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Maracineanu demande de nouveau la démission de Gailhaguet

Maracineanu demande de nouveau la démission de Gailhaguet
Par AFP

Le 06/02/2020 à 09:16Mis à jour Le 06/02/2020 à 09:21

Au lendemain de la conférence de presse tenue par Didier Gailhaguet, le président de la fédération française de sports de glace, où il a qualifié Roxana Maracineanu de "moralisatrice", la ministre des Sports lui a répondu ce jeudi matin sur RTL. Elle a de nouveau réclamé sa démission.

Roxana Maracineanu était l'invitée de RTL ce jeudi matin. La ministre des Sports a notamment commenté la conférence de presse tenue la veille par Didier Gailhaguet. "Il dira devant le juge que je suis moralisatrice", a-t-elle lancé à propos du patron du patinage français qui refuse de démissionner, en plein scandale de violences sexuelles. La veille, le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) a déploré que la ministre, "moralisatrice", ne l'écoutait pas. "Elle est drapée dans ses certitudes", a-t-il ajouté.

"Lorsqu'on aura des témoignages, pour le mettre lui en cause personnellement ou lui en tant que président de fédération, il dira devant le juge que je suis moralisatrice", a prévenu jeudi Roxana Maracineanu. "Il trouve plus intéressant de défendre son poste, je ne suis pas étonnée parce qu'il est accroché à ce poste depuis longtemps", a-t-elle ajouté, allusion au fait que Didier Gailhaguet préside la FFSG depuis 1998, avec une seule interruption entre 2004 et 2007.

" "Il était dans l'illégalité pendant des années""

"Il était dans l'illégalité pendant des années en cumulant des fonctions qu'il n'avait pas à cumuler, de cadre technique d'Etat et de président de fédération", a-t-elle accusé. Elle a réaffirmé que Didier Gailhaguet devait démissionner "Sinon ça se réglera ailleurs (...) Lorsqu'on produira des témoignages au juge, il dira que je suis moralisatrice, que je suis violente...", a-t-elle renchéri. Concrètement, Roxana Maracineanu reproche à la FFSG d'avoir remis l'entraîneur Gilles Beyer, aujourd'hui accusé de viol par l'ancienne championne de patinage Sarah Abitbol, dans le circuit au début des années 2000, malgré une enquête administrative soulignant des attitudes inappropriées.

L'enquête avait conduit le ministère à sortir l'entraîneur de ses rangs en 2001, mais il avait ensuite retrouvé une place dans son club d'origine, les Français volants, à Paris, ainsi que dans les instances de la FFSG. "Je n'ai absolument pas protégé Gilles Beyer", s'est défendu la veille Gailhaguet. "Quand il dit qu'il ne sait pas, il était où, il était sur quelle planète ?", a demandé Roxana Maracineanu, qui a décrit "une petite fédération", "un petit monde".

La ministre a également relancé un appel aux victimes, dans tous les sports, les incitant même à appeler "au ministère des Sports" : "à partir du moment où on a une plainte, un témoignage, on peut agir". "C'est important que tout sorte", a-t-elle conclu.