C'est la première belle histoire de ces Jeux de Tokyo. A seulement 18 ans, le Tunisien Ahmed Ayoub Hafnaoui a fait sensation dimanche en devenant le deuxième champion olympique de natation de l'histoire de son pays, pendant qu'Etats-Unis et Australie entamaient leur moisson d'or. Nouveau venu en grand championnat et 8e qualifié de la finale, Hafnaoui a remporté le 400 m nage libre en 3'43"36, coiffant dans la dernière longueur l'Australien Jack McLoughlin (3'43"52) et l'Américain Kieran Smith (3'43"94).

18 ans, 8e temps des qualifs et un premier titre : l'incroyable exploit du Tunisien Hafnaoui

"Je suis très fier, très heureux, je pensais à mes parents, c'est tout. J'étais venu ici pour gagner une médaille en 400 et en 800. Juste une médaille, n'importe laquelle", a-t-il expliqué en sortant du bassin. Entraîné à Tunis par Jabrane Touili, le jeune homme est devenu le deuxième champion olympique tunisien de natation après le sacre d'Oussama Mellouli sur 1 500 m lors des Jeux de Pékin en 2008. "Je n'avais pas imaginé remporter l'or, surtout que j'étais au couloir 8. Dans la deuxième partie de la course, je me suis senti mieux, et ça a été une belle bataille à la fin. C'est tellement incroyable, je ne m'attendais pas à ça, je suis tellement content", a raconté le Tunisien.
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Bien sûr que je me suis surpris. C'est incroyable. J'y ai cru quand j'ai touché le mur et que j'ai vu que j'étais premier, c'était génial
Qui n'a pas menti lorsqu'on lui a demandé s'il s'attendait à un tel résultat : "Bien sûr que je me suis surpris. C'est incroyable. J'y ai cru quand j'ai touché le mur et que j'ai vu que j'étais premier, c'était génial. Et quand j'ai vu le drapeau de mon pays et que j'ai entendu l'hymne (tunisien), j'ai eu les larmes aux yeux, j'étais tellement fier. Je dédie ce titre à tout le peuple tunisien : vous avez un champion maintenant !"
Egalement engagé sur 800 m nage libre, il a réalisé une progression chronométrique fulgurante cette année : il a gagné dimanche plus de deux secondes par rapport à son temps de la veille, et plafonnait encore début mai à 3'49"90. "Je m'entraîne seul avec mes coaches, ils me soutiennent énormément, c'est difficile mais le résultat est là", raconte ce fils d'un basketteur qui réside à Tunis, désormais convaincu d'"aller jusqu'au bout" sur 800 m, dont les séries ont lieu mardi soir. "Un peu" surpris, son dauphin Jack McLoughlin a rappelé que "tout pouvait arriver" aux Jeux : "Ahmed arrive et réalise un record personnel énorme, c'est incroyable et bravo à lui".
Souvent placée mais jamais gagnante en grand championnat, Yui Ohashi a elle offert au Japon son deuxième titre de ces Jeux - après l'or du judoka Naohisa Takato - en gagnant le 400 m quatre nages. Si le huis clos l'a privée d'un triomphe face à son public, la nageuse de 25 ans a effacé la déception Daiya Seto, son compatriote éliminé en séries la veille sur 400 m quatre nages, distance dont il est triple champion du monde.
En 4 minutes et 32 secondes, la médaillée de bronze des Mondiaux-2019 sur cette distance a nettement devancé deux Américaines, la jeune favorite Emma Weyant (4'32"76) et la spécialiste du papillon Hali Flickinger (4'34"90). "Je ne pensais vraiment pas gagner l'or. Beaucoup de gens m'ont encouragée donc j'ai pu donner toute ma force (...) J'ai eu une course plaisante. C'est toujours un rêve", a-t-elle expliqué aux médias japonais. La légende des épreuves quatre nages, la triple championne olympique et neuf fois championne du monde Katinka Hosszu, a pris un départ canon, mais a paru caler après 150 mètres, finissant à la 5e place (4'35"98).

Yui Ohashi a offert sa deuxième médaille d'or des Jeux au Japon

Crédit: AFP

Si ces deux courses ont échappé aux favoris américains et australiens, avec leur densité sans égale, les deux nations reines de la natation ont aussi ouvert leur compteur dimanche. Les Etats-Unis se sont offert un doublé sur 400m quatre nages, le premier des 35 titres décernés à Rio, remporté par Chase Kalisz devant Jay Litherland, tandis que le jeune Français Léon Marchand a fini 6e.
Les sprinteuses australiennes ont, elles, ajouté à leur troisième titre olympique consécutif du relais 4x100 m un nouveau record du monde, en 3:29.69, devant les Canadiennes et les Américaines. Au tableau des médailles, US Swimming compte déjà six récompenses, avant même l'entrée en lice dimanche de ses principaux chercheurs d'or, Katie Ledecky et Caeleb Dressel. L'Australie en dénombre trois, après deux éditions olympiques à dix médailles au total, et espère notamment un premier titre individuel pour ses nageuses depuis l'or de Stephanie Rice en 2008 sur 200 m et 400 m quatre nages.
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