JO Paris 2024 - 400 m 4 nages - Léon Marchand : "Oui, il faut être un peu fou…"

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Léon Marchand entame son défi gigantesque ce dimanche en visant l'or sur le 400 m 4 nages dont il est le grand favori. La semaine qui vient pourrait faire du Toulousain le premier Français depuis un siècle à amasser cinq médailles sur des mêmes Jeux Olympiques. Attendu comme le héros du sport français, il s'est livré à Eurosport avant de plonger dans une séquence qui pourrait bouleverser sa vie.

Marchand : "Si je veux vraiment réussir les Jeux, j'aimerai bien gagner une course"

Video credit: Eurosport

Léon Marchand est un jeune homme poli, humble, réfléchi. Juste avant son entrée en lice dans des JO qui pourraient déjà le consacrer comme le plus grand nageur français de l'histoire, le Toulousain s'est chargé de faire baisser notre rythme cardiaque. Il sait que son défi, ramener cinq médailles, est un peu fou, son programme complètement déraisonnable. Mais il le prend avec un tel calme et un tel détachement, qu'avec lui, tout semble possible. A commencer par une nouvelle démonstration sur le 400 m 4 nages dont il est l'immense favori. Confidences exclusives d'un homme plein de sagesse qui pourrait faire chavirer la France.
Ce serait quoi des JO réussis pour Léon Marchand ?
L.M. : Je pense que si je profite de tous ces moments, d'être un peu favori sur mes courses, d'être attendu et de pouvoir répondre présent, avoir le sourire et kiffer tous les moments que je vais passer ici, franchement ce sera réussi.
Vous aimez ça maintenant être la cible ?
L.M. : Je préférais ne pas l'être, mais je suis obligé, donc je me suis adapté et je le vis bien.
Vous vous alignez sur 5 courses, est-ce que vous savez depuis combien de temps un athlète français n'a pas apporté 5 médailles sur les mêmes JO ?
L.M. : Jamais, je pense, en natation.
En natation jamais effectivement. Mais il y a 100 ans, un escrimeur, Roger Ducret, a réussi cet exploit. Ce serait donc la première fois depuis un siècle.
L.M. : Moi en fait, j'aimerais bien être champion olympique dans une des disciplines et j'ai 5 chances pour le faire. On a un super relais le dernier jour, j'ai 4 courses individuelles que j'ai beaucoup travaillées cette année, donc j'ai 4 chances différentes.
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Léon Marchand lors du stage de l'équipe de France à Vichy

Crédit: Getty Images

Ce serait assez incroyable de pouvoir marquer l'histoire du sport français
Et cet espoir de marquer peut-être le sport français ou la natation française en amassant un immense butin, ce n'est pas quelque chose qui vous fait avancer ?
L.M. : Si forcément, mais c'est plus une conséquence. Je ne nage pas vite pour marquer l'histoire, je nage vite pour me faire plaisir, pour me récompenser de tout mon travail qui est censé payer un jour ou l'autre. Donc oui, c'est un peu ça, et forcément après il y aura les conséquences. C'est vrai que ce serait assez incroyable de pouvoir marquer l'histoire du sport français.
Si je vous avais dit il y a 4 ans, qu'aujourd'hui vous seriez aux JO de Paris pour gagner un titre olympique et peut-être marquer l'histoire du sport français, vous m'auriez cru ?
L.M. : Non, jamais. Moi je me suis qualifié à Tokyo, déjà c'était incroyable pour moi. J'ai participé à mes premiers Jeux olympiques à 19 ans, j'ai fait une finale olympique, c'était génial. J'avoue qu'après la finale, quand j'ai vu que j'étais 6e et que j'étais à quelques secondes des premiers, je me suis dit que, peut-être, dans 4 ans, je pourrais faire partie des meilleurs. De là à imaginer être favori en arrivant aux Jeux à la maison, c'est autre chose.
C'est un rêve de gosse qui se réalise ?
L.M. : Je pense qu'on rêve tous de l'or olympique, après moi j'ai la chance que ce soit à la maison, donc ça va être aussi une ambiance assez différente. Je pense qu'il y aura beaucoup de supporters français dans les gradins, j'ai envie de profiter de ça et de prendre de l'énergie avec tous ces gens.
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Léon Marchand lors du stage de l'équipe de France à Vichy

Crédit: Getty Images

Sur le 400 m 4 nages, je pars de zéro
Est-ce que c'est aussi ce qui fait votre force aujourd'hui, cette espèce de self-control, cette façon de mettre l'évènement à distance ?
L.M. : En fait, c'est moi, je pense. De base, je suis très calme, assez timide, assez réservé. Ce qui se passe dans l'eau, après, c'est différent. Mais c'est vrai qu'en dehors, j'essaie de beaucoup canaliser mon énergie. Du coup, ça me permet d'être précis dans ce que je fais et d'être prêt au bon moment aussi.
Il y a une semaine, Bob Bowman, votre coach, nous disait que vous étiez dans les mêmes dispositions, voire même un peu meilleur, qu'à la même époque avant les Mondiaux de Fukuoka où vous avez raflé trois titres. Est-ce votre sentiment aussi ?
L.M. : Oui, je pense que j'ai moins perdu d'énergie au championnat de France, j'ai mieux géré toute ma semaine, toute la pression etc. Je ne suis pas tombé malade, il y a pas mal de choses qui sont mieux que l'année dernière, j'ai mieux récupéré aussi. Mais les résultats ne dépendent pas vraiment de ça, on ne peut pas vraiment prédire ce qui va se passer, mais je me sens mieux que l'année dernière.
Vous êtes d'accord pour dire que le 400m 4 nages qui se déroulera ce dimanche est la course où vous avez le plus de marge sur vos adversaires et donc la course où vous avez le plus de chances de décrocher l'or ?
L.M. : En termes de temps, oui, c'est là où j'ai le plus de marge. Mais cette année, je crois que j'ai le 11e chrono mondial, donc je pars de zéro.
Mais est-ce que ça veut dire quelque chose, ce 11e chrono mondial alors que vous avez nagé très peu cette distance dans l'année ?
L.M. : Je pense que j'ai du mal à faire beaucoup de 400 m 4 nages à très haut niveau, c'est une course très exigeante. Si on a un peu de doute, la veille c'est très compliqué, même pendant la course. Donc cette année, je n'ai pas vraiment fait de très bons 400 m 4 nages. J'espère le faire le dimanche.
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Video credit: Eurosport


Je pars pour le plan A
Bob Bowman nous disait aussi la semaine dernière que Michael Phelps n'avait jamais relevé un défi aussi compliqué que celui qui vous attend mercredi, avec le 200 m brasse et le 200 m papillon. Est-ce que c'est aussi ce goût du challenge qui guide vos choix ?
L.M. : J'adore. Ce choix, c'est un peu moi qui l'ai fait. Forcément, j'ai pris en compte les avis de mes coachs, les avis du DTN. Mais c'est moi qui choisis à la fin et c'est vrai que c'est quelque chose qui m'excite beaucoup. Que ce soit un échec ou que je réussisse, dans tous les cas, ce sera un beau challenge.
Est-ce qu'il ne faut pas être un peu fêlé pour faire cet enchaînement-là ?
L.M. : Oui, il faut être un peu fou. Disons que ça va me faire six courses si je compte les séries, les demies et les finales. Et le lendemain, je dois m'aligner sur le 200 m 4 nages. Forcément, physiquement, c'est très compliqué. Et mentalement, il va falloir accepter tout ça.
Mais aujourd'hui, à l'heure où on parle, c'est clair dans votre tête : vous ferez ces deux courses-là ?
L.M. : Disons que moi, je pars pour le plan A. Il y a aussi un plan B en fonction de ma prestation sur le 400 m 4 nages.
Et c'est quoi ce plan B ?
L.M. : Le plan B, je pense que je choisirai une des deux courses (ndlr : entre le 200 m brasse et le 200 m papillon).
La clé de vos JO, quand on voit le programme, ce sera la récupération.
L.M. : Exactement. Je pense qu'aux Jeux Olympiques, c'est très compliqué de récupérer par rapport aux championnats du monde. Là, on a beaucoup de marches, on a des bus à prendre. Il y a plus de pression, plus de médias. Il y a plus de choses à faire dans la journée. Donc, le but, c'est de se coucher le plus tôt possible et de se réveiller le plus tard, tout simplement. Le sommeil, pour moi, c'est le principal. Et c'est vrai qu'en faisant des doublés dans la journée, il va falloir faire des siestes. Il va falloir vraiment s'hydrater et essayer de récupérer au max.
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