UFC - Conor McGregor est-il encore un combattant de MMA, à l'heure d'affronter Max Holloway ?

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Conor McGregor va faire son retour au combat contre Max Holloway dans la nuit de samedi à dimanche. La plus grande star de l'histoire du MMA va combattre à nouveau, cinq ans après. Des années pendant lesquelles il n'a jamais cessé de faire parler de lui. Entre dopage, condamnation pour viol ou encore sorties racistes, l'Irlandais est devenu une figure médiatique nauséabonde plus qu'un athlète.

Conor McGregor va faire son retour à l'UFC 5 ans après son dernier combat.

Crédit: Getty Images

Le revoilà. Conor McGregor s'apprête à remettre un pied dans un octogone, cinq ans après sa dernière apparition et une blessure terrible, un tibia brisé façon Djibril Cissé, en plein combat. Le tout dans une nouvelle catégorie de poids, les -77 kg. Une sacrée prise de masse pour "The Notorious", ancien champion des -66 kg et -70 kg de l'UFC.
L'explosion des chiffres sur la balance était inévitable, au vu de la consommation d'alcool et de drogues affichée par l'intéressé, qui a lentement changé les traits de son visage. Sans compter les produits dopants utilisés pour se remettre sur pied, littéralement, après sa blessure, une fracture complète du tibia et du péroné. "Je ne sais même pas ce que j'ai pris, je ne veux pas savoir, a-t-il lancé dans The Ariel Helwani Show, un podcast bien connu des fans de MMA. Tout ce que je voulais savoir, c'est si j'allais être de nouveau sur pied, être capable de jouer avec mes enfants."
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Le visage de Conor McGregor a complètement changé entre 2019 (à gauche) et 2025 (à droite).

Crédit: Getty Images

Selon le New York Times, la prise de substances illégales aux yeux de l'USADA - l'agence antidopage américaine - est la raison de la sortie du programme antidopage de l'UFC de McGregor fin 2021. D'ailleurs, quand son retour commençait à se préciser fin 2023, le bonhomme a refusé de se soumettre aux six mois de tests imposés par l'USADA aux athlètes réintégrant le programme.

McGregor est devenu infréquentable...

L'affaire a poussé l'agence américaine à mettre fin à son partenariat avec l'UFC, sentant bien que la plus grande ligue mondiale de MMA était plus encline à se fâcher avec l'antidopage qu'avec la plus grande star de l'histoire de ce sport. Désormais, l'UFC s'est dotée de son propre organe de lutte antidopage, créé par elle et pour elle, bien moins transparent que ce que pouvait proposer l'USADA. C'est dire à quel point Conor McGregor reste une poule aux œufs d'or aux yeux de l'UFC, même inactif. Et encore, si seulement il s'agissait du seul problème soulevé par son retour au combat.
L'image du MMA n'a jamais été vraiment lisse et les personnages torturés, aux parts d'ombre dévorantes, plaisent souvent au public. Dans le cas de l'Irlandais, il ne s'agit pas de ça. Mais plutôt d'offrir le combat principal de l'UFC International Fight Week — une semaine de promotion de l'UFC tenue chaque année, où les fans rencontrent des combattants, etc... — à un homme condamné en 2024 par la justice civile irlandaise à verser 250 000 euros de dommages et intérêts à une femme qui l'avait poursuivi pour l'avoir "brutalement violée et battue".
Il avait également été accusé de viol par une autre femme en 2023, en marge d'un match des finales NBA entre les Denver Nuggets et le Miami Heat, au Kaseya Center de Miami. Les charges ont été abandonnées, faute de preuves suffisantes pour dépasser le "doute raisonnable", avait communiqué le procureur à l'époque. Le même soir, il avait asséné un violent crochet gauche à la mascotte du Heat à la mi-temps, avant d'envoyer un nouveau coup alors qu'elle était au sol, l'expédiant aux urgences par la suite. Le tout dans le cadre d'une opération marketing pour... un spray antidouleur.

... mais pas pour tout le monde

Loin d'être exemplaire, McGregor s'est pourtant, un temps, rêvé en dirigeant politique de son pays. En tant qu'Irlandais le plus connu au monde - titre disputé avec Bono du groupe U2 - "The Notorious" s'est lancé le défi de "sauver l'Irlande" comme président. Même s'il n'aurait pas changé grand-chose avec ce rôle essentiellement honorifique dans le système politique irlandais, il a finalement retiré sa candidature faute de soutiens. Il faut dire qu'en 2025, quand il s'est lancé dans cette course électorale, McGregor était déjà devenu infréquentable.
A ses affaires judiciaires, il avait déjà ajouté quelques sorties racistes, assurant notamment, lors d'une rencontre avec Donald Trump à la Maison Blanche, que "le racket de l’immigration illégale cause des ravages dans notre pays" et que "l’Irlande est peut-être sur le point de perdre son identité". Il ne sera question de rien de tout ça à la T-Mobile Arena dans le Nevada. Plutôt de savoir si McGregor a encore quelque chose dans les poings. Une lourde défaite enterrerait sûrement le personnage à jamais. En tout cas sportivement. Le contraire pourrait le propulser encore un peu plus haut dans le monde du MMA, qui a tendance à avoir la mémoire courte concernant sa superstar.
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