Les Anglais confiants

L'Angleterre retrouve dimanche à Brisbane en travers de sa route vers les demi-finales du Mondial, une étonnante équipe de Galles qui, dans la foulée de son excellente prestation contre les All Blacks, rêve d'un exploit.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Jusqu'à dimanche dernier, ce quart de finale ne devait être qu'un aimable remake, délocalisé sous le soleil australien, d'un des grands classiques qui ont fait la légende du Tournoi des cinq puis des six nations.
Un énième duel fratricide mais, cette fois, entre un groupe d'athlètes survitaminés et dominateurs et les héritiers fantômatiques d'une formation glorieuse des années 1970. A la lecture des derniers épisodes, l'issue, en faveur des Anglais, ne pouvait faire de doute.
Mais 80 minutes d'un rugby aussi époustouflant qu'inattendu ont singulièrement modifié le scénario attendu de la rencontre. Contre toute attente, les joueurs au maillot rouge, qui s'étaient jusque là contentés de dominer sans éclat le Canada, les Tonga et l'Italie, ont bousculé pendant une heure les All Blacks néo-zélandais, ne cédant qu'au final 53-37.
Humilité
S'il se défend d'avoir tiré le signal d'alarme, l'entraîneur du XV anglais a reconnu que la performance des Dragons gallois méritait considération.
"Marquer 37 points au All Blacks n'est pas une mince affaire", a souligné Clive Woodward.
"Il va falloir être à notre meilleur niveau pour l'emporter mais nous avons prouvé que nous savions gagner ces matches importants. Je pense que cette équipe sait parfaitement comment faire pour s'imposer", a-t-il répété samedi en soulignant que sa confiance ne devait pas être prise pour de l'arrogance.
Le capitaine Martin Johnson d'ailleur préché l'humlilité: "Il va peut-être falloir mieux jouer que nous ne l'avons fait jusqu'à présent pour battre Galles", a-t-il sermonné.
Après avoir permis à ses réservistes de se dégourdir les jambes face à l'Uruguay (111-13), Woodward a rappelé son équipe de choc, à l'exception du troisième ligne Richard Hill, toujours blessé, suppléé par Phil Moody.
Ce quart de finale sera l'occasion pour le pilier Jason Leonard d'égaler avec 111 capes le record mondial de sélections détenu par le trois-quarts centre Français Philippe Sella. Un record que le vétéran de la première ligne anglaise pourrait dépasser si son équipe l'emportait dimanche.
Côté gallois, la sortie néo-zélandaise a fait flotter un parfum un peu oublié dans une équipe que l'on croyait condamnée à une inexorable descente aux enfers, celui de la confiance.
Une résurgence qui a remonté tous les joueurs et leur entraîneur néo-zélandais Steve Hansen comme des pendules.
"Si nous jouons juste comme nous l'avons fait dimanche, je crois que les gars sont capables de rééditer une bonne performance contre l'Angleterre", a souligné le patron du XV gallois. "Et si cette performance est suffisante pour gagner, alors tant mieux !"
Fidèle à la règle qu'il a observée depuis le début de ce Mondial, Steve Hansen a réalisé en vue du duel face aux Anglais un nouveau panachage inédit, qui mêle cette fois des joueurs d'expérience aux jeunes qui se sont illustrés face aux All Blacks.
Quatre joueurs qui n'avaient pas débuté la rencontre de la semaine dernière font ainsi leur apparition dans le XV de départ: Iestyn Harris, Mark Jones et Gareth Thomas dans les lignes arrières, Dafydd Jones en troisième ligne.
Avec l'espoir que ce cocktail constituera la potion gagnante. Mais le défi est de taille. Qu'en adepte de l'humour absurde, Hansen traduit par un aphorisme: "Il s'agit ni plus ni moins de battre l'équipe qui sera probablement championne du monde".
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