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Stoner touché
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Publié 18/05/2012 à 12:45 GMT+2
Casey Stoner (Honda HRC) motive sa prochaine retraite par des raisons familiales. Il a surtout mal toléré le traitement qui lui a été fait et ne supporte pas la perspective de la disparition des prototypes MotoGP.
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Le monde de la vitesse moto a été pris de court, jeudi au Mans, par l'annonce de la retraite de Casey Stoner à la fin de la saison. La rumeur courait depuis quelque temps, mais l'Australien de Honda HRC l'avait démentie. Le maître du temps en piste voulait rester le maître du timing en coulisses. "C'est plus qu'une chose négative pour la MotoGP, car nous perdons le champion du monde en titre et l'actuel leader du classement général", a estimé Valentino Rossi. "D'un point de vue technique, c'est une grosse perte pour la catégorie. Personnellement, je perds un grand rival", a complété le septuple champion du monde italien, présent à ses côtés en conférence de presse. Ce dernier sait depuis l'an dernier à quel point l'Australien avait eu du mérite de faire avancer la Ducati jusqu'au titre mondial, en 2007, lui qui attend encore de la faire gagner au moins une fois en Grand Prix.
"Il n'en pouvait plus !"
Comment donc un double champion du monde de 26 ans, au sommet de son art, a-t-il pu en arriver à cette extrémité ? "Casey préfère mener une vie de famille tranquille, c'est sa décision", a commenté Jorge Lorenzo (Yamaha Factory), champion du monde en 2010, et numéro deux mondial. Certes, l'intéressé a d'abord expliqué sa décision par des considérations familiales, mais il a ensuite décliné les raisons pour lesquelles la MotoGP lui pesait, à tout point de vue. Depuis 2009 en fait. "Cette saison fut très dure pour moi, les gens ne voulaient pas croire que je souffrais d'une intolérance au lactose", a-t-il accusé. C'est vrai, à l'époque l'hypothèse d'une dépression nerveuse avait cours dans le paddock. Couronné champion en 2007, l'as de Ducati avait subi en 2008 la loi de Valentino Rossi - non sans lutter - et s'était inexplicablement écroulé l'année suivante. Jusqu'à se mettre en congé de la catégorie en pleine saison.
En avril dernier, Valentino Rossi pensait encore que les problèmes techniques qui le minent actuellement avaient eu raison de la motivation de son prédécesseur. "Tout va bien sauf que cette moto te dévaste. Stoner est resté chez lui pendant trois mois (ndlr : trois courses en fait) en 2009. Il n'en pouvait plus !", déclarait l'as de Tavullia dans un entretien à Moto Revue, fin avril. Sauf que Stoner avait opéré un retour gagnant en Australie et en Malaisie, avant de connaitre une saison 2010 assez erratique. Sans doute le mode decrescendo de Stoner chez Ducati avait-t-il entretenu la confusion dans bien des esprits. Splendide champion à son arrivée chez Ducati, en 2007, il avait signé dix victoires. Puis six, quatre et enfin trois, avant d'aller se revigorer chez Honda en 2011. S'octroyant un nouveau titre assorti de douze succès.
"On retourne en arrière"
Pilote d'instinct, équilibriste hors pair, Stoner s'était fait vite remarquer en MotoGP en 2006, en décrochant une pole avec l'équipe privée Honda LCR au Qatar, où il était arrivé en manque de sommeil suite à un voyage compliqué. La saison suivante, chez Ducati, sa confiance aveugle en l'électronique embarquée lui avait permis de dominer, à un niveau jamais répliqué par ses coéquipiers ou successeurs à Borgo Panigale. Jusqu'au plus illustre d'entre eux, frappé du N.46. "Stoner est au-dessus du lot en vitesse pure", tranchait Jorge Lorenzo au dernier Grand Prix d'Espagne, à Jerez. Le Majorquin sait de quoi il parle pour s'être frotté au "Docteur" Chez Yamaha, de 2008 à 2010.
Fort d'une Honda officielle qu'il dompte comme nul autre pareil, Stoner aurait donc décidé de s'en aller par dépit de la nature humaine ? Non, l'avenir de la catégorie file juste un mauvais coton. Cet amoureux des prototypes sophistiqués ne supporte pas le virage "production" dessiné cette année par la Fédération internationale de motocyclisme à travers les CRT. Un insupportable nivellement par le bas selon lui. Malheureusement, le seul moyen permettant de réduire les coûts et de remplumer des grilles de départ devenues faméliques. "Il y a beaucoup de raisons qui m'ont fait perdre la patience et la joie de ce sport. On n'avance pas, on retourne en arrière. Il faudrait que les gens dans cette pièce (ndlr : de la conférence de presse) se rendent compte du championnat auquel ils ont droit, avant qu'il ne disparaisse", a expliqué Stoner hier, à la veille des premiers essais du Grand Prix de France. "Ça serait sympa d'avoir encore de grosses bagarres en tête, mais avec une poignée de motos d'usine devant et toutes les CRT derrière, ça ne risque pas de se revoir avant un bon moment".
Atteint par la perspective de ce qu'il dénonce comme une uniformisation, il ne veut pas tricher, faire l'année de trop. "J'ai vais apprécier cette année, mais si je continue ce sera à moitié de ma faute. Ce ne serait pas correct vis-à-vis de Honda et de tout le monde dans l'équipe si je ne me donnais pas à 110%."
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