne olympique (2012) et triple championne du monde Lucie Décosse a ouvert un cycle de quatre ans qui doit mener aux Jeux de Los Angeles. Avec pour première mission de relancer la machine, six mois après des JO que certaines têtes d'affiche digèrent encore.

Lucie Décosse

Crédit: Getty Images

Frédérique Jossinet, manager de l'équipe de France, a dit que votre promotion à la tête des Bleues arrivait "au bon moment", qu'elle était comme une "évidence". C'est votre sentiment ?
L. D. : Sûrement (rires). J'ai été dans le staff jusqu'en 2023, et j'avais pris du recul en 2024 pour suivre une formation de cheffe de projet, et j'ai aussi commenté les JO de Paris pour Eurosport. Cela m'a permis de voir les choses avec un peu plus de hauteur et me positionner dans cette fonction. Je n'ai pas sollicité la Fédération pour avoir ce poste, c'est elle qui est venue me voir. Je n'ai jamais coupé avec le judo et après une longue réflexion, j'ai accepté.
Si on a bien compris, vous ne serez pas entraîneure d'athlète, ni sur la chaise pour coacher ?
L. D. : Effectivement. Le constat est qu'un entraîneur-coach, investi sur les athlètes, qui participe ensuite en Comité de sélection, peut se retrouver dans une situation de malaise. Depuis les origines, les entraîneurs de judo - deux ou trois - étaient aussi sélectionneurs, ce qui diluait la responsabilité. Depuis 2021 et l'élection de Stéphane Nomis à la présidence de France Judo, il a été décidé qu'il n'y aurait plus d'entraîneur dans le Comité de sélection, seulement le responsable, qui est seul à justifier les résultats, les décisions, au lieu des trois auparavant. C'est plus clair pour les athlètes, pour qui les choix sont plus équitables. Forcément, ça peut être compliqué quand un entraîneur doit trancher en Comité de sélection entre l'athlète qu'il coache et sa rivale.
Vous allez continuer aussi d'inclure des entraîneurs de club au coaching sur certaines compétitions ?
L. D. : Oui. Cela s'est fait progressivement depuis quatre ans. Et il faut le faire un peu plus encore.
Cette réorganisation avait été promise par Stéphane Nomis après les JO de Paris, où l'équipe de France a atteint l'objectif de 10 médailles, mais échoué à obtenir de l'or chez les dames...
L. D. : Il a dit quelque chose de factuel. On n'a pas eu de médaille d'or ni même de finale chez les Bleues, ce qui n'était pas arrivé depuis 2008.
Romane Dicko (+78 kg) était, comme Clarisse Agbégnenou (-63 kg), une candidate naturelle à l'or. À l'heure du bilan, on a entendu que le staff avait raté quelque chose au niveau de sa préparation…
L. D. : Je n'étais pas dans le staff, je ne peux me prononcer là-dessus. Même si j'ai échangé avec Christophe Massinat (ex-responsables des Bleues, ndlr) lors de la transmission du poste. Il faut préciser que mes anciens collègues sont allés au bout de leur mission dans un contexte un peu compliqué, parce qu'on leur a dit que des choses allaient changer début 2025. À l'arrivée du nouveau staff, l'objectif a été de fixer un cap tout de suite, d'être en action, faire le lien avec les athlètes, programmer les entraînements, planifier. On ne s'est pas encore penchés en détails sur le bilan de Paris 2024 et les choses à mettre en place. Vu la génération des Bleues, on veut mettre en place de la concurrence. On verra ce que ça donnera dans trois ans à Los Angeles, si on aura des finales avec des athlètes déjà médaillées ou des jeunes.
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«C'est pas terminé» : Agbegnenou, du crève-coeur au rendez-vous dans 4 ans

Video credit: Eurosport

Justement, on va voir Melkia Auchecorne samedi au Grand Chelem de Paris. À 20 ans, son palmarès est impressionnant, avec deux titres mondiaux Juniors en -63 kg, la catégorie de Clarisse d'Agbégnenou…
L. D. : Elle dispute son deuxième Grand Chelem de Paris. L'an dernier, elle avait battu au 1er tour la Canadienne Catherine Beauchemin-Pinard, vice-championne du monde en 2022, et s'était ensuite inclinée contre la Japonaise Kirari Yamagushi. En général - je ne dis pas que c'est automatique - mais avec un titre, sans même parler de deux, on se retrouve très vite dans les meilleures seniors. On serait contents qu'elle lance sa carrière ce week-end à Paris.
Faïza Mokdar revient aussi pour défendre sa couronne acquise en février 2024 (en -57 kg), en battant les deux Canadiennes en compétition pour la sélection olympique, Jessica Klimkait et Christa Deguchi, finalement sacrée l'été dernier...
L. D. : Oui. Malheureusement, Faiza s'est ensuite arrêtée au 1er tour aux championnats d'Europe et aux championnats du monde. Cela n'a pas été facile, mais elle a envie de confirmer à Bercy.
Plusieurs têtes d'affiche tricolores blessées ou en méforme (Riner, Agbégnenou, Dicko) ont déclaré forfait pour ce tournoi à domicile. Vous comprenez la déception d'une partie du public ?
L. D. : Oui, évidemment. Malheureusement, mais ce n'est pas l'athlétisme, les athlètes ne sont pas payés pour aller faire un meeting. Une compétition de judo n'est pas un gala. Celui ou celle qui n'est pas prêt n'est pas sélectionné, en fait. Les filles ou les garçons qui étaient aux Jeux ont fait une grosse coupure, et ceux qui ne sont pas prêts ne combattent pas.
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