Coupe du monde 2023 - France - Uruguay : Un match à gagner, une dynamique à soigner, des points à marquer
Par Laurent Vergne
Publié 13/09/2023 à 23:11 GMT+2
Pour l'équipe de France, ça recommence aujourd'hui. Convaincants vainqueurs des All Blacks, ce match qu'ils attendaient depuis trois ans, les Bleus doivent vite passer à autre chose jeudi soir contre l'Uruguay (21h). Le match d'ouverture n'était pas une fin en soi mais un point de départ. Le sillon est tracé. A charge pour l'équipe largement remaniée alignée à Lille de bien le suivre.
Attention les yeux : les plus gros cartons des Bleus en Coupe du monde
Video credit: Eurosport
Voilà un bon match en forme de savonnette. En réussissant de manière assez magistrale son entrée dans "sa" Coupe du monde grâce à sa victoire nette et sans bavure sur les All Blacks, l'équipe de France s'est donné de vrais espoirs pour la suite. Mais ce probant succès lui impose quelques obligations, à commencer par le maintien d'un investissement total. Jeudi soir, pour le match d'après, l'adversaire sera moins impressionnant, moins prestigieux, mais cela reste un match de Coupe du monde à gagner.
L'Uruguay est un petit pays du rugby mondial, 17e au classement international, mais elle n'est peut-être pas estimée à sa juste valeur. En seulement quatre participations, elle a gratté trois victoires (sur 12 matches), soit davantage que des pays que des équipes à la présence plus ancienne et ou plus importante. En dépit de la faiblesse de ses moyens, elle a même décroché il y a quatre ans un succès mémorable face aux Fidji (27-30), et avait mené à la pause contre le pays de Galles, futur demi-finaliste.
Il ne s'agit pas de chercher à se faire facticement peur. "Los Teros" ont des valeurs, du cœur, et quelques joueurs de qualité, mais en dépit de leurs progrès, ils sont encore à des années-lumière de pouvoir rivaliser avec le top niveau mondial. Plus que face aux Bleus ou à la Nouvelle-Zélande, ils joueront leur Coupe du monde contre la Namibie, voire l'Italie. Pour le XV de Fabien Galthié, ne pas gagner ce match est inenvisageable. Ne pas "bien" le gagner, avec le soin et la manière nécessaires, serait, sinon une catastrophe, un premier coup d'arrêt dont le pays hôte se passerait volontiers.
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"L'Uruguay, c'est une équipe de Fédérale 1"
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Si l'enjeu principal tient évidemment au résultat, c'est peut-être encore plus sur la manière que ce XV de France remanié sera scruté. Seuls trois des 15 titulaires face aux Blacks ont été reconduits. La Coupe du monde est un marathon, pas un sprint, et le sélectionneur a bien insisté sur ce point cette semaine : compte tenu du contexte, de l'adversaire affronté six jours plus tôt et celui qui se dresse devant les Bleus jeudi soir, cette équipe-là est, de son point de vue, la meilleure possible. En d'autres termes, la plus adaptée, quoi que pas nécessairement la plus forte intrinsèquement.
"Il faut digérer le match d'il y a quelques jours, qui était affiché depuis trois ans, qui a clignoté, et basculer très, très vite sur le match qui passait derrière, six jours après, précise Fabien Galthié. L'enjeu est là pour nous. C'est-à-dire basculer et enchaîner derrière ce sémaphore qui était là depuis trois ans et se projeter maintenant en peu de temps sur cet adversaire qui est l'Uruguay. C'est la meilleure équipe de France, à tous les niveaux : en termes de fraîcheur, en termes de motivation et en termes d'association."
Collectivement, le défi, au-delà du sérieux et de l'engagement requis, tiendra surtout au fait de rester focalisé sur… le collectif, précisément. Ensemble, ils ont une dynamique à entretenir. Mais derrière l'œuvre commune, il y a l'aventure de chacun. Or pour beaucoup, ce match face à l'Uruguay est une chance et ils n'en auront probablement pas cinquante devant eux.
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Fabien Galthié, sélectionneur du XV de France, en marge d'un entraînement le 15 août 2023
Crédit: Imago
Le XV contre la Namibie aussi en jeu ?
Il n'y a évidemment aucune raison de croire que ceux qui débuteront sur la pelouse du stade Pierre-Mauroy jeudi n'auront pas cet impératif collectif en tête et que certains puissent céder à la tentation du chacun pour soi. Personne ne jouera pour briller. Mais inconsciemment, parfois, l'envie de montrer, de se montrer, tend à dévier le jeu de sa trajectoire la plus juste. Ce sera là un des enjeux de ce deuxième match, qui pourrait ouvrir certaines portes. Peut-être pas forcément en vue du blockbuster qui attendra les Bleus en quarts de finale (encore que...) mais la construction du calendrier de ce premier tour pourrait peser.
Après l'énorme choc contre la Nouvelle-Zélande et l'Uruguay jeudi, et avant d'affronter l'Italie lors du dernier match de cette phase initiale du Mondial, il y aura encore la Namibie à négocier. Là, le staff français pourrait choisir d'opter pour une composition hybride, à mi-chemin, un peu plus, un peu moins, du XV titulaire du Stade de France et celui presque totalement remanié de Lille. C'est aussi le positionnement du curseur entre ces deux options qui pourrait se jouer contre "Los Teros".
Mais si les nombreux changeront devront sans doute imposer une certaine mansuétude dans certaines phases de jeu et dans la cohérence des enchaînements, l'envie et les intentions, elles, ne sauraient tolérer la moindre faillite. Pas dans une Coupe du monde. Pas dans "leur" Coupe du monde.
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Jelonch titulaire face à l'Uruguay : "Je trouve ça fantastique mais je suis inquiet"
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France - Uruguay : Les équipes
France : Jaminet - Bielle-Biarrey, Vincent, Moefana, Villière - (o) Hastoy, (m) Lucu - Macalou, Jelonch (cap.), Boudehent - R. Taofifenua, Woki - Aldegheri, Bourgarit, Gros
Remplaçants : Mauvaka, Wardi, Falatea, Chalureau, Flament, Cros, Couilloud, Ramos
Uruguay : Amaya - Basso, Inciarte, Vilaseca (cap.), Freitas - (o) Etcheverry, (m) Arata - Civetta, Diana, Ardao - Leindekar, Aliaga - Peculo, Pujadas, Sanguinetti
Remplaçants : Gattas, Benitez, Piussi, Dotti, Bianchi, Deus, Ormaechea, Berchesi
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