Au fond, cela sonnerait presque comme une évidence. Après tout, les judokas sont chez eux au Japon, et il n’y aurait donc rien d’anormal à ce qu’ils profitent des Jeux Olympiques organisés à Tokyo pour montrer la voie. Celle qui mène aux podiums. Car c’est un fait : historiquement, le judo est l’une des disciplines qui rapporte le plus de médailles à la France lors des JO (49 au total, depuis 1964). Les Tricolores seront ainsi logiquement attendus de pied ferme au Nippon Budokan, du 24 au 31 juillet. Enfin, surtout les dames.
Toutes les filles sont médaillables
Tokyo 2020
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Hormis Teddy Riner, dont le statut et l’aura en font une figure à part, les messieurs sont en effet dans le creux de la vague, comme en attestent des résultats souvent décevants ces dernières années. Sauf surprise - qui reste ardemment souhaitée -, ce sont essentiellement les Bleues qui vont lutter pour monter sur la boîte. Avec de très belles cartes à jouer à tous les étages. "Toutes les filles sont médaillables", nous confie même Automne Pavia.
"Je suis très optimiste pour elles, poursuit celle qui a été triple championne d’Europe en -57kg (2013, 2014, 2016). Chacune a les capacités pour claquer un podium, comme elles l’ont prouvé tout au long de l’année." Difficile de lui donner tort tant les Françaises ont accumulé les victoires, ont fait leur nid dans les hauteurs du classement mondial et décroché plusieurs titres prestigieux. Le groupe féminin est certes très compétitif depuis longtemps déjà. Mais force est de constater que la sélection qui a débarqué à Tokyo a sacrément fière allure.

Shirine Boukli, Amandine Buchard et Clarisse Agbegnenou lors de leur arrivée à Tokyo.

Crédit: Getty Images

Trajectoires différentes, objectif identique

Tout d’abord parce qu’elle est guidée par Clarisse Agbegnenou, co-porte-drapeau (avec Samir Aït-Saïd) et candidate déclarée à l’or dans la catégorie des -63kg. "Clarisse, c’est la patronne de l’équipe, sourit Automne Pavia. Mais ce qui fait la richesse de ce groupe, c’est aussi la diversité des profils qui le composent." La fougueuse Shirine Boukli (-48kg) n’a pas encore un CV très garni, mais elle a déjà accroché la leader japonaise Funa Tonaki et la double championne du monde Daria Bilodid (qu’elle pourrait retrouver au 2e tour samedi) à son tableau de chasse.

Une attaque tranchante en bordure et Boukli surprend Bilodid : la finale en vidéo

Privée des Jeux de Rio à cause de la balance et montée en -52kg depuis, Amandine Buchard, mentalement libérée par son récent sacre européen, veut rattraper le temps perdu. Madeleine Malonga (-78kg) et Romane Dicko (+78kg) ont très vite chamboulé la hiérarchie, alors que la plus discrète Sarah-Léonie Cysique (-57kg) récolte les fruits de sa régularité. Quant à Margaux Pinot (-70kg), elle a arraché sa sélection au terme d’une intense lutte avec sa compatriote Marie-Eve Gahié et n’a certainement pas envie d’en rester là. Toutes ont suivi des trajectoires différentes. Mais toutes peuvent avoir le même objectif, à savoir atteindre une médaille.

Sarah-Léonie Cysique : "Clarisse Agbegnenou est un modèle"

Une nouvelle génération qui a "tout à gagner"

"Cette équipe est en plein renouveau, la nouvelle génération est en train de se faire sa place", analyse Automne Pavia. D’ailleurs, hormis Agbegnenou, aucune de ces combattantes n’a participé à des Jeux Olympiques par le passé. Un problème ? "Pas du tout, et j’en suis la preuve, affirme celle qui avait obtenu une belle médaille de bronze à Londres. Elles sont jeunes et ont tout à gagner. Je ne m’inquiète pas pour elles."
Habituées à passer du temps ensemble, sur les tapis de l’INSEP, en stage et bien sûr en compétition, les protégées de Larbi Benboudaoud et de son staff ont en outre noué de véritables liens d’amitié. "Face à un contexte sanitaire pesant, elles se sont toujours soutenues. Et puis, leurs personnalités collent bien ensemble," note Pavia. Avant d’ajouter, en guise de conclusion : "J’ai eu quelques échos, et je peux vous garantir qu’elles ont hâte d’en découdre." Les supporters français, eux, ont hâte de vibrer avec elles.

Romane Dicko / Masters de Doha (2021)

Crédit: Getty Images

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