Coupe du monde 2023 - L'Irlande a la pancarte mais va-t-elle s'assumer jusqu'au bout ?

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Vainqueurs de l'Afrique du Sud, championne du monde en titre, samedi, au Stade de France (13-8), les Irlandais ont impressionné. Ils sont au moins aussi forts qu'annoncés et au vu des premiers événements de ce Mondial, il est sans doute justifié de les considérer désormais comme les principaux favoris. Mais peuvent-ils vraiment vaincre leurs démons, alors qu'un parcours du combattant les attend ?

"Le Stade de France était un petit Dublin"

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Qui aurait cru écrire ça un jour ? L'Irlande est la favorite de la Coupe du monde. Devant les tenants du titre sud-africains, qu'ils ont vaincu samedi soir au terme d'un duel d'une intensité folle. Devant la Nouvelle-Zélande, toujours la référence absolue du rugby mondial mais qui se cherche ces derniers temps. Devant la France, tombeuse de ces mêmes All Blacks en match d'ouverture et qui évolue à domicile. Un avantage toutefois relatif au regard de l'histoire de l'épreuve et les Irlandais eux-mêmes sont suivis en France par une véritable marée verte.
Arrivée forte de la pancarte de numéro un au classement mondial, de ses victoires en 2022 face à la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et l'Australie, puis de son Grand Chelem lors du Tournoi 2023, l'Irlande était déjà considérée comme un des principaux candidats au trophée William Webb Ellis. Mais c'est sans doute encore plus vrai après les deux véritables blockbusters proposés par le tirage au sort de cette Coupe du monde. Il n'y a pas un monde entre les hommes en vert et le reste des favoris, mais ils n'ont en tout cas rien fait pour démentir ce statut inédit pour eux.
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Peur bleue pour la France après ce sommet d'intensité ?

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Certes, le XV de France a impressionné lui aussi en dominant, peut-être encore plus nettement que ne l'a indiqué le score (27-13) les Néo-Zélandais. Mais il nous semble que l'Irlande a croqué un plus gros morceau encore en prenant le dessus sur les Springboks. Sur le fond comme sur la forme, ce match avait valeur de finale avant la lettre et l'Irlande l'a remporté. "Il ne fait aucun doute que l'Irlande est une équipe de classe mondiale. Ils ont des joueurs de qualité partout", a résumé Mannie Libbock, l'ouvreur et buteur malheureux des champions du monde.

Prudence

Mais un peu comme les Bleus face aux Blacks, il était ici davantage question d'ascendant psychologique et de marquage des esprits que de véritable enjeu quant à la suite du tournoi. Les deux formations européennes ont fait fort, mais elles devront selon toute probabilité se coltiner en quarts de finale la victime de l'autre : les Boks pour la France, les Blacks pour l'Irlande. La finale avant la lettre, c'est bien. Mais c'est la vraie finale, celle que les deux équipes n'ont jamais gagnée, qui est dans toutes les têtes. Une finale que l'Irlande, elle, n'a jamais aperçue, et il s'en faut de beaucoup.
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Vincent sur Dupont : "Rien que sa présence dans le groupe sera importante"

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C'est tout le problème de ces Irlandais qui, bien malgré eux, sont peut-être devenus au fil des Coupes du monde la nation la plus décevante du rendez-vous planétaire. Pas de titre, pas de finale et pas même une malheureuse place de demi-finaliste. Pourquoi ont-ils échoué là où l'Ecosse, le pays de Galles et l'Argentine ont réussi, ces trois nations ayant disputé le dernier carré au moins une fois dans leur histoire, alors que leur pourcentage de victoires sur l'ensemble de la compétition est inférieur à celui des Irlandais ?
Des dix principales nations du rugby international, l'Irlande est donc la dernière à ne jamais avoir franchi ce cap. En 2011, le XV du Trèfle pensait pourtant avoir enfin changé de dimension en battant l'Australie lors de la phase de poules. Le tableau était enfin ouvert mais le quart de finale face aux Gallois avait été manqué dans les grandes largeurs. Le peuple irlandais sait tout cela, son staff aussi. Alors même si l'équipe version 2023 est nettement supérieure à toutes ses devancières, la prudence est sur toutes les lèvres irlandaises.
A commencer par celles de Andy Farrell. "Mentalement c'était fantastique. C'est énorme, c'est super de gagner, mais il n'y avait pas tellement d'enjeu", a rappelé le sélectionneur comme une évidence. "Nous sommes dans une position enviable depuis plusieurs mois, mais plus on enchaîne les victoires, et plus il faut garder les pieds sur terre et tout faire pour produire un jeu encore meilleur lors des prochains matches", a estimé de son côté samedi soir Johnny Sexton, à qui on ne la fait pas. Après tout, à 38 ans, il est encore plus vieux que la Coupe du monde.

Tant d'efforts pour gagner le droit de jouer les Blacks…

Outre leur passif historique, c'est aussi le contexte de ce Mondial 2023 qui pousse les numéros un mondiaux à une certaine prudence. On l'a dit, aussi marquante est leur victoire contre l'Afrique du Sud, elle n'ouvre aucune perspective particulière, sauf à considérer que la Nouvelle-Zélande en quarts de finale est une bien meilleure affaire que la France. Comme si l'Afrique du Sud ne suffisait pas, l'Irlande va devoir enchaîner après les Boks, l'Ecosse pour boucler son premier tour et, si tout va bien, le quart contre la Nouvelle-Zélande.
Un enchaînement que l'on qualifiera, pour être poli, de solide. Après tout, si se coltiner l'Afrique du Sud n'est pas un cadeau, prendre l'Ecosse en guise de troisième larron, là où les Bleus ont hérité de l'Italie, est franchement une plaie. Cet Irlande - Ecosse aura sans doute valeur de véritable huitième de finale. Et même s'il est difficile d'envisager que la bande à Sexton puisse ne pas sortir de cette phase de poules, tant d'efforts pour gagner le droit de se fader les All Blacks en quarts de finale, la vie est parfois injuste.
Mais l'Irlande a aujourd'hui le luxe de pouvoir se concentrer sur elle et elle seule. Sûre de sa force, confiante à juste titre, elle sait qu'elle possède les clés contre n'importe quel adversaire, ce qui ne lui était jamais arrivé dans son existence. Mieux, elle possède encore une marge de progression, à l'image de sa touche, incroyablement défaillante dans la partie initiale du match face aux Sud-Africains. "Il y a encore beaucoup de travail", a d'ailleurs lancé Farrell samedi. Un aveu presque incongru après une telle victoire. Ainsi va l'Irlande d'aujourd'hui, terriblement exigeante avec elle-même. C'est peut-être à ce prix que l'on devient champion du monde.
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Mack Hansen et l'Irlande ont tout pour aller loin. Très loin.

Crédit: Getty Images

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