"D'abord un état d'esprit"

Bernard Laporte, l'entraîneur du XV de France, a trouvé ses trente joueurs sérieux et appliqués, lors du 1er tour de la Coupe du monde, achevé par un large succès sur les Etats-Unis (41-14) ,vendredi à Wollongong, près de Sydney.

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Que retenez-vous du 1er tour du Mondial ?
Bernard Laporte : Je retiens avant tout un certain état d'esprit dont a fait preuve le groupe. Les joueurs qui se sont retrouvés remplaçants ou en tribune lors des matches n'ont jamais lâché. Ils ont toujours montré de l'envie et de l'enthousiasme aux entraînements. Ensuite, sur le plan du jeu, je retiens que nous avons marqué quand même pas mal d'essais (23).
Q: Et sur le plan individuel ?
B.L. : Sur le plan individuel, il y a la révélation de Jérôme Thion, sa capacité à évoluer au plus haut niveau. Je suis aussi très content des performances de Christophe Dominici qui est devenu l'un des leaders des lignes arrières. C'est pour cela qu'on l'avait pris au détriment d'autres, comme David Bory. Ensuite, Fabien (Galthié) mène très bien la barque comme capitaine et je suis très satisfait du retour de Sylvain Marconnet. Sans parler du retour de Raphaël Ibanez qui faisait partie des quinze joueurs qui avaient débuté le match à Twickenham (défaite 45 à 14 le 6 septembre) mais qui a su rebondir. Mais je ne vais pas passer les joueurs les uns après les autres !
Pensiez-vous que les choses se passeraient aussi bien ?
B.L. : Avant le début de la Coupe du monde, on ne se demandait pas comment cela allait se passer. Si on veut avoir une équipe mature, il faut donner la parole aux joueurs. Il ne faut pas qu'ils soient de simples consommateurs. La vérité naît dans l'échange, parce que, lorsque l'on gère un groupe, il arrive que l'on oublie certaines choses. En fait, on est arrivés à la Coupe du monde avec l'envie et l'enthousiasme, pour que tout se passe bien. Cela étant, à un certain moment, il faut que nous prenions nos responsabilités.
Sur le jeu, comment jugez-vous votre équipe ?
B.L. : Ce qui m'a plu, c'est que, quel que soit l'adversaire, cette équipe a voulu prendre le jeu à son compte. On ne se contente plus d'attendre et de placer des contres. L'évolution de notre équipe se situe peut-être là, dans sa capacité à tenir le ballon sur quatre ou cinq temps de jeu, ce que nous étions incapables de faire auparavant. En revanche, nous avons été parfois déficients dans la gestion du jeu. C'est une notion sur laquelle nous devons insister. Si l'on considère le match face au Japon (victoire 51 à 29 le 18 octobre), on voit que l'on a eu trop tendance à s'emballer. Il faut que l'on donne un sens à ce que l'on fait.
Selon vous, quel match fut le plus accompli ?
B.L. : Je pense que nous avons joué notre match le plus accompli face aux Fidji (victoire 61-18 le 11 octobre), notamment parce que nous avons été très performants dans la vitesse d'exécution. Nous n'avons pas la puissance dont disposent certaines équipes mais nous avons la vitesse dans les déplacements, notamment notre cinq de devant. On ne peut pas dire que l'on soit contents de notre jeu. On essaye de mettre certaines choses en place. Ensuite, il faut savoir s'adapter à chaque match.
Sentez-vous une montée en puissance de votre équipe ?
B.L. : La monteé en puissance ? Mais c'est quelque chose que l'on n'arrive pas à maîtriser. On y attache de l'importance du point de vue de la préparation physique mais, pour le reste, c'est difficile à cerner... Non, on sent de la confiance et un bon état d'esprit. Ca, oui, on le sent !
Qu'avez-vous pensé de l'arbitrage au cours du premier tour, notamment dans le domaine de la mêlée ?
B.L. : Je ne suis pas totalement satisfait. Il y a certaines décisions que nous n'avons pas comprises. Il y a deux secteurs délicats à arbitrer qui sont la mêlée et le jeu au sol. Dans ces deux secteurs, cela manque dans l'ensemble de cohérence. J'ai l'impression notamment que la mêlée va disparaître. Il y a beaucoup de pénalités sifflées après les mêlées. Un jour, il va y avoir une réunion, on va se rendre compte qu'il y a trop de pénalités après les mêlées, et on va les supprimer ! Si l'on minimise ce secteur où l'on use l'adversaire, ce qui fait que, au bout du compte les avants adverses vont moins se déplacer et donc être moins présents en défense, il n'y aura plus la même notion de rugby. C'est un secteur à préserver !
Q: Vous êtes inquiet pour l'avenir du rugby ?
B.L. : Non ! Mais il n'y a qu'une chose sur laquelle il faut être vigilant, ce sont les remplacements. Cela gomme toute notion d'usure de l'adversaire. Quand je vois les Anglais contre le Samoa, comme nous pouvons le faire, changer quatre avants après soixante minutes de jeu, ce n'est plus le même match. A terme, il faudra revoir la notion de remplacement, et peut-être revenir aux remplacements sur blessure.
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