Un an après le déclenchement d'un retentissant scandale de violences sexuelles dans le monde du patinage artistique, l'ex-entraîneur Gilles Beyer a été mis en examen pour "agressions sexuelles" et "harcèlement sexuel" et placé sous contrôle judiciaire. Même si cette mise en examen ne concerne pas Sarah Abitbol car dans son cas les faits sont prescrits, la patineuse a expliqué à l'Obs être "soulagée que la justice convoque Gilles Beyer. Enfin !".

Cette dernière avait accusé dans le livre "Un si long silence" (Plon), paru début 2020, son ex-entraîneur de viols et d'agressions sexuelles répétés, alors qu'elle avait entre 15 et 17 ans, au début des années 90. Elle n'avait toutefois pas porté plainte, au vu de la prescription des faits. Dans une déclaration écrite à l'AFP, M. Beyer avait reconnu "des relations intimes" et "inappropriées" avec Sarah Abitbol, lui présentant des "excuses" aussitôt refusées par celle-ci.

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Gilles Beyer

Crédit: Getty Images

"J'espère que d'autres victimes sortiront de leur silence"

"Je vois que les accusations retenues sont des "agressions" et du "harcèlement". Moi, j'ai subi des viols. Mais c'est regrettable, ces faits sont prescrits. Je sais qu'une autre patineuse a témoigné auprès de la police, avoir été violée par le même agresseur. Mais pour elle aussi, les faits sont prescrits", regrette toutefois Abitbol. "Je trouve injuste que nous ne puissions pas être sur le banc des victimes, face à la justice. J'espère que d'autres victimes, non prescrites, sortiront de leur silence. Cette affaire pose encore une fois la question de la prescription des crimes sexuels contre les mineurs. C'est mon combat aujourd'hui", souligne-t-elle encore.

A la suite de ces révélations, le ministère des Sports avait diligenté une enquête administrative auprès de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR). Celle-ci a mis en évidence des soupçons pesant sur 21 entraîneurs de la FFSG, dont 12 mis en cause pour "des faits de harcèlement ou d'agressions sexuelles". Parmi ces derniers, trois ont été condamnés par le passé à des peines d'emprisonnement ferme ou assorties de sursis.

Plus largement, fin décembre 2020, 370 cas allégués de violences sexuelles avaient été signalés à la cellule de suivi du ministère des Sports, dans plusieurs disciplines (judo, équitation, moto, roller et skateboard...). De même source, 69 d'entre eux ont fait l'objet de signalements à la justice.

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