Omnisport

Pourquoi dopage et Covid-19 ne font pas bon ménage : "Cela peut très mal se passer"

Partager avec
Copier
Partager cet article

A Chinese swimmer makes her way into an anti-doping testing room during the Beijing-leg of the FINA Swimming World Cup 25 February. Various Chinese swimmers were tested during the tournament as part of the ongoing anti-doping move by FINA

Crédit: Getty Images

ParGlenn Ceillier
03/04/2020 à 08:56 | Mis à jour 03/04/2020 à 10:28
@GlennCeillier

Le dopage ne pose pas seulement un problème d'éthique sportive. C'est aussi un enjeu d'intégrité physique de l'athlète. Cette période si particulière avec l'épidémie de Covid-19 pourrait malheureusement le mettre en exergue. Car le risque peut augmenter avec le dopage, comme l'explique Jean-Pierre de Mondenard - médecin du sport français et auteur d'ouvrages de médecine du sport et sur le dopage.

Jean-Pierre De Mondenard, pourquoi tenez-vous à tirer la sonnette d'alarme avec le dopage en cette période de pandémie du Covid-19 ?

J-P M : "Comme ils sont relativement jeunes et en forme, les sportifs sont normalement plus résistants. Mais si, pendant la période d'incubation qui peut durer plus de 10 jours, vous prenez certaines drogues pour vous doper, cela peut être dramatique. Le Covid-19 est un virus très virulent qui entraîne des réactions violentes au niveau des poumons. Et certains produits qui ont pour vertu d'améliorer les performances peuvent entraîner des dégâts beaucoup plus importants".

Omnisport

La voie royale du Real, improbable Rosol, 12-0 et joyeux anniversaire : Le plateau du jour

IL Y A 9 HEURES

Samedi 14 mars, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait d'ailleurs prévenu que "la prise d’anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone,...) pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection". Vous parlez donc notamment des corticoïdes que certains sportifs prennent pour améliorer leurs capacités physiques ?

J-P M : "Les corticoïdes augmentent en effet la réceptivité aux infections par une diminution des anticorps et une suppression des réactions naturelles de la défense du corps. Donc cela atténue les défenses de l'organisme. Par le passé par exemple, il y a eu des épidémies dans le peloton, une de zona et une autre de conjonctivite. Et à chaque fois, c'était lié à des prises de corticoïdes. Si certains consomment ce genre de produits actuellement, ils prennent un risque supplémentaire. Et les corticoïdes ne sont pas les seuls produits dont il faut se méfier".

Contrôle anti-dopage

Crédit: Getty Images

Quels sont les autres produits dopants qui peuvent poser des problèmes de ce type?

J-P M : "Tous les médicaments qui vont augmenter la température comme les amphétamines, la cocaïne ou encore les béta-bloquants …. Ils provoquent ce que l'on appelle des fièvres médicamenteuses, c’est-à-dire une hyperthermie. Or, si par un moyen exogène, vous avez déjà une hyperthermie et que le coronavirus vient se rajouter, les soignants vont avoir des soucis. Mais avec la cortisone, c'est la même histoire. Si vous faites une infiltration de cortisone pendant la période d'incubation, la violence de la réaction du virus, quand il va se manifester, sera plus importante. Enfin, avec le cannabis, vous résistez mal aux maladies infectieuses..."

Alors que les contrôles des organisations antidopage ont diminué, les sportifs ont donc tout intérêt à ne pas tenter le diable…

J-P M : "Comme pour le public, il faut mettre en garde les sportifs qui prennent ce genre de risque. Les sportifs se pensent inaltérables mais s'ils prennent des ingrédients qui sont perturbateurs à ce point-là, cela peut-très mal se passer. Voilà le vrai message à faire passer. "

  • Le blog du Docteur Jean-Pierre de Mondenard sur les affaires de dopage
Omnisport

Violences sexuelles dans le sport : près de 180 personnes mises en cause

HIER À 14:21
Omnisport

Saliba finalement absent, le Barça au ralenti, Euro 2000 : le plateau du jour

HIER À 05:46
Dans le même sujet
Omnisport
Partager avec
Copier
Partager cet article