MotoGP | Fabio Quartararo (Yamaha), un contrat à 25 millions d'euros et beaucoup moins de questions
Par Julien Pereira
Mis à jour 21/09/2024 à 10:16 GMT+2
Et si Fabio Quartararo avait fait le choix de la raison ? En prolongeant de deux ans avec Yamaha en avril dernier, le Français avait été accusé de privilégier un contrat juteux à ses objectifs sportifs. S'il n’a jamais caché que l’aspect financier avait compté, les changements récemment opérés par le constructeur japonais ont démontré qu’il avait bien d’autres raisons de poursuivre l'aventure.
Fabio Quartararo dans les stands durant le Grand Prix de Grande-Bretagne de MotoGP, le 3 août 2024
Crédit: Getty Images
Peut-être est-ce à cela, que l’on devine que Fabio Quartararo n’a pas grandi dans le "moule" français. Le champion du monde 2021 n’a jamais été un adepte de la langue de bois, y compris lorsqu’il a été invité à parler d’argent, sujet encore tabou dans le sport tricolore.
Ces derniers mois, précisément depuis que Yamaha a officialisé la prolongation de son contrat pour les deux prochaines saisons, le Niçois y a souvent été confronté. Parce que, pour beaucoup, y compris dans l’environnement du MotoGP, il était inimaginable qu’un pilote de son talent prolonge l’aventure avec la firme aux diapasons pour d’autres motivations qu’un juteux salaire.
Cette bulle de réactions, que le temps avait fini par éloigner, est subitement réapparue, ces derniers jours, après l’interview du "Diablo" dans le podcast "Legend" qui, précisons-le, s’adresse à un public large et assez éloigné de la discipline.
25 millions par an, vraiment ?
Guillaume Pley, animateur du podcast, l’a ainsi interrogé : "Des articles annoncent des sommes à 25 millions d’euros par an [pour son salaire, NDLR]. C’est dans cet ordre-là ?" Réponse de l’intéressé : "C’est à peu près ça."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/08/15/4027218.jpg)
Fabio Quartararo dans les stands durant le Grand Prix de Grande-Bretagne de MotoGP, le 3 août 2024
Crédit: Getty Images
Précisons, tout de même, que le montant évoqué correspond plutôt à l’entièreté de son contrat, qui porte donc sur deux saisons. D’autant qu’un peu plus tôt dans ce même podcast, lorsqu’il est questionné sur la rémunération des pilotes MotoGP, Quartararo évoque des montants pouvant aller "de 200 000 à 20 millions d’euros par an", et non pas 25.
Il y a quelques mois, nos confrères de Motorsport révélaient que les émoluments du Français tourneraient autour de 12 millions d’euros. Il s’agit là d’une base fixe, à laquelle peuvent s’ajouter divers bonus liés à des performances sportives ou marketing, comme c’est le cas pour la plupart des pilotes de son statut.
Le mieux payé au monde
L’enveloppe globale est donc importante, puisqu’elle fera du pilote de 25 ans le mieux payé de la grille. Marc Marquez, dont le solde avait fini par atteindre 20 millions d’euros chez Honda, a dû consentir à des efforts financiers importants (et seulement compensés en partie par ses sponsors) pour rallier Gresini.
Francesco Bagnaia, bien que double champion du monde en titre, est confronté aux plafonds imposés par le constructeur Ducati et percevrait autour de 6 millions d’euros annuels, en base fixe. Quartararo a donc hérité de l’un des plus gros contrats de l’histoire de sa discipline - dans la droite lignée de Valentino Rossi - qui le placerait même juste derrière les pilotes des "Tops Teams" de Formule 1.
Lors de sa première conférence de presse post-prolongation, et à chaque fois qu’il a été amené à l’évoquer, le Niçois a toujours admis que "l’aspect financier était entré en jeu" dans sa réflexion. Mais il a aussi toujours répété, à qui voulait l’entendre, qu’il n’en avait jamais fait le critère numéro un.
Révolution chez Yamaha
"El Diablo" a plutôt évoqué le changement de philosophie de Yamaha, l’arrivée d’ingénieurs clés comme Max Bartolini, ex-pièce maîtresse de Ducati, pour justifier sa décision. Pour le constructeur japonais, cette proposition découlait à la fois d’un besoin de le retenir et d’une volonté de lui témoigner son importance dans le projet. Ce qui n’est absolument pas négligeable.
C’est peut-être ce dont il avait le plus besoin : sentir que la firme nippone était encore suffisamment impliquée pour espérer retrouver le sommet de la discipline. Les moyens déployés, bien au-delà de son contrat, l’ont convaincu, au même titre qu’un élément majeur que le Français avait qualifié de "secret" à l’époque.
Élément révélé au grand jour en milieu de semaine : Yamaha s’apprête à abandonner son ADN pour développer une toute nouvelle architecture moteur, semblable à celle de ses rivales. Une vraie révolution. Et une preuve supplémentaire, s’il en fallait, qu’il n’y avait pas que l’argent qui comptait aux yeux de Quartararo.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité