Championnats du monde 2025 - Quatre ans sans perdre, écarts insensés : Marchand, monstre marin
Eurosport sur GoogleLéon Marchand a achevé ses Mondiaux dimanche en remportant un deuxième titre mondial. Le voilà septuple champion du monde et quintuple champion olympique. Il n’a plus perdu une finale mondiale ou olympique sur 4 nages depuis les JO de Tokyo. Alors même qu’il a connu des obstacles cette année, il maintient un niveau et une marge qui en font un monstre digne des plus grandes légendes de son sport.
Léon Marchand, invincible depuis 4 ans sur le 4 nages
Crédit: Getty Images
"Je suis premier après 100m. J'ai essayé de partir un peu plus vite, malheureusement j'ai un peu craqué à la fin." Ce 25 juillet 2021, Léon Marchand dispute sa première grande finale internationale lors des JO de Tokyo. Sixième du 400m 4 nages, il détient déjà le record de France mais reste loin des meilleurs. Il conclut d'une phrase au caractère prophétique qu’il ne soupçonne sans doute pas à ce moment précis : "La prochaine fois, ça passera peut-être." Non seulement c’est passé la fois d’après mais toutes les suivantes aussi.
Depuis cet été post-Covid, Léon Marchand n’a plus perdu une grande finale en 4 nages. Il a décroché six titres mondiaux et deux olympiques. Si on y ajoute les autres épreuves sur lesquelles il s’est aligné depuis, seuls Kristof Milak l’a devancé dans une grande finale lors du 200m papillon des Mondiaux de Budapest en 2022. Trois ans d’invincibilité donc à collectionner l’or.
4 secondes d'avance en moyenne !
Non seulement il règne mais sa marge, depuis les championnats du monde de Budapest, est devenue considérable sur ceux qui tentent d’exister. Sur 200m 4 nages, il a, en moyenne, près d’une seconde (0"87) d’avance sur son dauphin lors des JO et des championnats du monde.
Sur 400m 4 nages, l’écart grimpe à plus de 4 secondes (4"02). Pour le dire autrement, personne ne lui arrive à la cheville. Par la nature même des deux épreuves, très techniques, son invincibilité sur le 4 nages pourrait s’étendre dans le temps à la manière d’un Michael Phelps qui n’a pas perdu un 200m 4 nages entre 2004 et 2010.
Mondiaux et JO confondus, Marchand en est d’ores et déjà à onze titres en trois ans et deux records du monde. Sur la période, personne ne fait évidemment mieux parce qu’il est le plus grand talent de sa génération chez les hommes.
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Ian Thorpe et Léon Marchand
Crédit: Getty Images
Déjà dans le Hall of Fame
En seulement trois éditions de championnats du monde, il est déjà le 6e nageur le plus titré de l’histoire en individuel. Devant lui ? Le Hall of Fame de la natation : Michael Phelps, Ryan Lochte, Sun Yang, Grant Hackett et Caeleb Dressel. Même Ian Thorpe a fini par se faire dépasser cette semaine.
Si sa carrière s’arrêtait aujourd’hui, Léon Marchand figurerait déjà parmi les plus grands. Rassurez-vous, ces Mondiaux ont prouvé qu’il avait "toujours la flamme." Pas de retraite prématurée à la Mark Spitz, le Français, après une période de questionnement légitime post-JO, a retrouvé goût à la natation et donc à la victoire puisque, dans son cas précis, l’un ne va pas sans l’autre. À la manière d’un Michael Phelps, il a géré ses premiers grands succès olympiques avec beaucoup de finesse et de recul.
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Watch as Phelps left in awe as Marchand chases greatness
Video credit: Eurosport
Comme Phelps
En 2005, un an après ses huit médailles (dont six titres) aux JO d’Athènes, le plus grand nageur de l’histoire ne s’était aligné que sur deux courses individuelles aux championnats du monde de Montréal. Sans le savoir, Marchand a emprunté exactement le même chemin. Bien sûr les Mondiaux de Singapour n’ont pas le même éclat que les JO de Paris aussi bien pour leur poids sur la scène internationale que pour le butin amassé par le jeune homme de 23 ans mais ils offrent deux enseignements capitaux :
- 1. Léon Marchand a su gérer l’après-JO, un poison potentiel quand on connaît de tels succès.
- 2. Même sans être au sommet de sa forme, il maintient une avance démoniaque sur la concurrence sur le 4 nages. De quoi écoeurer les Japonais, les Américains, les Hongrois ou les Australiens qui essaient de lui chercher des poux sous le bonnet.
À trois ans de Los Angeles, le seul vrai objectif qui le fait vibrer désormais, les choses ont le mérite d’être claires. Désormais, il lui faudra trouver le chemin le plus efficace pour ne pas se lasser et étendre sa domination en 2028. Les Mondiaux, et évidemment les championnats d’Europe en France l’an prochain, ne sont que trois étapes sur la route de LA. Quelque chose nous dit que Marchand a déjà un plan ou au moins une intuition.
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