En Moto3, le titre revient toujours au plus méritant. C'est l'essence même de la catégorie. Longtemps, on a cru que Jorge Martin (Del Conca Gresini - Honda) serait une exception. Lui, certainement pas. Malgré les chutes dont il n'était pas responsable, comme au Mans, ou les blessures qui ont plombé son été, l'Espagnol n'a jamais lâché prise. Parce qu'il savait. Il était le meilleur.
Et si certains en doutaient encore, ils ont probablement été convaincus, ce dimanche, après la splendide victoire du Madrilène au Grand Prix de Malaisie. Celle qui reflète le plus sa saison. A Sepang, Martin est parti en pole comme il partait favori à l'entame du championnat. Chahuté dans le premier tiers de course, handicapé par un moteur moins perfomant comme il l'a été par un nerf pincé à la clinique mobile de Buriram, le futur pilote Moto2 a débranché.

La stratégie de Bezzecchi s'est retournée contre lui

Dixième au sixième tour, le talent âgé de 20 ans a abattu une barrière psychologique pour se retrouver deuxième, dans la roue de son rival Marco Bezzecchi (Redox PruestelGP - KTM) deux tours plus tard. Et la tactique de l'Italien, qui avait tenté de ralentir le groupe de tête pour installer un maximum de pilotes entre Martin et lui-même, s'est retournée contre lui.
Car à cinq tours de la fin, le n°1 mondial a pris les commandes. Et ne les a plus jamais lâchées. Mieux, il s'est échappé. Bezzecchi, qui avait gaspillé beaucoup d'énergie pour établir la stratégie qui lui offrirait le plus de chances de sacre à Valence, s'est écroulé. Débordé pour le podium par les deux pilotes Leopard Racing, Lorenzo Dalla Porta et Enea Bastianini, le protégé de Valentino Rossi a aussi laissé échapper la quatrième place qu'il devait absolumer sauver, au profit d'Albert Arenas (Angel Nieto - KTM). Lui aussi, aurait mérité d'être champion. Mais peut-être un peu moins.