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Coupe du monde - Afrique du Sud – Irlande : la guerre des bancs
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Publié 23/09/2023 à 00:08 GMT+2
L’Afrique du Sud et l’Irlande s’affrontent samedi au Stade de France pour ce qui s’annonce à la fois comme la finale de la poule B et le match qui désignera très certainement le futur adversaire des Bleus en quart. Parmi les enjeux de ce match, le banc de touche : si les Irlandais ont opté pour un classique 5 avants et 3 trois-quarts, sept avants prendront place sur celui des Springboks.
Irlande ou Afrique du sud : Quel adversaire serait l'idéal pour les Bleus en quart de finale ?
Video credit: Eurosport
L’Afrique du Sud – Nouvelle-Zélande du 25 août dernier, brillamment remporté par les Springboks (35-7) était bel et bien un laboratoire pour Jacques Nienaber et son staff en vue des gros matches de la Coupe du monde. Pour l’Afrique du Sud – Irlande de samedi, qui, avec le France – Nouvelle-Zélande en ouverture du Mondial, n’est ni plus ni moins que le sommet de la phase de poules, le sélectionneur sud-africain a ressorti son banc à sept avants et un arrière inauguré face aux All Blacks. Une innovation très commentée, avec ses partisans et ses détracteurs.
Jamais en effet une autre nation n’avait jusqu’alors osé présenter une telle disposition, qui en dit long sur ses ambitions de dominer physiquement ses adversaires mais l’expose aussi dangereusement en cas de pépin. Parmi les huit finisseurs prévus samedi, le demi de mêlée non polyvalent Cobus Reinach se sentira bien léger entouré de trois première ligne (troisième ligne de métier, Deon Fourie couvre le poste de talonneur depuis la blessure de Malcolm Marx), deux deuxième ligne et deux troisième ligne. Si pour une raison ou pour une autre, un des trois-quarts titulaires ne pouvait terminer la rencontre, une réorganisation serait nécessaire. Et s’ils devaient être deux, cela tournerait alors au bricolage, avec l’intronisation du flanker Kwagga Smith au centre.
Deux packs (presque) au complet côté sud-africain
Périlleux donc, dangereux même pour certains mais assumé par son penseur : "En sport, toute innovation entraîne une réaction, positive ou négative, a répondu Jacques Nienaber cette semaine. Oui, c’est inédit, c’est la première fois qu’une équipe aligne sept avants pour un arrière sur son banc. C’est pour cela que je parle d’innovation et de réaction. Je ne comprends pas les réactions liées à la sécurité des joueurs. Tout le monde peut le faire, et je trouverais triste que les règles changent vis-à-vis de cela, car ça ne va pas à l’encontre des règles et je ne pense pas que cela impacte la sécurité des joueurs".
L’idée, en revanche, est bien de faire mal à l’adversaire avec l’apport d’un deuxième pack presque au complet destiné à marquer au fer rouge les avants d’en face et faire éclater ceux qui devront se coltiner les quatre-vingts minutes de combat brut. Cela avait fonctionné en août face à des All Blacks pris dans l’engagement physique et qui s’étaient trompés dans leur approche tactique.
La réponse ironique de Farrell
Même cause, même effet face aux Irlandais ? Le sélectionneur du XV du Trèfle Andy Farrell n’a pas semblé intimidé ou dérangé par cette option inédite, bien au contraire : "Je pense que c'est très bien. Il est évident que ça leur correspond, qu'ils connaissent leur équipe et qu'ils savent ce qui leur convient le mieux, tout comme nous d'ailleurs. J'ai posé la question à nos entraîneurs en charge des avants pour savoir si nous devrions avoir sept arrières et un avant, mais ils n'étaient pas d'accord ! Je pense que ça montre qu'ils savent exactement où ils veulent aller avec leur plan de jeu et nous faisons de même avec les remplaçants que nous choisissons".
Farrell a ainsi opté pour un plus classique 5+3. En plus d’un demi de mêlée remplaçant, qui demeure à ce jour le dernier immuable de la colonne "arrières", il a choisi l’ouvreur du Munster Jack Crowley et le centre du Leinster Robbie Henshaw. Avec la volonté à peine voilée des Sprinboks d’harceler le maître à jouer irlandais Jonathan Sexton, la présence de Crowley en back up se justifie pleinement. Quant à Henshaw, son profil puissant et perforateur ne sera pas de trop pour relever le défi physique au centre du terrain dans le dernier tier de la partie.
"J'ai confiance dans les cinq avants qui sortent du banc, dans l'impact qu'ils vont avoir et dans le type de jeu que nous allons pratiquer, a poursuivi Farrell. Nous avons pu les analyser avec la répartition en 7-1, et il n'y a pas grand-chose qui change. Il est évident qu'ils sont frais et qu'ils ont dominé les phases de conquête contre la Nouvelle-Zélande mais nous souhaitons que nos joueurs fassent de même". Outre la précision des buteurs, avec un Manie Libbok en difficulté dans cet exercice avec les Springboks, la capacité des Irlandais à répondre à l’entrée de ce banc massif à 7+1 en deuxième période sera à coup sûr une des clés de ce choc de titans.
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