Coupe du monde de rugby | La gloire, enfin, pour l'équipe de France ?

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L'équipe de France a signé quelques-uns des plus grands exploits de l'histoire de la Coupe du monde. Mais en dépit de trois finales et trois autres demies, jamais les Bleus n'ont réussi à décrocher le titre suprême. Est-ce enfin la bonne en 2023 ? Avec une équipe de grande qualité et l'avantage d'évoluer à domicile, l'occasion est belle de devenir le 5e champion du monde de l'histoire.

Damian Penaud et Antoine Dupont

Crédit: Imago

Le rugby français tient une place à part dans l'histoire de la Coupe du monde. Il est en quelque sorte la cinquième roue du carrosse. Au-dessus, il y a les quatre nations championnes du monde : la Nouvelle-Zélande (3 titres), l'Afrique du Sud (3), l'Australie (2) et l'Angleterre (1).
En-dessous, tous les autres. Les Bleus sont seuls, dans une sorte d'entre-deux. En dehors des quatre pays qui ont conquis le trophée William Webb Ellis, une seule autre équipe a réussi à atteindre la finale du Mondial. Le XV de France. Plutôt trois fois qu'une puisqu'il est passé à un match du triomphe en 1987, 1999, 2011. Tous les douze ans. Nous sommes en 2023…
Mais ce n'est pas d'une finale dont rêvent les Français. Après une décennie bien sombre, marquée par deux échecs majeurs en Coupe du monde (la raclée historique en quarts contre les All Blacks en 2015, puis l'élimination contre le pays de Galles en 2019), ils veulent non seulement revenir sur le devant de la scène, mais aussi se hisser tout en haut pour rejoindre le cercle des champions du monde.

Ils ont battu tout le monde

Objectivement, ils n'ont peut-être jamais été en aussi bonne position pour aller au bout. D'abord parce qu'ils évoluent à domicile. Comme en 2007, certes, lorsqu'ils avaient échoué en demi-finale. Le soutien du public et le confort de la maison ne garantissent rien (seules trois des neuf Coupes du monde ont consacré le pays organisateur, en 1987, 1995 et 2011) mais c'est tout de même un atout non négligeable.
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Surtout, la France s'est à nouveau installée parmi les meilleures équipes de la planète rugby ces deux dernières années. Intronisé en 2019 après le Mondial au Japon, Fabien Galthié a patiemment reconstruit un groupe, avec une nouvelle génération talentueuse, à qui il a fallu infuser de la confiance après les traumatismes des années 2010. Depuis 2021, les Bleus recueillent les fruits de cette maturation. Ils ont signé un Grand Chelem l'an dernier, le premier du rugby français depuis 2010, ils ont aligné une série de 14 victoires et remporté 20 de leurs 22 dernières rencontres.
Plus remarquable encore, depuis l'automne 2021, les hommes de Galthié ont battu absolument tout le monde. Les Blacks, les Springboks, l'Australie, l'Argentine, le Japon, les Fidji et toutes les équipes du Tournoi des 6 nations. Ils se savent donc aptes à prendre le dessus sur n'importe quel adversaire. C'est un luxe avant de se jeter dans le grand bain de cette Coupe du monde qui, pour le meilleur ou le pire, laissera de toute façon une marque indélébile sur la carrière des sélectionnés français.

A quel point Ntamack va-t-il manquer ?

La bande à Antoine Dupont ne veut pas s'inscrire aux côtés de celles de Blanco, Benazzi, Pelous, Dusautoir et ainsi de suite, celles des "Nous n'étions pas loin". Être "presque champions du monde", n'est pas un palmarès enviable. On n'ira pas jusqu'à dire qu'en raison de la qualité intrinsèque de ce groupe et du contexte général, c'est maintenant ou jamais pour les Bleus, mais c'est certainement une opportunité en or.
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Qu'est-ce qui pourrait les faire dévier de cette trajectoire dorée ? Une forme de pression excessive, qui avait tant pesé en 2007. Que ce soit face à l'Argentine en ouverture ou lors de la demi-finale face à l'Angleterre, les Bleus d'alors, ceux de Bernard Laporte, avaient traversé leur Mondial avec le trouillomètre prêt à exploser. Seule exception le quart de finale contre la Nouvelle-Zélande à Cardiff. Puisque plus personne ne croyait en eux, ils s'étaient lâchés. C'est presque ce qui inquiète aujourd'hui : la France entière croit en l'équipe de Galthié.
Quelques nuages ont pointé à l'horizon ces dernières semaines et jours. Les blessures, nombreuses. Le XV tricolore a perdu plusieurs titulaires, pour toute la Coupe du monde ou au moins une partie. Quand Cyril Baille pourra-t-il revenir ? A quel point Romain Ntamack va-t-il manquer ? Ce pur créateur, capable d'inspirations géniales, est de ceux qui peuvent faire basculer un match d'un geste, d'une décision. La finale du dernier Top 14 l'a encore rappelé. Personne n'est irremplaçable. Mais certains joueurs sont sans équivalents. Dans un autre registre, la polémique autour de la présence de Bastien Chalureau a pollué la dernière ligne droite de la préparation. Pas l'idéal.
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Malgré tout, l'espoir est légitime et il n'a jamais été aussi fort ces dernières années. L'équipe de France veut chasser pour de bon son étiquette de perdante magnifique, capable de signer les plus grands exploits de l'histoire de la Coupe du monde, pour mieux trébucher le match suivant. France-Australie 1987, France-Nouvelle-Zélande 1999 ou 2007 viennent instinctivement à l'esprit. Pour aller au bout, sans doute faudra-t-il en passer par un de ces moments épiques dont les Bleus ont le secret. Mais il faudra plus que cela. Faire rêver, confirmer, concrétiser. La France s'est souvent arrêtée au premier élément. Le défi de Galthié, Dupont et tous les autres est bien là. Tout un pays est prêt à les suivre.
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