Coupe du monde - "Il n’y a pas de place pour l’ego chez les Springboks" : Brutal, le coaching sud-africain a payé

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L’Afrique du Sud s’est sortie d’un épais bourbier samedi à Saint-Denis en demie du Mondial contre l’Angleterre (15-16), grâce notamment à l’apport de son banc de touche. Dans une rencontre mal embarquée, le sélectionneur Jacques Nienaber n’a pas hésité à sortir très tôt plusieurs cadres pour remettre son équipe sur les bons rails, à l’image de l’ouvreur Manie Libbok qui n’a joué qu’une demi-heure.

Merci, Messieurs les Anglais !

Video credit: Eurosport

Passés respectivement par Montpellier (2014-2017) et le Stade français (2018-2019) les anciens sélectionneurs sud-africains Jake White et Heyneke Meyer ont laissé au Top 14 l’image de techniciens au management froid, tournés uniquement vers la performance. Samedi contre l’Angleterre (15-16), le duo Jacques Nienaber - Rassie Erasmus a été dans la droite lignée de ses prédécesseurs, pour le plus grand bonheur des Springboks. S’apercevant rapidement qu’ils s’étaient trompés dans leur composition d’équipe eu égard aux conditions climatiques et à la stratégie de jeu minimaliste qu’ils prônaient pour l’occasion, les deux hommes n’ont pas attendu bien longtemps pour rectifier le tir.
Au bout d’une demi-heure à peine, l’ouvreur Manie Libbok, plus à l’aise quand il s’agit de créer du jeu que pour monter chandelle sur chandelle, en a fait les frais, remplacé par le plus pragmatique Handre Pollard. Une sortie accompagnée de quelques tapes amicales des autres remplaçants, conscients de la puissance du désaveu. Juste après le retour des vestiaires, c’est son partenaire de la charnière Cobus Reinach, pas assez précis dans son jeu au pied de pression, qui a été prié de regagner le banc de touche. Dur, là encore, pour le moral, quand les changements à ces postes stratégiques ne sont pas automatiques et interviennent rarement avant le dernier quart d’heure.
Il n’était simplement pas question de tergiverser pour le staff sud-africain, comme l’a rappelé Nienaber lors de la conférence de presse d’après-match, en le tournant de manière positive : "Les joueurs l’acceptent, c’est la beauté de ce groupe. Des fois, on va dans le mauvais sens, ce qu’on fait ne marche pas et il faut changer. Tout est fait pour le bien de l’équipe. Et cela ne veut pas dire que les joueurs remplacés ne seront pas titulaires la semaine prochaine. Il n’y a rien de personnel et il n’y a pas de place pour l’ego chez les Springboks. L’Afrique du Sud et les Springboks priment avant tout".
Pour sortir de leur torpeur les champions du monde, Jacques Nienaber, et derrière son épaule Rassie Erasmus, que beaucoup décrivent comme le véritable capitaine du bateau sud-africain, ne se sont pas contentés de sacrifier leur charnière titulaire. Visiblement émoussé de son combat contre les Bleus, Eben Etzebeth a ainsi été sorti du terrain à la quarante-cinquième minute de jeu, en même temps que l’arrière Damian Willemse. Leur capitaine Siya Kolisi n’a pas tenu cinq minutes de plus avant d’être remplacé à son tour, en même temps que le vétéran Duane Vermeulen.

Une stratégie payante avec un banc décisif

Des choix très forts, presque déstabilisants eu égard au pedigree des joueurs remplacés si tôt, mais qui se sont avérés payants samedi à Saint-Denis. Outre les piliers Ox Nche et Vincent Koch, qui ont apporté une immense plus-value en mêlée fermée mais pour qui il est fréquent d’entrer en jeu rapidement en seconde période, le deuxième ligne RG Snyman a inscrit l’essai de l’espoir à dix minutes du terme. Le flanker Kwagga Smith a quant à lui poussé à la faute de main l’arrière anglais Freddie Stewart, offrant à ses partenaires du pack la possibilité d’aller chercher la pénalité de la gagne à cinq minutes du terme. Pénalité lointaine qu’Handre Pollard, buteur au sang-froid, n’a pas manqué de convertir.
"C’est toujours l’équipe qui compte, a déclaré, fair-play, Manie Libbok après cette demi-finale de Coupe du monde. Je suis enchanté de ce que les gars ont réussi à faire ce soir. C’était vraiment spécial. Je suis fier d’eux, ils n’ont rien lâché. Je suis content pour les joueurs qui sont entrés en cours de jeu et ont réussi à imprimer du rythme au jeu". Un esprit d’équipe poussé à son paroxysme qui, bien que cachant sans doute quelques petites blessures internes, fait aujourd’hui la grande force de ces Springboks en route vers un second sacre consécutif. Seuls les All Blacks peuvent encore les en priver.
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A-t-on assisté à des demi-finales dignes de ce nom ?

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