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Mondiaux 2017 : Un an après Rio, Teddy Riner renfile enfin son kimono

Un an après Rio, Riner renfile enfin son kimono
Par AFP

Le 28/08/2017 à 09:56

MONDIAUX 2017 - Il y a un an, Teddy Riner était à nouveau champion olympique à Rio. Un an plus tard, le judoka Français, invaincu depuis 128 combats, part à la conquête d'un neuvième sacre mondial à Budapest.

On ne l'a plus vu sur un tatami depuis qu'il a conservé sa couronne olympique à Rio l'été dernier. Un an plus tard, le Français Teddy Riner, superstar du judo, part à la conquête d'un neuvième sacre aux Mondiaux-2017, qui débutent lundi à Budapest.

Il y a deux ans à Astana, au Kazakhstan, le poids lourd est devenu le judoka le plus titré de l'histoire des Championnats du monde, hommes et femmes confondus, en s'offrant sa huitième médaille d'or mondiale (sept consécutives en +100 kg depuis 2007, une en toutes catégories en 2008). Une neuvième, au début de l'olympiade qui doit le mener jusqu'aux Jeux de Tokyo en 2020, grandirait encore sa légende.

Preuve de la domination sans partage de Riner (28 ans) : quasiment sept ans se sont écoulés depuis sa dernière défaite. Un revers infligé le 13 septembre 2010 par le Japonais Kamikawa Daiki en finale des Mondiaux toutes catégories. Depuis, le colosse (2,02 m, 140 kg) est invaincu : il reste sur une vertigineuse série de 128 combats gagnés. Du jamais-vu.

Teddy Riner

Teddy RinerAFP

Après son deuxième sacre olympique mi-août 2016, Riner s'est accordé une longue pause, jusqu'en janvier. Ce qui lui a valu d'atteindre sur la balance "des sommets inégalés" comme il l'avait alors pudiquement esquissé. Des pépins physiques - tibia douloureux en mai puis coude récalcitrant en juin - l'ont ensuite empêché de renouer avec la compétition au printemps comme il l'avait envisagé.

Un an sans compétition

C'est donc sans avoir combattu de la saison - mais allégé de 25 kg - que le Français aborde le rendez-vous hongrois. Pas de quoi inquiéter son entraîneur, Franck Chambily. "Après (les Jeux de) Londres, il avait déjà fait très peu de compétitions avant les Mondiaux-2013, seulement les Championnats d'Europe (où il avait été titré, ndlr)", rappelle Chambily. "Il a très bien géré son problème de surpoids. Il est à son poids de forme, 140 kg, là où il a tous ses repères."

"J'aurais préféré reprendre avant les Mondiaux, reconnaît Riner. Mais j'ai suffisamment d'expérience dans ces tournois pour savoir comment ça marche, je n'arrive pas dans l'inconnu." "Je ne pense pas que ce soit plus difficile parce que je n'ai pas eu de compétitions avant. Je sais ce que je dois faire et l'envie est là", affirme-t-il.

Teddy Riner lors des Mondiaux d'Astana

Teddy Riner lors des Mondiaux d'AstanaAFP

Rendez-vous samedi pour la locomotive du judo français, systématiquement deuxième meilleure nation derrière le Japon depuis les Mondiaux-2010 et qui compte bien se montrer à la hauteur à Budapest, fort d'une redoutable équipe féminine (Andéol, Agbegnenou, Tcheuméo, Gneto...).

Cela pourrait s'avérer décisif dimanche lors de la nouvelle épreuve par équipes mixtes (trois catégories messieurs comme dames), qui fera son entrée au programme olympique en 2020.

Génération 2020 pour le Japon

S'il fallait trouver à Riner un pendant féminin, ce serait la Kosovare Majlinda Kelmendi : la double championne du monde (2013, 2014) et triple championne d'Europe (2014, 2016, 2017) en -52 kg n'a plus perdu depuis novembre 2015. La voilà à 29 combats remportés d'affilée.

On voit mal ce qui pourrait empêcher celle qui a offert à son pays le premier titre olympique de sa jeune histoire, à Rio, d'ajouter une troisième couronne mondiale à son palmarès, à 26 ans.

Kosovo's Majlinda Kelmendi (white) celebrates after defeating Japan's Misato Nakamura

Kosovo's Majlinda Kelmendi (white) celebrates after defeating Japan's Misato NakamuraAFP

Comme toujours l'équipe à battre, le Japon va lui devoir composer sans ses trois champions olympiques en titre : Shohei Ono, Mashu Baker et Haruka Tachimoto, respectivement concentré sur ses études, blessé et indécise sur la suite à donner à sa carrière.

A trois ans des JO dans sa capitale, le pays berceau du judo fait le pari de la jeunesse, sous la houlette de Kosei Inoue : dix des dix-huit judokas nippons sélectionnés vont vivre sur les tatamis hongrois leurs premiers Championnats du monde. Ils affichent à peine plus de 22 ans de moyenne d'âge, et la moitié d'entre eux s'est déjà fait une place dans le top 5 mondial par catégorie. A l'image de Sarah Asahina (+78kg), 20 ans seulement et déjà victorieuse du prestigieux tournoi de Paris mi-février, puis du Grand Slam d'Ekaterinbourg (Russie) fin mai. Gare à la génération 2020.

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