Grand Prix de Thaïlande 2025 | De "ridicule" à "rival" : Fabio Quartararo (Yamaha), un nouvel espoir en MotoGP
Par Julien Pereira
Publié 26/02/2025 à 23:55 GMT+1
Nouvelle saison, nouvel horizon ? Après une deuxième partie d'année 2024 plutôt encourageante, un profond changement de philosophie adopté par Yamaha et des essais hivernaux réussis, Fabio Quartararo aborde le Grand Prix de Thaïlande et l'exercice 2025 avec beaucoup plus d'optimisme que les précédents. Sans, pour autant, envisager la conquête d'un nouveau titre.
Fabio Quartararo (Yamaha) lors des essais de pré-saison en Malaisie, le 6 février 2025
Crédit: Getty Images
C'était, autrefois, ce que les Anglais appellent un "no brainer". Il fut un temps où il était inutile d'interroger Fabio Quartararo sur ses ambitions saisonnières : il était un candidat au titre, point barre. Aujourd'hui, alors qu'il s'apprête à entamer sa septième saison en MotoGP, ce week-end, en Thaïlande, le Français n'a plus le luxe de pouvoir se fixer des objectifs, encore moins aussi élevés.
Le champion du monde 2021 et son écurie, Yamaha, ont traversé une trop longue période de doutes et de mauvais résultats pour prétendre à ce petit privilège-là. L'année dernière, pour la première fois de sa carrière en catégorie reine, le pilote de 25 ans a bouclé un championnat entier sans décrocher le moindre podium. Et il y a quelques mois encore, après avoir subi deux pannes d'essence en l'espace de trois Grands Prix, le Niçois s'agaçait d'être, avec son équipe, "ridicule sur la piste".
Yamaha à la sauce italienne
C'est donc peu dire que Quartararo part de loin à l'aube du championnat du monde 2025. En l'espace de quelques mois, pourtant, l'état d'esprit a radicalement changé. Et un léger vent d'optimisme a même gagné le box d'El Diablo. Les progrès aperçus en deuxième partie de saison dernière, durant laquelle il a décroché la moitié de ses points (64 sur 113) ont conforté les choix adoptés par Yamaha pour réduire un retard considérable accumulé ces dernières années.
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Fabio Quartararo (Yamaha) lors des essais de pré-saison à Buriram
Crédit: Getty Images
En prolongeant son contrat avec la firme aux diapasons, "El Diablo" avait obtenu du constructeur japonais qu'il enclenche, enfin, sa propre révolution. Le conservatisme, voire l'attentisme de la philosophie nippone, celle-là même qui avait consommé le divorce entre Marc Marquez et Honda, a enfin été remis en question. "Et tant que je serai là, l'ancienne mentalité ne reviendra pas", a assuré le pilote en fin d'année dernière, dans des propos relayés par crash.net.
Yamaha a ainsi donné beaucoup plus de poids à Lesmo, son siège européen situé près de Monza, et admis la supériorité italienne. La firme a ainsi recruté à tour de bras chez la rivale et donné toutes les clés de son projet technique à Max Bartolini, ex-membre important chez la référence, Ducati. Sous son impulsion, le constructeur japonais a acté un changement historique d'architecture de son moteur (en adoptant un V4 pour 2026), ce qui paraissait tout bonnement impensable il y a encore quelques années.
Je savais que Yamaha allait progresser, mais pas aussi vite
Dans cet élan, et grâce aux concessions que lui accorde le règlement - qui confèrent à certains constructeurs mal classés plus de latitude pour développer leur machine - Yamaha a retrouvé des couleurs. En Malaisie, Quartararo y a établi le 3e temps des essais de pré-saison. "Je suis très satisfait, avait-il alors confirmé. Entre 2019 et 2024, j'avais amélioré mon chrono de 6 dixièmes. Là, j'en ai gagné 8 en seulement quatre mois."
À Buriram, lors des derniers tests, le Français s'est de nouveau invité parmi les meilleurs (avec le 5e temps lors de l'ultime séance), malgré certaines lacunes tenaces de la M1. "Je savais que Yamaha allait progresser, mais pas aussi vite, a admis Davide Tardozzi, manager de l'équipe Ducati. Je connais très bien Massimo Bartolini. J'étais absolument certain qu’il les aiderait à beaucoup progresser. Avec Fabio, Ils ont un fantastique pilote. Donc, pour l’instant, il est notre rival."
"Il y a beaucoup d'autres marques qui sont devant, a préféré tempérer Quartararo. Il faut attendre quatre, cinq courses, mais je pense qu'on est encore très, très loin." Le pilote tricolore n'est pas subitement redevenu un candidat au titre. Mais au moins, l'espoir est de nouveau permis.
(Avec AFP)
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