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Lefert, après la retraite
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Publié 22/09/2012 à 10:38 GMT+2
Clément Lefert a quitté les bassins pour la finance et les salles des marchés, un mois à peine après son sacre olympique en relais. Une décision surprenante à tout juste 25 ans, mais à l'image de ce Niçois lucide et déterminé.
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Dimanche 29 juillet à Londres, Clément Lefert crée la sensation avec ses copains du relais 4x100 m nage libre en décrochant l'or, une première dans cette épreuve dans l'histoire de la natation française. Un mois et demi plus tard, il surprend encore en annonçant l'arrêt de sa carrière sportive au profit d'une dernière parenthèse étudiante puis du "stress" d'une vie de trader, à partir de mai, au sein d'un "hedge fund" (fonds d'investissement), à Londres encore. Un trait est tiré sur les Mondiaux-2013 et les JO-2016 à Rio. "Je sais que ce n'est pas forcément facile à comprendre. J'ai pesé le pour et le contre. Mais le titre olympique a engendré très peu de retombées économiques pour moi. Je ne sais pas si des médailles aux Championnats du monde auraient changé la donne", justifie-t-il dans un entretien à l'AFP.
"Ce n'est pas une décision que j'ai prise du jour au lendemain. Cela fait cinq ans que j'ai commencé mes études et que je suis plus ou moins dans ce milieu de la finance", souligne le nageur, qui a toujours pensé à l'après sportif. "Il y a beaucoup de sportifs en équipe de France qui sont en difficulté. Il y en a qui n'ont pas leur bac, qui n'ont jamais fait d'études", insiste-t-il. Dans la famille Lefert, on nage depuis plusieurs générations. Son grand-père paternel était président du club de Nice et poloïste. Son père Eric a lui aussi pratiqué le water-polo et son épouse Sophie était nageuse. Le couple a participé à toutes les grandes compétitions internationales, à l'exception des Jeux. La petite dernière, Louise, 22 ans, est capitaine du club de Nice de water-polo, champion de France en titre.
"La natation est un des sports les plus ingrats"
La natation est une passion mais pas une obsession. Eric Lefert a monté son imprimerie, qu'il a vendue il y a deux ans ; Sophie est professeur de sport ; Louise est kinésithérapeute. Clément, "matheux" depuis son plus jeune âge, sera lui dans la finance. "Il a fait l'école de l'eau à 4 ans. On ne l'a pas poussé à faire du haut niveau mais il a toujours aimé faire les choses à 300%. On voulait qu'il fasse du sport, mais on savait que ce ne serait pas le sport qui allait le nourrir", raconte Eric Lefert, conscient que le "petit gabarit" (NDLR: 1,85 m) de son fils "dans un monde où les meilleurs font tous 2 mètres ne lui permettait pas de se distinguer en individuel".
En août 2009, Clément part à Los Angeles pour passer son diplôme de Bachelor in Economy and Finance, une bourse de 50.000 dollars en poche. Puis il rentre en France début décembre 2011, avec en ligne de mire les JO de Londres, puis une école de finance (l'EDHEC à Nice). "J'ai beaucoup mûri en partant aux Etats-Unis, explique-t-il. J'étais un bébé en partant et quand je suis revenu, j'ai vu la natation, le sport, d'un oeil différent, la compétition aussi". "La natation est un des sports les plus ingrats. Huit heures d'entraînement, se lever tôt tous les matins, nager même le dimanche. On ne peut pas s'arrêter, on a eu 2 jours à Noël (...) Les gens ne se rendent pas compte du risque qu'on prend en repartant pour 4 ans. Le fait que je sois très fort cette année ne veut pas dire que je serai au meilleur niveau dans 4 ans", argue le champion.
L'or olympique et l'argent sur le relais 4x200 m l'ont fait douter, mais son esprit cartésien l'a emporté et le 6 septembre il a intégré l'EDHEC et n'a plus remis les pieds dans la piscine. "Aujourd'hui j'ai la chance d'être champion olympique et sur un CV ça fait toujours son effet. C'est comme un diplôme presque. La vie ne sera peut-être pas facile non plus comme trader, mais ce sera mieux rémunéré !", sourit-il: "Pendant les quatre années qui viennent, ce sera mon Rio-2016 à moi !"
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