Timothy Loubineaud, vainqueur en Coupe du monde de patinage de vitesse à Nagano : "J'ai étudié Léon Marchand"
Aucun Français n'avait gagné en Coupe du monde de patinage de vitesse depuis 2015, et un succès d'Alexis Contin. Timothy Loubineaud y a remédié dimanche lors de la mass start à Nagano. Le patineur de 28 ans sera en lice sur cette épreuve et sur le 5000m ce week-end à Pékin. Il s'inspire de Léon Marchand dans la découverte d'une pression qui pourrait décupler, lors des JO de Milan-Cortina en 2026.
Speed Skating - Men Mass Start - Nagano - Clip - Loubineaud wins
Video credit: Eurosport
Comment abordez-vous l'étape de la confirmation, après votre premier succès en Coupe du monde ?
Timothy Loubineaud : La philosophie reste la même. Il faut que je reste concentré sur ce que je sais faire, sur ma technique, sans me laisser distraire. C'est un succès qui est important et qui demande pas mal de self-control. J'ai étudié comment avait fait Léon Marchand pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024 – même si c'est une échelle moins grande pour le moment – et, mine de rien, cela m'a quand même bien aidé.
Vous avez étudié sa gestion de la pression d'un point de vue extérieur ?
T. L. : J'ai regardé quelques reportages. Avec ma préparatrice mentale, on s'est appuyé sur ses paroles et sur sa manière de procéder pour m'aider dans mon comportement, mes réactions par rapport à un succès ou une défaite.
[Van der Poel] dit aussi des conneries, comme tout le monde !
Le Suédois Nils van der Poel, double champion olympique en 2022 (sur 5000m et 10 000m) est aussi une source d'inspiration pour vous. A quel point ?
T. L. : J'ai la chance d'avoir un tel entourage. Avec Nils, on se voit assez souvent. Par exemple, cet été, il est venu de Suède à vélo – il a dû faire quasiment 3000 kilomètres – pour me voir patiner le marathon des Championnats d'Europe de roller. C'est un athlète que j'admire mais aussi un ami que j'affectionne particulièrement.
Un ami qui connaît le chemin du podium olympique…
T. L. : Exactement. J'ai cette chance de pouvoir parler librement avec lui. C'est un livre ouvert. Il me donne pas mal de bons petits conseils, que je prends avec plaisir. Il dit aussi des conneries (sic), comme tout le monde !
Venu du roller (en 2017), vous le pratiquez encore l'été. Comment passe-t-on du roller au patin pour la première fois, puis régulièrement et réciproquement ?
T. L. : Cela s'est rapidement bien passé, mais le problème est que j'étais en autodidacte. J'ai adopté une technique qui était bonne pour un certain niveau, mais pas pour le très haut niveau. J'ai dû désapprendre pour réapprendre un bon patinage. C'était ma faute. J'ai eu quelques années de galère, j'étais limité à une certaine vitesse. Quant aux changements roller-glace et glace-roller qui me concernent encore chaque année : c'est devenu rapide avec l'expérience. En général, une séance suffit pour switcher.
J'ai voulu me concentrer sur le fait de glisser très, très, très longtemps...
En quoi votre adaptation instinctive n'était-elle pas la direction à prendre ?
T. L. : Je précise que je ne parle qu'en mon nom, au sujet de cette adaptation. Sur glace, on a une glisse bien plus importante que sur des rollers, il y a moins de frictions que sur du bitume ou une piste en résine. J'ai voulu me concentrer sur le fait de glisser très, très, très longtemps… c'est joli, mais cela active les cannes plus vite. J'ai dû réapprendre à mettre plus de rythme, à être plus relâché, à pousser plus correctement sur les côtés etc.
Votre patinage manquait de fréquence…
T. L. : Exactement. J'ai d'abord tenté de me détacher de la fréquence que l'on pouvait imprimer en roller. Puis je suis revenu à un patinage un peu plus naturel pour moi, j'ai un peu plus fait "du roller sur la glace" et là, ça a commencé à être plutôt pas mal.
Quelles sont les dates à avoir en tête pour vous, dans les quinze mois à venir ?
T. L. : On va commencer par ce week-end en Chine [rires]. Puis je vise la qualification pour le 10 000m des Championnats du monde d'Hamar (13-16 mars). Elle se jouera à Calgary (24-26 janvier). Pour les Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026, la qualification sera à décrocher lors de la saison 2025-2026. Il sera possible de quasiment l'acquérir dès la première étape de Coupe du monde à Salt Lake, sur une piste très rapide, qui pourrait permettre de passer au temps.
N.B. : Le patinage de vitesse – ou "longue piste", à ne pas confondre avec le short-track – a changé de fédération délégataire, pour l'olympiade 2023-2026. Ce statut revient à la Fédération française de roller et de skateboard, non plus à la Fédération française des sports de glace. En outre, aucun anneau de 400 mètres ne permet de s'entraîner en France, d'où des problématiques organisationnelles. Ces deux thématiques seront développées dans un article à paraître vendredi sur notre site.
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