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Jeux Paris 2024 | "On a un feeling tous les deux" : Pourquoi Riner a renoué avec Chaumont, son coach historique
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Publié 08/07/2024 à 13:31 GMT+2
Christian Chaumont a retrouvé avec plaisir et ambition Teddy Riner, qu'il avait coaché pendant presque douze ans en club. A trois mois des Jeux Olympiques de Paris, l'ex-directeur technique du Levallois Sporting Club a été rappelé par le champion pour donner un nouvel élan à sa préparation. Il nous explique comment les deux complices ont réactivé cette collaboration.
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Video credit: Eurosport
Christian Chaumont est un entraîneur comblé. Il a repris en main la préparation du plus grand judoka français de tous les temps dans la dernière ligne droite des Jeux Olympiques de Paris 2024, avec un cahier des charges connu depuis Tokyo 2021 : conquérir une troisième médaille d'or individuelle. Une récompense que l'unique Tadairo Nomura a décrochée en 2004, dans la foulée de ses consécrations en 1996 et 2000.
Bien sûr, le colosse guadeloupéen n'a pas besoin de courir après un autre palmarès pour prouver ou se prouver quoi que ce soit. Il avance comme il l'a toujours fait depuis sa révélation sur la grande scène, en 2007 ; animé d'une passion pour son art, d'une envie renouvelée de montrer un esprit offensif, des techniques audacieuses dans une catégorie des lourds dont il a fait de ses apparitions un spectacle, un happening permanent.
"J'ai dit 'bien sûr !'"
Tout paraissait en place, mais pourtant Teddy Riner sentait que quelque chose n'allait pas à l'approche du grand rendez-vous domestique. Une routine à changer malgré une histoire fructueuse, constellée de titres avec son entraîneur, Franck Chambilly. Le besoin d'un nouveau tour d'horizon, pour travailler les choses d'un point de vue différent. Parce que sa marge de manœuvre a paru moins évidente ces derniers mois face à des adversaires qui l'ont mis en difficulté, comme Inal Tasoev en finale des Mondiaux 2023. A Doha, le grand Teddy avait été sacré suite à erreur d'arbitrage, corrigée rétrospectivement par l'attribution conjointe du titre au Russe.
Mi-avril, il a contacté le coach de ses années au Levallois Sporting Club (2009-2017) et suivi au Maroc, jusqu'à environ six mois des Jeux Olympiques de Tokyo. "Il m'a appelé pour savoir si j'étais partie prenante, qu'on fasse quelque chose tous les deux. Même si j'avais un peu décroché, j'ai dit 'bien sûr !, si c'est pour t'accompagner il n'y a pas de souci'", nous a confié Christian Chaumont, qui confirme sa présence sur la chaise à l'Arena Champ de Mars, le 2 août.
"Tout frais, tout plein d'envie"
Le programme, concrètement ? "C'est toujours ce qu'on a fait pendant pratiquement 12 ans : remettre du dynamisme, répond le spécialiste de la saisie - entre autres -, prérequis fondamental qui permet à un judoka de s'installer pour lancer ses mouvements préférés. On a un feeling tous les deux. C'était intéressant pour lui de remettre de nouvelles choses dans sa préparation." Et de rassurer sur les dispositions de son champion, "tout frais, tout plein d'envie."
Les bases de cette nouvelle collaboration en place depuis un stage au Japon, fin avril, Teddy Riner s'est aussi occupé de verrouiller son statut de tête de série, avec ses victoires aux Grands Chelems d'Antalya, le 31 mars, et de Douchanbé, le 5 mai. Sa place dans le top 8 assurée, il s'est ensuite aligné aux Opens de Marrackech, où il réside depuis des années, et de Madrid. Des participations qui ont fait penser à un match à distance pour la 6e place avec Tatsuro Saito lorsqu'il s'est aligné aux Opens de Marrackech et de Madrid. Et qui devait se terminer par une confrontation à Lima, le 22 juin. Teddy Riner a laissé penser qu'il pourrait faire le déplacement pour rester devant le sélectionné nippon, il n'en était rien.
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Tushishvili premier gros morceau, le 2 août
"On n'avait pas du tout l'intention d'aller à Lima, tranche Christian Chaumont. Comme Teddy n'avait pas fait les championnats du monde, l'objectif était qu'il fasse une ou deux tournois pour ne pas lâcher le système de compétition avant les Jeux. Lima, ça faisait loin en transport. On a limité la fatigue du voyage en faisant les deux plus proches. On savait très bien qu'il allait gagner les deux Opens et les points c'était la cerise sur le gâteau. C'était toujours mieux sur le ranking mais ce n'était pas l'objectif principal du tout. L'objectif, c'était l'entraînement. L'intérêt aurait juste été d'avoir Saito dans les mains une dernière fois avant les Jeux."
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Le fils d'Hitoshi, champion olympique 1984 et 1988, a donc fait un demi-tour du monde pour un tournoi à quatre, gratter quelques points et repasser 6e. Un bénéfice finalement dérisoire puisque la Russie a renoncé à envoyer des judokas à Paris, s'estimant humiliée par la décision du CIO de n'autoriser que quatre de ses athlètes sur le tapis. Exit donc l'encombrant Inal Tasoev, n°2 à la ranking list…
Les éligibles remontés d'un cran derrière le n°1 mondial sud-coréen Kim Minjong, champion du monde en titre, Teddy Riner a donc hérité de la tête de série n°6 ; avec pour adversaire théorique le Géorgien Guram Tushishvili (n°3) en quart de finale. Avant de se frotter vraisemblablement au Tadjik Temur Rakhimov (n°2) ou à l'Ouzbek Alisher Yusupov (n°7) en demi-finale, et sans doute à un champion du monde en finale, Kim Minjong ou le Cubain Andy Granda, titré en 2022. Une feuille de route qui permet à Teddy Riner de cibler un peu plus sa préparation. "Sans négliger personne", rappelle Christian Chaumont.
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