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Coupe du monde - "Dans quatre ans, on reprendra 60 points" : la colère froide du sélectionneur chilien Pablo Lemoine
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Publié 24/09/2023 à 19:24 GMT+2
Le Chili a pris une belle rouste samedi contre l’Angleterre (71-0). Cette lourde défaite attendue pour le Petit Poucet de la compétition face à une nation du Tier 1 a fait réagir le sélectionneur des Condores Pablo Lemoine. Pour l’ancien pilier, de tels scores se reproduiront à chaque Coupe du monde tant que les petites nations ne se frotteront pas plus souvent au gratin mondial.
Pablo Lemoine, sélectionneur du Chili
Crédit: Getty Images
Face à l'Angleterre samedi, le Chili a tenu vingt minutes sans encaisser le moindre point. Mais en a pris 71 dans les soixante restantes, sans en marquer un seul. Le résultat d’un apprentissage douloureux pour cette nation qui vit la première Coupe du monde de son histoire. À chaud au micro d’ESPN Scrum, son sélectionneur Pablo Lemoine tanguait entre amertume et tristesse.
"Les vingt premières minutes étaient très bonnes mais la suite était une autre histoire. On ne peut pas demander aux joueurs de rivaliser avec une nation comme l’Angleterre sur un match entier alors qu’ils n’ont jamais joué une telle équipe auparavant."
Lors de ses deux premiers matches face au Japon (42-12) et aux Samoa (43-10), le Chili s’était distingué par une envie débordante et des ambitions de jeu rafraichissantes. Le constat est évidemment moins positif face à une équipe qui, bien qu’en déclin par rapport à ce qu’elle était il y a quatre ans, boxe tout de même dans la catégorie supérieure.
"Au final, c’était comme un show avec d’un côté les clowns et de l’autre les propriétaires du cirque, a imagé Lemoine. Je suis saturé avec ce thème-là. [...] Les joueurs ont fait ce qu’ils pouvaient et ont mis dans ce match toute l’énergie qu’ils avaient, a-t-il poursuivi. C’est injuste pour eux car ils ne connaissent pas les exigences de ce niveau. Sept joueurs chez nous n’avaient pas d’expérience internationale. Dans quatre ans, ce sera la même chose et on reprendra 60 points contre ces équipes-là. J’espère que les choses vont changer, car ce n’est bon ni pour notre sport, ni pour les supporters".
Des propos durs mais quelque peu nuancés par son capitaine Martin Sigren, qui a tenu à ajouter une note d’optimisme dans le fatalisme ambiant : "On a pris une leçon, c’est sûr. Mais il y a quatre ans, on prenait ce genre de score contre le Canada ou les États-Unis. On se faisait battre par le Brésil. Quatre ans plus tard, regardez où nous en sommes. Il faut s’accrocher à ça ! On va continuer de bosser et peut-être que dans quatre ans, ce ne sera pas la même chose".
Pour ce qui est de l’avenir proche, les Chiliens vont poursuivre leur apprentissage avec une dernière sortie samedi prochain contre le voisin argentin. Un autre match très déséquilibré en perspectives, même si le sélectionneur des Pumas Michael Cheika pourrait être amené à faire tourner en vue du duel décisif qui suit contre les Samoa. Il sera alors temps de tirer le bilan de cette grande première pour le rugby chilien.
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