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Discours de la méthode
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Publié 23/11/2003 à 15:00 GMT+1
La Coupe du monde 2003 conquise par l'Angleterre aux dépens de l'Australie consacre la méthode de l'entraîneur Clive Woodward basée sur le travail, la persévérance et la confiance dans les joueurs.
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Crédit: Eurosport
Les Anglais se sont imposés samedi à Sydney 20-17 après prolongation.
En poste depuis septembre 1997, Woodward, 47 ans, avait classé la conquête du titre mondial comme priorité absolue.
Pour y atteindre, l'ancien centre international a d'abord mis en place des structures solides en multipliant les rassemblements de début de semaine grâce à une compensation financière versée par la Fédération (RFU) aux clubs, principaux employeurs des joueurs.
Il s'est également appuyé sur une génération de joueurs de talent, aujourd'hui trentenaires, et leur a maintenu sa confiance, y compris dans les moments difficiles.
Lorsque le troisième ligne Lawrence Dallaglio, à l'époque capitaine du XV de la Rose, s'est fait piéger par une journaliste au printemps 1999 en se vantant d'avoir gagné beaucoup d'argent en vendant de la drogue, Woodward lui a exprimé son soutien.
Entêté
Cette confiance quasi aveugle s'est également manifestée sur le plan sportif. Les échecs répétés dans les matches décisifs pour la conquête du Grand Chelem dans le Tournoi des cinq puis des six nations (1999 face au pays de Galles, 2000 contre l'Ecosse, 2001 face à l'Irlande et 2002 contre la France), n'ont pas entraîné de bouleversements.
Très critiqué après l'élimination en quart de finale du Mondial-99 face à l'Afrique du Sud (44-21), Woodward s'est entêté dans sa méthode comme dans ses choix.
Résultat: sept des joueurs (Greenwood, Dawson, Hill, Back, Dallaglio, Johnson et Vickery) titulaires ce 24 octobre 1999 ont débuté la finale remportée face à l'Australie.
Depuis le 5 février 2000, les Anglais ont accumulé 42 victoires en 47 matches, soit 89% de réussite. Cette période correspond à l'avènement d'un phénomène: le demi d'ouverture Jonny Wilkinson.
Lancé sur la scène internationale en avril 1998 à l'âge de 18 ans et 314 jours, avec une expérience très réduite du haut niveau dans son club, il a permis au XV d'Angleterre de franchir un palier grâce à ses qualités exceptionnelles de buteur mais aussi de défenseur et de chef d'attaque.
Les convictions de l'entraîneur, la stabilité du groupe, l'organisation de jeu, la puissance athlétique, les individualités et la régularité de Wilkinson, qui pèse plus de quinze points en moyenne par match, ont propulsé les Anglais vers le titre.
Présentée comme la grande favorite avant le début du Mondial, l'Angleterre a surmonté la dernière épreuve mentale en résistant à la très forte pression des médias australiens pendant les six semaines de compétition.
Clive Woodward, qui a renouvelé son contrat avec la RFU, va désormais savourer ce titre mondial, fruit de six ans d'efforts, puis se lancer dans une opération de renouvellement des cadres.
Martin Johnson, 33 ans, Lawrence Dallaglio, 31 ans, Neil Back, 34 ans, Will Greenwood, 31 ans, Matt Dawson, 31 ans, ou Jason Leonard, 35 ans, ne seront sûrement plus présents pour la prochaine Coupe du monde, organisée par la France en 2007.
Mais l'entraîneur leur a demandé de disputer le prochain Tournoi des six nations, qui débute en février. Pour voir en action, une dernière fois, les fruits de la méthode.
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